‹ Le Palais-RoyalChapitre 76 sur 92 · QUARANTE-SEPTIÈME SUNAMITE · texte numérisé non relu

QUARANTE-SEPTIÈME SUNAMITE

REINECLAUDE

Un homme puissant, et très âgé, qui avait entendu parler des merveilles qu'opérait Madame |anus, avec ses pucelles, lui rendit une visite pour s'informer de la vérité. La restauratrice lui dit naïvement ce qu'elle faisait, et que sa doctrine était fondée sur les profondes connaissances d'un célèbre médecin. L'homme en place l'ayant très attentivement écoutée, désira de voir ses élèves. Madame Janus les fit entrer dans le salon. Le Monsieur les considéra, et fit choix, pour Berceuses, de Barberose, de Tulipette, de Framboisine et de Péchette, qui étaient les seules qui restassent pour cet emploi. Les autres étaient des Chanteuses et des Converseuses. Puis voyant qu'une plus jeune que les autres se tenait à l'écart, il la fit approcher. Madame Janus lui dit, que cette jolie enfant se nommait Reineclaude, qu'elle était sœur de Barberose et de Tulipette, mais qu'étant encore impubère, elle achevait son éducation. L'homme en place pria qu'on la lui remît, avec ses deux sœurs, sous la conduite desquelles Reineclaude resterait. Madame Janus le voulut

bien, et le Monsieur emmena les cinq élèves, qu'il logea dans son hôtel.

Ce fut quelques jours après que nous revînmes chez Madame Janus, un jour que les cinq élèves lui rendaient visite. Nous priâmes l'aimable Barberose, qui nous parut la moins timide, de nous faire la suite de leur histoire. Elle y consentit avec grâce.

» — Vous savez, Monsieur, que Framboisine est fille d'une nièce de curé, qui l'a perdue aux Tuileries ; que Pêchette est née d'une femme assaillie par des voleurs; que mes sœurs Tulipette, Reineclaude et moi, nous sommes nées d'un marchand ruiné. Un triste avenir nous attendait également toutes cinq, si maman Janus ne se fût trouvée au monde pour nous secourir. C'est notre ange tutélaire. Je vais commencer par mon histoire.

» Je n'eus pas été deux mois chez notre protecteur actuel, que je m'aperçus que j'étais observée par un beau jeune homme, qui passait tous les jours sous nos fenêtres. Celle de mon cabinet d'études donne sur le boulevard. Le jeune homme l'a remarqué, et il vient tous les soirs y chanter des paroles qu'il a composées, par lesquelles il m'exprime ses sentiments. J'en parlai à notre protecteur dés les premières soirées. On le guetta, et un soir on le saisit et on l'amena devant le maître de l'hôtel. Nous étions toutes cinq dans la salle, habillées de la manière la plus brillante.

» Monsieur le duc demanda au jeune homme, ce qu'il prétendait, exprimant sous les fenêtres du cabinet jalousie de tendres sentiments, fort ingénieusement tournés?

» Le jeune homme répondit qu'il était amoureux passionné. Dès les premiers mots, nous reconnûmes qu'il était Anglais. M. le duc en fut plus indulgent. 11 demanda qu'il désignât celle qu'il aimait? L'Anglais vint mettre un genou devant moi.

— Bon! voilà un ancien chevalier, respectueux envers les belles (s'écria M. le duc)... Oue prétendez-vous (ajouta-t-il)?

— L'obtenir pour femme. Elle est blonde; on la croira Anglaise : mais elle n'en a pas la fadeur : elle est vive et sémillante

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comme une brune. — Qui êtes-vous (reprit M. le duc). — Le fils d'un riche marchand de la cité de Londres. — Ayez le consentement de vos parents ; que je sache le sort que ma fille aura, et je vous la donne... En attendant, je vous permets de lui parler à chaque fois une demi-heure en ma présence, après le dîner, auquel je vous invite pour tous les jours où je ne mangerai pas en ville. Mon suisse vous dira si j'y suis... Et sur-lechamp, Monsieur, je vous donne une demi-heure première. Le jeune Anglais remercia et vint auprès de moi.

