‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 44 sur 91 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Le soir, Tamant parla clairement de mariage.

* Madame Dutort trouva un amant duc bien plus aimable encore! Elle lui fît mille caresses, comme belle-mère. Elle alla même jusqu'à faire mettre Victoire sur les genoux de son futur. Adélaïde était présente. Elle eut sa part des caresses du faux Lagarenne... Mais Victoire était... adorée... Elle se trouva heureuse...

Les jours suivants. Madame Dutort s'aperçut que Lagarenne, jusqu'alors très-réservé, cherchait à ravir des faveurs, et à cueillir la rose... — Ma fille I (dit-elle à Victoire) j'ai été ta rivale; mais je croyais ton prétendu notre égal, et j'imaginais que mon établissement tout formé, lui conviendrait. Je sais le contraire ; je sais que c'est pour toi qu'il est venu ici. De rivale que j'étais, je ne suis plus qu'une bonne mère... Ton amant est ardent !... Prends garde ! ... Si tu veux être heureuse ... si même tu veux être épousée, point de faveurs essentielles, avant le mariage... Qu'il ne cueille la rose que ie soir des noces... Et s'il pouvait ne la cueillir qu'une année après, ce serait une année de bonheur de plus. N'oublie pas ce que je te dis! C'est l'intérêt de ton futur, autant que le tien... Et tu verras, ma fille, ce que c'est d'avoir une mère éclairée, tendre, comme je le suis... Ton galant est ce que

tu sauras un jour. Il est important que son amour ne Tadaiblisse pas... Suis mes conseils, et laissetoi conduire... Victoire remercia tendrement sa mère et lui promit une déférence aveugle.

Le jour suivant, le duc Lagarenne trouva Victoire seule en apparence. Brûlant d*amour, il lui fit les plus vives caresses. Il demandait et ravissait des faveurs avec une ardeur si obligeante ! . . . Mais il était surveillé... D'un réduit obscur, où il conduisit Victoire, la mère voyait tout... Madame Dutort écarta sa fille adroitement...

Après une longue séance, le duc Lagarenne sortit. Il parut pensif, rêveur, morne. Victoire passa. Il la regarda tristement. Il fut seulement surpris de voir la fraîcheur de sa parure, tiré à quatre épingles. Madame Dutort , qui l'observait . se montra... et lui prenant la main, elle lui dit. — Je surveillais ma fille... J'aime mieux une infidélité de votre part, qu'une diminution d'estime. N'y tentez plus : vous ne l'aurez qu'après le mariage. Lagarenne baisa la main de sa belle-mère future, en lui disant : — Vous êtes une femme unique I et le titre de votre fille est un des charmes de Victoire.

Il arriva encore deux incidents pareils, avant le mariage, qui se fit au jour indiqué. L'intendant fit

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