‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 57 sur 91 · LA FEMME QUI DONNE ANE INCLINATION A SON MARI · texte numérisé non relu

LA FEMME QUI DONNE ANE INCLINATION A SON MARI

Un jeune homme de province avait épousé une femme, dont il était assez amoureux, pour n'en pas désirer d'autres, quand il vint à Paris. Licheres et son épouse vivaient tranquilles : ils couchaient ensemble, faisaient ensemble leurs promenades, et ne s'ennuyaient pas.

Mais le mari avait des occupations qui laissaient son épouse longtemps seule : c'était une triste nécessité! Il recevait dans son cabinet différentes personnes, qu'il fallait voir seul à seul. Madame Licheres n'avait alors d'autre amusement, que de se mettre dans un réduit, d'où elle voyait et entendait tout.

Parmi les gens qui venaient à la maison, il y eut un M. Beignet, qui lui plut singulièrement ! Elle tut d'abord tentée de se montrer, quand il venait ; mais une force de pressentiment la retint. Elle observa, que son mari faisait beaucoup d'affaires avec cet homme, et que leur liaison devenait intime, par le besoin qu'ils avaient l'un et l'autre. Elle ne savait à quoi se déterminer. Mais comme l'esprit des femmes est inventif, elle eut bientôt trouvé ce qui lui convenait.

Elle avait une sœur de son mari, qu'elle voyait souvent. Cette femme, maîtresse-ouvrière , avait en pension, une demoiselle Necard, jeune personne très-jolie, très-bien mise, quoique pauvre. Mais c'est qu'elle était entretenue par un président. Madame Biseau fit imprudemment cette confidence à sa belle-sœur, ajoutant : — Je la méprise, mais comme elle ne cause aucun scandale, qu'elle tra^ vaille assidûment, qu'elle est modeste, soumise, ^t qu'elle paye bien, je la garde.

Madame Lichères réfléchit à tout cela. Ell^ se lia secrètement avec Mademoiselle Necardj elle l'invitait tous les dimanches, et quand la soiur venait, on faisait cacher l'élève. Lt mari, qui trouvait Necard charmante et réservée, l'estimait beaucoup ! (Il n'était pas instruit !) La sœur se gardait

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