» Nous causâmes. Il me dit les choses les plus tendres, les plus flatteuses. Je lui répondis avec politesse, souvent interdite de ses éloges...

» Que vous dirai-je? depuis ce moment, je le vois tous les jours. Tous les soirs, il vient chanter sous mes fenêtres ce qu'il sent pour moi, et M. le duc lui-même prend plaisir à l'entendre. Hier, il a reçu le consentement de son tuteur, et la preuve d'une fortune de mille livres sterling de revenu. Je suis venue avec mes compagnes, prévenir maman Janus, qui doit me servir de seconde mère, et qui amènera la mienne à mon mariage. »

Voilà pour moi. Je vais maintenant vous parler de ma sœur Tulipette ; à moins qu'elle ne veuille raconter elle-même.

— Mais oui (dit Tulipette), Monsieur ne m'interdit plus autant qu'autrefois ! Et puis, il faut bien m'accoutumer à parler.

» Je vous dirai, Monsieur, que j'ai aussi un amant, M. le duc l'a bien voulu; parce qu'il préfère notre avantage à son amusement. Mon amoureux est Espagnol. Il fut surpris de voir l'Anglais faire l'amour à la manière de Madrid, et il l'épiait, sans être vu. Lorsque l'Anglais fut pris, l'Espagnol attendit qu'il sortît, et le voyant très gai, il voulut aussi se faire prendre, mais d'une autre manière. J'étais celle qui l'avait charmé : il ne connaissait pas la maîtresse de l'Anglais ; il craignit une rivalité. Il vint dans la maison. Le suisse lui demanda ce qu'il voulait? — Parler à une de ces dames, mise de telle manière. — C'est Madame Tulipette (lui dit le suisse). Un laquais survint. Le suisse lui dit tout bas de mener ce monsieur au duc, et de lui dire qu'il demandait Madame Tulipette. Le laquais conduisit

l'Espagnol jusqu'à l'antichambre, où il le laissa, pour aller avertir son maître. M. le duc prit aussitôt son parti, qui fut de m'avertir, et de me faire recevoir la visite du jeune étranger. J'étais parée, mais on redoubla mon éclat; on me fit asseoir sur une chaise longue, et après m'avoir donné l'air déesse, on introduisit l'Espagnol dans un boudoir éclairé de vingt-cinq bougies. J'étais dans l'attitude la plus imposante, les pieds sur un petit tabouret bas, de velours cramoisi, garni de brillants. Le jeune homme fut ébloui. Ce ne fut que timidement qu'il vint jusqu'à moi. Il s'inclina. Je lui fis signe de s'asseoir. Tout m'était prescrit par M. le duc.

» — Est-ce une fée? est-ce une mortelle que je vois (dit l'Espagnol). Je ne répondis rien. — Daignez me parler? — Je ne sais qui vous êtes (répondis-je). Pourquoi venez-vous ici? — Pour vous offrir mon hommage respectueux. — Pour l'accepter, il faudrait vous connaître? — Je suis un bon Hidalgo de Castille. J'ai une fortune considérable. Un Anglais chantait sous les fenêtres d'un pavillon de cet hôtel; il a été pris hier, et il est sorti content. — C'est qu'il a parlé comme il convenait, au sujet de ma sœur. — De votre sœur, Madame! Ha! je suis trop heureux ! — Si son bonheur vous touche aussi fort, vous devez être un sincère ami. — Ce n'est pas son bonheur, c'est le mien, qui me touche !Je craignais ce cavalier pour rival... Belle dame ! daignez me dire, si je puis encore espérer, supposé que je le mérite?

» Ici, M. le dyc entra, suivi de mes sœurs et de mon amie.

