‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 52 sur 91 · TROISIÈME PARTIE iSj · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE iSj

tira. On mariera chaque jeune moine avec une jeune religieuse ; on obligera le moine à s'exercer au labourage, deux mois avant le mariage, et comme il se pourrait qu'il n'y réussît pas, on fera de ces nouveaux paysans, les pâtres publics, où il y en a; les maîtres d'école, où il en maque; les sonneurs, etc. ; et la paroisse cultivera pour eux, tel jour un tel, tel jour tel autre ; mais cela ne durera qu'une génération ; les enfants du moine seront élèves au travail, comme les autres paysans.

» Quant aux moinesses, on sent que chacune d'elles sera propre à tous les détails de l'économie rurale : la simplicité des couvents lui tiendra lieu d'usage, et elle sera la souche d'une bonne famille de paysans sains.

A l'égard des moines, qui seront en surplus des religieuses, comme ce seront les plus âgés et les plus faibles, on pourra les employer comme ecclésiastiques, et fermer pour quelques années les séminaires, abîmes où s'absorbe une florissante jeunesse, qui s'y déprave par la masturbation,régoïsme et tous les autres vices infâmes que contractent les hommes séparés des femmes. On établira même pour règle, que les jeunes moines, mariés aux religieuses, deviendront curés à leur tour , de préférence à de jeunes séminaristes, qui pourraient faire autre chose.

Par ce moyen, Ton ne vendrait pas les biens de^ monastères, mais on les mettrait dans la commune; et quoique Tavantage n'en fût pas d*abord sensible, il serait immense pour la suite, à raison de la culture et de la population.

» Restent les bois : il faudrait bien se garder de les détruire! On les administrerait sévèrement pour l'Etat, avec les précautions convenables, pour en empêcher la dégradation. Et lorsque les finances de l'Etat ne seraient plus dans la gêne actuelle, on donnerait les bois aux Communautés, à la charge de les conserver soigneusement, et d'y avoir un canton de réserve.

» Quant aux chanoines, il faut les anéantir : c'est un luxe de ministres.

)> A l'égard des curés, je sais par mon expérience, qu'il faut absolument les marier, à condition que chaque curé aura pour ses garçons, sur les biens du clergé, une quantité d'arpents de terre égale à celle d'un laboureur-paysan, qui peut vivre de son bien. Ces enfants retomberont ainsi dans la condition cultivatrice. Si un fils de curé devint curé, rien; ses études seront sa dot; si chirurgien, médecin, homme de plume, peintre, etc., rien : son éducation sera sa dot. Aux filles de curé, rien; mais on les mariera à un homme qui aura su (II-

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