TROISIÈME PARTIE
tion à M. Tabbé *** ! sans lui, je n'aurais jamais obtenu mon aimable Rosalie...
On a vu, rue des Carmes, un abbé destiné à Tépiscopat, attaquer une grande et jolie fille qui le repoussa. Le lendemain, il lui mit dans le coqueluchon de son mantelet un billet, par lequel il la menaçait d'un ordre du lieutenant de police pour rhôpital, si elle ne Técoutait pas... Hél Monsieur Tabbél mariez-vous I vos erotiques vapeurs calmées, vous serez peut-être un bon évêque !
Dans les histoires des gentilshommes populaires, sera-t-on immoral? Non, non... L'on a peint les mœurs, on les a révélées. On établit par là, l'insuflisance de lois non aimées, publiées par des maîtres. Nous posons en fait, qu'il ne serait pas inconvenable de laisser à la discrétion des hommes d'épouser plusieurs femmes. Ceux qui s'y détermineraient, eussent fait pis, étant gênés.
Voilà une longue préface pour Un petit conte ! Mais on ne saurait trop réclamer contre l'immoralité, dans un temps où les aristocrates font crier (4 et 5 mars), les titres les plus scandaleux !
Il faut quand on prend un état, savoir si Ton y est propre. C*est ce que ne fit pas un bon curé de Picardie. La nature l'avait constitué pour être patriarche, et il s'était voué au célibat. C'est que son tempérament se développa tard ; mais ce fut pour être plus terrible 1
Il était déjà curé : 11 avait pour gouvernante (car un curé, serviteur des serviteurs de Dieu ne doit pas avoir une servante) il avait (disions-nous) une gouvernante canonique , de quarante ans tout juste, qu'on appelait, dans le pays, Mademoiselle Margot. C'était autrefois une coquette, une fringante, et elle avait encore de la figure, des grâces, et surtout de la propreté... Un jour, que le bon curé causait avec elle, le pied de Mademoiselle Margot, par hasard, se posa sur le sien. Or, Mademoiselle Margot était toujours bien chaussée : le bon curé n'avait pas encore senti l'aiguillon de la
chair ; il fut tout émerveillé de ce qu'il éprouvait 1 Il appela Mademoiselle Margot, ma chère sueurs et il Tembrassa... La gouvernante se troubla un peu, par réminiscence ; le bon curé la rembrassa, Margot le lui rendit... et il n*en falut pas davantage pour mettre le feu aux étoupes.
La chose faite, M. le curé se trouva tout penaud ! Il jeta sur Margot un œil d'indifférence, et se retira dans sa chambre sans rien dire. Il soupa, se coucha, dormit, et en s'éveillant, il songea au plaisir que lui avait donné Mademoiselle Margot. Il la désira. Il se leva, fit ses affaires, dîna, embrassa Margot, soupa. Au moment de se mettre au lit, que bassinait Margot, il pensa, qu*il avait désiré sa gouvernante. Il craignit de la désirer encore, et il lui proposa de se mettre au lit avec elle!... Margot rougit, il la pressa; elle éteignit toutes les lumières par modestie, se déshabilla et se coucha.
C'était ITiiver. — 11 n'est tel que de coucher deux en hiver, pour avoir chaud (dit le bon curé). C'est une belle mvention quç le mariage ! Autrefois les prêtres étaient mariés... — Tout en parlant ainsi, le pasteur et la gouvernante s'entrelaçaient. Puis ils... s'endormirent.
Le lendemain matin, le curé se trouva dans la