» — C'est à moi qu'il faut demander une réponse (dit-il à l'Espagnol). Le jeune homme s'inclina profondément, et dit au duc : — Monsieur! prescrivez-moi ma conduite, et je vous obéirai... — Vous êtes venu ici de vous-même. Quel est votre but? — D'obtenir la main de cette belle personne, si je ne suis pas trop au-dessous d'elle. — Êtes-vous décidé à l'épouser, quelle qu'elle soit? — Oui, Monsieur. — Je vous l'accorderai, si je m'aperçois que vous pouvez la rendre heureuse. Vous lui parlerez tous les jours une demi- heure, en même temps que l'Anglais à son aînée, et vous dînerez ici lorsque j'y serai.

» L'Espagnol fut comblé de joie. Nous causâmes familièrement

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une demi-heure, et il se retira enchanté. Il y a huit jours qu'il a reçu tous les papiers nécessaires. Demain, il m'épousera, aux pieds des mêmes autels, où l'Anglais recevra la main de ma sœur Barbe rose. »

— C'est le tour de Framboisine (dit Barberose). Veut-elle conter?

— 11 le faut bien (dit cette jolie personne), ou je passerais pour une niaise, qui ne sait pas s'exprimer.

»Je ne parlerai pas de ma naissance, que vous connaissez : e fus jetée sans parents sur la surface de la terre. Mais aussi, je n'ai pas à craindre le déshonneur communiqué. Je suis à moi seule toute ma famille, et mes propres actions peuvent seules m'honorer, ou me couvrir de honte. C'est un avantage; car je ne veux en faire que de bonnes.

» Nous allons souvent aux Italiens. C'est un spectacle charmant par les pièces, les acteurs, les actrices et la musique. On peut lire, chez soi, les pièces des Français, avec autant de plaisir qu'à la représentation ; mais il faut voir jouer celles des Italiens; il faut entendre un Courcelle, un Granger, une Madame Verteuil, alléger le drame de sa pesanteur, et la remplacer par l'énergie : une Madame Duga^on, une sublime Renaud, une aimable Saint- Aubin, une séduisante Carline, une Mademoiselle Adeline, une Mademoiselle Desbrosses, etc., ôter à l'ariette son insignifiance et sa nullité. Un soir que nous étions, toutes cinq, dans les loges sur l'amphithéâtre, parce que M. le duc occupait la sienne avec des dames, et encore parce qu'il se fait un devoir de payer souvent nos plaisirs, pour l'avantage du spectacle; un soir, dis-je, il vint derrière nous une dame, avec un homme d'un certain âge. Nous nous serrâmes aussitôt, pour donner à la dame la place d'honneur. Elle l'accepta, en nous remerciant beaucoup, j'étais presque à l'autre extrémité de la loge. Elle avait sans cesse les yeux sur moi. — Quelle-est cette aimable demoiselle (dit-elle à Barberose, sa voisine)? — C'est ma compagne. — Mon Dieu! je ne saurais détourner mes regards de sur elle!... Je devrais avoir une fille de son âge et de sa figure; mais la mort me l'a enlevée à douze ans... Qui est-elle? — C'est une orpheline. — Pardon!

mais je vous avouerai, que c'est pour elle que je suis venue dans cette loge... C'est la place des filles... Pardon! pardon!... Mais... le serait-elle? — Non! Madame, nous sommes de jeunes personnes honnêtes, mais dont la situation est très extraordinaire ! — Mais honnêtes? — Oui, Madame. — Elle est orpheline, indépendante; elle n'a personne? — Personne, que des protecteurs. — Ha! bon Dieu!... si j'avais le bonheur!... — Dans l'entr'acte, nous changerons de place, et vous lui parlerez. — Ha ! Mademoiselle ! je vous aurai bien de l'obligation !

