‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 51 sur 91 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

jamais éprouvée, s'empara de son cœur, et dirigea les élans vigoureux de son tempérament.

(Nous supprimons une partie de l'histoire du

curé patriote).

Le curé patriote employa divers moyens pour rendre à la population différents monastères de femmes. Quant à ceux d'hommes^ il observe qu'il y nuisent beaucoup plus qu'ils n'y servent, parce qu'ils ne font que de stériles catins. Il disait à cette occasion : — Qu'on me donne deux pays à peupler : le Thibetf par exemple, où il y a cinq hommes contre une femme : j'aurai beaucoup de peine; il me faudra employer toute mes lumières, tous les secours de l'économie politique ; empêcher qu'aucune femme ne soit perdue, tant par la débauche, le libertinage que par d'autres causes. Une femme sera un bijou précieux, qu'il faudra enchâsser, pour la livrer à l'homme à propos. Je serai forcé, pour doubler la femme, d'avoir recours au lait des animaux, afin de nourrir les enfants et de faire porter annuellement la femelle. Ce seront des soins à ne pas finir. Mais au contraire, qu'on me donne à peupler un pays, comme AbbevUle et ses environs^ où il se trouve trouve trois filles contre un garçon, j'aurai toutes les facilités possibles.

Jamais mes femelles ne manqueront de mâles ; un suffirait pour en féconder vingt ou trente ; je dis féconder et non satisfaire le tempérament. Mon pays sera peuplé en moins d*un siècle, sans autre soins que d'y faire abonder les subsistances. Aussi, je voudrais qu*en France, on fit une pépinière de cette partie de la Picardie. Cela serait très-utile pour recruter Paris ! On obligerait les jeunes paysannes des provinces moins féminipares, à rester dans leur pays, et on extrairait tout le servitiat de la capitale, deVAbbeville page.

On voit que le Curé patriote ne se bornait pas à la pratique ; il y joignait une théorie éclairée ; mais la pratique était son fort.

Il est encore vigoureux, en 1789 : il voit l'anéantissement des couvents, et il en tressaille d'allégresse. On nous a communiqué un plan, qu'il se propose de présenter à l'Assemblée nationale. Nous l'avons trouvé si beau, que nous ne pouvons nous empêcher de le ^rapporter :

« Lorsqu'on anéantira les monastères, il n'est pas juste de renvoyer les Français et les Françaises qui les habitent, surcharger leurs familles, ou augmenter le nombre des rentiers. Il faudra tout d'un coup en former des familles nouvelles, sous le nom des différentes portions de terres qu'on leur dépar-

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