‹ Le Palais royal (volume 5)Chapitre 77 sur 91 · TROISIEME PARTIE I · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE I

La frayeur et cette idée la readirent muette...

Margane se rendit plusieurs fois coupable, pendant la tournée prescrite au fiacre... Enfin, à neuf heures, on se retrouva rue des Déchargeurs, dans un endroit solitaire, vis-à-vis celle de la Limace ou des Mauvaises paroles; là, le jeune homme, après avoir offert à la demoiselle de Tépouser, si elle voulait attendre, la descendit , presque vis-à-vis de chez elle, remonta dans le fiacre, qui se mît à fuir, comme un carrosse bourgeois,

Mademoiselle Houdon était très-fatiguée! Elle se plaignit d'avoir été insultée; mais elle n'eut jamais la force de dire la vérité. Elle fut mariée six semaines après, à un horloger de la rue SainU Honorée

Margane ne sut le mariage que le jour même.

Quoiqu'il eût par devant lui de quoi s'en consoler, il n'en fut pas moins au désespoir. 11 chercha l'occasion de quereller le mari et de se battre avec lui. Elle ne se présenta pas. La jeune dame devint grosse. Elle accoucha au terme complet des neuf mois après l'aventure du fiacre. Margane se considéra comme sûr d'être père. Au lieu de se calmer par là, il en devint plus furieux contre l'horloger, qu'il regarda comme le détenteur de son épouse et de son enfant.

nfi LE PALAIS ROYAL

Il le rencontra enfin dans la rue de la Limace. Ils étaient seuls. Margane proposa de se battre. L*horloger, qui ne le connaissait pas, refusa. Margane l'y força, et le pauvre horloger fut tué.

Dans ce même temps , les parents de Margane moururent. Il se trouva maître de lui-même et d'une fortune honnête pour un bourgeois. Il courut aussitôt se mettre à portée de la belle horlogère. Elle était dai\s la douleur. Son mari avait dissipé. Les parents avaient essuyé des pertes. Elle était très-gênée ! Margane, qu'elle ne reconnut pas, lui olTrit, en qualité de voisin, des services, des soins et même de l'argent. Elle accepta les premiers. Margane y joignit les seconds. Son amour était... au plus haut point... Dès que Rose fut un peu consolée, elle redevint charmante. Elle avait une fille. Margane était fort curieux de la voir ! et il eut tout lieu d'êfre content ; c'était son portrait, embelli des traits de Rose.

Vous avez peut-être vu cette jolie horlogère. Elle joint à la figure la plus intéressante, une bouche saignante, qui semble appeler le baiser. Je n'ai connu de figure plus voluptueuse, que celle de Mademoiselle Louise. Margane s*en est fait aimer et il vient de l'épouser.

Un soir qu'ils étaient dans les bras l'un de l'autre,

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