» L'acte étant fmi, Barberose vint auprès de moi et me prévint. Nous changeâmes de place, et je me trouvai auprès de la dame. Elle me témoigna la plus vive amitié; elle me dévorait des yeux, me pressait les mains. Je lui fis mon histoire pendant la pièce. Elle paraissait transportée. Elle vint le soir même chez M. le duc, et lui proposa de m'adopter. Ce digne protecteur y consentit. Je suis adoptée depuis un mois, et je demeure chez ma nouvelle maman, qui est très riche. Elle m'a trouvé un parti, que j'aime, parce qu'il en est digne, et je serai mariée après-demain. Je veux assister au mariage de mes sœurs. Car toutes les élèves de maman Janus se donnent ce nom, et plus particulièrement celles qui ont des rapports entre elles. Voilà où j'en suis, Monsieur. »

Nous admirâmes la variété des aventures de ces filles, nous trouvions du plaisir à les entendre, et nous ne doutons pas qu'elles n'en fassent autant au pubhc, à la lecture, que nous en avons pris à les écouter.

C'était le tour de Pêchette. Elle s'approcha en rougissant. — Veux-tu que je conte (lui dit Barberose)? — Non, non ! tu te permettrais des plaisanteries...

» Monsieur (ajouta la jolie Pêchette), mon aventure est postérieure à celle de Framboisine. Vous savez comment je suis née.. 11 fallait que tout se rassemblât.

» Un jour, une dame un peu dégingandée, se présenta chez M. le duc, demandant à lui parler. Elle paraissait avoir environ quarante ans. Elle fut introduite. — Monsieur le duc (dit-elle, en faisant une révérence gauche), vous ç^ve?; chez vous une

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élève de Madame Janus, appelée Pèchette? — Oui, Madame. — C'est, M. le duc, que je suis sa mère. — Je vous en félicite. Madame. — Ha! M. le duc! songez par quelles angoisses j'ai dû passer!... car vous savez tout? — Oui, Madame, et je vous plains bien sincèrement! — Ha!... Vous sentez, M. le duc, que je suis seule en état de lui dire quel est son père? — Et comment pouvez-vous le savoir? — Ha! M. le duc ! si vous étiez femme, vous sauriez cela... Dans les vingt-huit^ tous n'étaient pas soldats... 11 y avait un jeune enseigne, beau comme l'amour... Vous sentez bien, M. le duc, qu'une femme ne résiste pas à ceschoses-là?... Je fus sensible, un instant... Rien après... De vilains soldats, plus brutaux... qui ne causaient que de la douleur... à une femme délicate... Car j'étais, M. le duc... J'aurais tenu là... (montrant ses dix doigts en étreinte). — Vous étiez femme de fermier? — Est-ce qu'une fille de fermier, qu'épouse un fermier, ne peut pas être délicate, monseigneur?

— Si, si... Voyons. — Je voudrais voir votre Pèchette : si elle ressemble à son père, il n'y a pas de doute. — Vous ne l'avez donc jamais vue? — Non, M. le duc. — Hé bien, elle va paraître; mais avec ses cinq compagnes; et vous la démêlerez.

— Bon ! bon ! je m'en tromperai moins.

» On nous fit toutes paraître à la fois dans le salon. Dès que la dégingandée m'aperçut, elle courut à moi, en s'écriant: Voilà, voilà ma chère fille! la voilà! Elle ressemble à son père comme deux gouttes d'eau ! M. le duc me demanda, si j'avais vu cette dame? Je répondis, que c'était la première fois. Il la crut, et la félicita, en lui faisant mon éloge. Ma mère me fit beaucoup de caresses, et me promit de me montrer mon père, qu'elle nomma.

— Comment (dit M. le duc)! il a été tué ces jours-ci. — Tué ! tué! (s'écria la dame). Ha! Ciel!... Le sort me poursuit!... Tué ! tué !... ma chère fille ! tu n'as plus que moi !... — J'ai un excellent protecteur (répondis-je) et maman Janus. — Oui, oui, mais ie veux dire que tu n'as plus que ta mère... Allons, allons, j'ai quelque chose. Je t'assurerai tout, si M. le duc veut me permettre de te marier. — Je songeais à l'établir (répondit notre protecteur).

