‹ Le paletot brun comédie en un acte et en proseChapitre 5 sur 34 · LE R A IU)S · texte numérisé non relu

LE R A IU)S

Une fois par semaine, comtesse.

LA COMTESSE

Est-ce voire jour?

LF. auto*.

Ce sera peut-être demain.

LA COMTESSE

Vntre ami Paul est un homme généreux, savez-vous... 11 a au moins l'orgueil d’aller au-devant de certaines confidences ?

le ha no s<.

A moins d'être un fat, on y va toujours. Il est de bon goût d'éviter à une femme la confusion et l'embarras de ces cho-

ty-S-là.

LA COMTESSE

Mais faut-il les deviner encore?

LE BARON

Une femme d’esprit les porte dans son air.

LA COMTESSE

Vous croyez?

CE BARON

Une femme timide ou fausse, dans sa pensée.

LA COMTESSE

Regardez-moi, baron... — Comment me trouvez-vous?..

LE BARON

Cette coiffure nouvelle vous sied bien.

LA COMTESSE

Après ?...

LE BARON

Vous êtes charmante !

LA COMTESSE

Voilà tout?..

LE BARON, loi LiimdI U *»ia.

Mille pardons, comtesse, vous êtes adorable.

LA COMTESSE, à pari.

Mou air ne dit rien, à ce qu’il (tarait. Il faudra lui mettre les points sur les i.

LE BARON, pr*B»Dt !<• volume.

L’Amour!.-. (Le jriint wt la labié ) H» sont charmants ces auteurs... Ils trouvent mille petites choses là -dedans... Moi, je comparerais volontiers l'amour à une lioite d'allumettes chimiques. Ce n’est pas poétique, mais c’est vrai. — El une rupture à une ligne de chemin de fer; c'est encore moins poétique. mais c’est aussi moins vrai. Il y a trains et trains, dirats- * je. convois et convois,— de certaines femmes; — vous les avez vues pa-'cr. — Ou leur dit : je nia tout!... effet vous tournent gjfe.ào* en riant... rupture à grande vitesse!... D’autres... — on ie*RbortIc vèlu à la diable, avec une cravate niai attachée; elles vous regardent par-dessus le ur éventail comme une curiosité, et les voila guéries... train de plaisir!... Quant aux vierges folles, c’est différent: — trois heures sonnent, ou arrive avec une histoire que j’ai entendue raconter vingt fois avec succès. On a perdu à la hausse ou à la hahse. Lu belle ouvre de grands veux en frissonnant... — Mais on tire lentement de sa poche le plus élégant petit portefeuille eu cuir de Russie qu’on a pu trouver... l’émotion domina... — On laisse délicatement voir kescitM ou six billets de nulle francs qu’on y a plissé*... les yeux s'adoucissent... — et l’on offre le tout en i»'écriiint : Je suis ruiné; arrange-toi à vivre toute ta vie avec cela, ou cherche un autre autant!... On vous saute au cou, ce qui veut dire qu’ou a déjà fait son choix, et tout est dit, et l’on est un homme comme il faut.

LA COMTESSE

A bon marche.

LE BARON

Marché courant... train de marchandises.

LA C0NTF58E.

Vous êtes co veine de bêtise, baron, continuez...

J’ai fini.

LA COMTESSE

Votre chemin de fer n'a donc pas d embranchements?

LE BARON

Tour où ?

LA COMTESSE

Mais pour le pays des amours vrais, profonds, étemels!

- LE BARON

Ali! les héroïnes de romans. Celles-là sont fatales: clics ont le» yeux creux, le teint pâle; do petites mains qui ont des griffes,

de petites dents qui mordent , de petits poignards qui tuent, de petites lasses de thé qui empoisonnent. Mais on est aime pour «oi-mème. — Esclave, ec n’est rien; forçat , c’est peu... — Ne te plains donc pas. drôle, tu es .»imé pour toi-même. Enfin, la chaîne se rompt.... on n spire!... mois trop tard ! Malheureux !.. on a été jaloux de toi. et tu as avalé de r arsenic sans t’en douter!... donc, la victime est haletante, ses dents claquent, ses yeux tournent, ses cheveux tombent, il va mourir, il est mort ; •’vplosion de la locomotive!...

LA COMTESSE

Vous avez été aimé ainsi, baron?

LE UARON.

Peut-être par vous, comtes^.

LA COMTESSE

Quelle heure est-il?

LE BARON, lirait u montra.

Ma montre est arrêtée!... tiens, votre pendule aussi!

LA COMTESSE, Militai.

Si nous faisions comme elles, baron?

V LF BARON, a'utejaaft.

Je le veux bien.

LA COMTESSE, à part.

Il s'installe I

LE BARON, Umm! an jnurat!.

Ah 1 une bonne phrase!... « Arthur a le génie des liaison» décousue*. On songe à le mettre a la porto, il est trop tard, il a déjà sauté pur la fenêtre. »

LA COMTRSSE, m lertol.

Mais c’est très-spirituel cela?

LE BARON

Vous trouvez?... C’c*t possible!... Au fait, pourquoi pas?.. Je suis bien do cetfis éoole-lft» moil le wute toujours par la

fenêtre.

LA COMTESSE, lui lendâat la nulB.

Adieu, baron. ,

LE BARON. «ona«.

Vous sortez?

LA COMTESSE

Moi?... Non, je reste ! (tit« i*a«i«d.)

LE BARON, \! levant, à part.

Qu’a- t-e Ile donc ? (s» pcuciuai auc *•*» f*w -n.i.l Dinon*-nous ensemble ?

LA COMTESSE

J’avais uu petit bouquet. . qu’en avez-vous fuit ?

LC BARON.

Un bouquet ♦

LA COMTESSE

Cherchcz-le, j’y tiens.

LE BARON

Des fleurs, comtesse, point... (comm %e rappelant.) Ms.?, attendez donc...

LA COMTESSE

Vous vous êtes assis dessus ?

t LE BACON .

Ah! comtesse... Mais qu’avez* vous donc aujourd'hui ?

LA COMTESSE

lai marquis de Lerman s'est bien assis dans une cuvette. Il nu s’eu est aperçu qu'à l'eau qui lui coulait des jambes.

LE BARON

Le marquis a soixante ans.

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