» Ma mère, après une longue visite s'en alla. Le lendemain, il vint de sa part, un assez bel homme âgé de trente ans, qui me demanda. On le présenta au duc, auquel il donna une lettre de créance de ma mère, comme étant le parti qu'elle me destinait. Il me parut assez aimable et M. le duc lui-même le goûta fort. Il se nomma : c'était un bon gentilhomme de Normandie, un peu braque, il est vrai, mais estimé généralement. Il était devenu amoureux de moi, en me voyant, du boulevard, prendre l'air dans le jardin de l'hôtel. C'est lui (nous dit-il), qui m'avait rappelée au souvenir de ma mère, et qui l'avait engagée à la démarche qu'elle avait faite la veille. On l'écouta. Il fut accepté, sauf les informations.

» Le lendemain, ma mère revint. Elle demanda au duc la permission de me conduire chez quelques parents, qu'elle ne voulait pas nommer. On lui accorda sa demande. Elle me conduisit dans deux maisons, chez madame la baronne de***, qui m'examina très curieusement; et chez une vicomtesse, qui m'accueillit très bien. Je ne concevais pas que ce fussent là des parentes de ma mère Cependant on la nommait ma cousine. Elle me ramena le soir.

» Quelques jours s'écoulèrent, au bout desquels, je fus de nouveau redemandée par ma mère. On me confia plus facilement encore. Nous soupâmes chez la vicomtesse. Ma mère me ramena chez elle, et me proposa de coucher. Je ne voulais pas. Elle envoya devant moi, dire que je couchais. Une observation que j'avais faite, c'est que ma mère aimait un peu le vin, pour une femme. Je couchai dans sa chambre, mais non pas avec elle. J'eus le grand lit. Ce qui m'étonna. Je dormais mal... Enfm, je succombai au sommeil... Je m'éveillai dans les bras d'un homme.

» Je m'écriai!... L'homme s'enfuit, et manière s'éveillant, vint à mon secours... Je ne pus m'empécher de lui faire des reproches. Elle me protesta qu'elle n'avait introduit personne. Je me levai... bien affligée de mon malheur.

» Je m'en retournai au jour, et je ne cachai rien à notre protecteur... II fit saisir la dame... C'était mon amant!... Mais

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son projet de m'épouser étant réel, on a tenu la chose secrète. Tout est prêt. Je serai mariée demain, au même instant que mes amies.

» Quant à ma mère, c'est une bonne fermière. Elle a dit une partie des choses que vous avez entendues, sur mon origine; mais elle ne songe pas à moi. On ne lui révélera peut-être jamais mon existence. »

Nous fûmes très content du récit de Pêchette, et nous le lui témoignâmes. 11 ne restait plus que Reineclaude à parler.

L'histoire de cette jeune beauté fut courte. Comme elle était absolument neuve, et qu'elle n'avait encore été la Sunamite de personne, le duc qui la voyait tous les jours embellir, lui a proposé de s'attacher uniquement à lui, après le mariage de ses sœurs et de ses compagnes. Reineclaude, qui voit le protecteur adoré, s'est fait illusion à elle-même : elle croit avoir de l'amour pour lui, et cette heureuse erreur a tellement flatté le duc, qu'il se propose de lui donner le titre de son épouse. Mais le mariage sera secret pour le public, et ne sera connu que des enfants des deux premières femmes du duc, afin qu'ils aient plus de considération pour la jeune personne, que si elle était une simple Sunamite. Reineclaude est vive, sémillante. Elle est vivement désirée d'un petit-fils du protecteur. Peut-être arrivera-t-il quelque aventure, qui empêchera le mariage...

Si nous apprenons quelque chose durant l'impression, nous en rendrons compte à nos lecteurs, ad calcem libri.

Le jeune homme a été dédaigné de Reineclaude : c'est un phénomène; mais il faut dire la vérité, même invraisemblable... Elle a refusé toutes ses propositions.

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