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La mortalité diminuait si bien qu’en 1859 elle était devenue iñférieure à celle des autres ports de guerre.
Pour la période de 1882 à 1888, les statistiques du médecin principal Dupont nous apprennent qu'il y eut à Rochefort un réveil sérieux de l’endémie palustre, dû aux vastes travaux de terrassement pour la construction du grand bassin à flot du port de commerce, creusé pendant les années 1884, 85 et 86.
Les populations des villages situés au nord de la commune furent particulièrement éprouvées par le paludisme. On a signalé surtout comme atteints les riverains du nouveau bassin habitant les villages de la Cabane-Carrée, du Pont-Rouge, du Pont-Neuf, de la Vacherie et de Mouillepieds.
Cependant, malgré ce sérieux réveil de lendémie, pendant la période de 1882 à 1888, l’état civil n’enregistre que 7 décès pour paludisme. A l'hôpital civil, il n'y a que 5 décès, Enfin, à l'hôpital de la Marine, sur 2.539 cas de fièvres intermittentes, l’on n’enregistre pas un seul décès.
A partir de 1888, ces travaux de statistique ont été interrompus. L’endémie palustre, si redoutable au moment de la fondation de la ville, est de plus en plus bénigne. Sous l’influence heureuse des mesures prophylactiques, qui consistaient essentiellement dans l’assèchement des marais d’une part, et dans l'assainissement de la ville elle-même d’autre part, l’on a vu les cas de fièvre intermittente devenir d'année en année de moins en moins nombreux et de moins en moins graves.
Etat actuel du paludisme à Rochefort.
Si, depuis de longues années, le paludisme n’a plus donné lieu à ces manifestations collectives, à ces formes cliniques graves qui constituaient autrefois un facteur important de la mortalité, il ne faut pas en conclure à son extinction définitive.
L’infection existe toujours dans la ville et dans les localités environnantes. Les conditions nécessaires et suffisantes à sa persistance s’y trouvent encore réunies du fait de la présence de nombreux coloniaux impaludés et de l’existence d'innombrables moustiques qui pullulent pendant la saison chaude ; parmi ceux-ci, on trouve une proportion importante d’anophèles, agents indispensables de la propagation de l’hématozoaire.
Au centre d’Aviation de la Marine, situé entre Rochefort et Soubise, sur une population militaire d'environ 1500 hommes, 4 ou 5 cas de paludisme autochtone sont observés chaque année chez de nouveaux arrivants, provenant de divers départements français.
Dans la population civile, il est beaucoup plus difficile d’évaluer la fréquence de l'infection.
Si l’on ne tient compte que des formes franches, où
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les accès sont nettement caractérisés par leur début brusque, avec élévation brutale de la température, frissons, chaleur et sueurs, où le diagnostic clinique facile est confirmé par l’examen du sang au laboratoire, ces cas sont relativement rares.
Mais l'infection palustre ne revêt pas toujours cet aspect classique. Les formes larvées sont de beaucoup les plus fréquentes, et plus particulièrement chez les enfants. Devant une symptomatologie très fruste, en l'absence d'examen de laboratoire, le diagnostic n’est pas toujours facile, et le paludisme est souvent méconnu. À plus forte raison si l'examen du sang a été pratiqué et ne révèle la présence d’aucun parasite. Or, dans ces formes, l’hématozoaire ne se retrouve pas facilement dans le sang, et s’il s’y rencontre, ce n’est que pendant un temps très court, à moins d'être recherché dans la rate ; aussi échappe-t-il le plus souvent à l'examen microscopique.
Aussi avons-nous tout lieu de penser que les cas de paludisme sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le croit généralement et que nombre d'infections indéterminées, d'états fébriles mal définis, de syndromes anémiques légers avec ou sans splénomégalie, si fréquents dans la région chez les enfants, doivent lui être attribués.
C'est également l'opinion de plusieurs médecins de Rochefort ou des environs,que nous avons interrogés. à ce sujet et qui nous ont dit avoir constaté l'efficacité de la quinine, qu'ils avaient essayée dans certains de ces cas où seulundiagnosticde probabilité pouvaitêtre posé.
Il y aurait donc intérêt à suspecter plus souvent le paludisme, étant donné le polymorphisme de ses manifestations, et dans les cas douteux à pratiquer systématiquement la recherche de l’hématozoaire et faire l'épreuve de la quinine. Plus cette notion sera répandue, plus les cas de paludisme se multiplie ront.
Toutelois, dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons retenir ici que les cas où le diagnostic est rendu certain par la rencontre des hématozoaires dans le sang; leur nombre est suffisant chaque année pour nous permettre d’affirmer la persistance de l’infection palustre dans la région de Rochefort.
Ses manifestations revêtent généralement une forme clinique bénigne. Les fièvres intermittentes du type tierce sont les plus communes et, dans tous les cas parvenus à notre connaissance, le parasite décelé était le plasmodium vivax.
Les premiers accidents palustres qui apparaissent sont des accès rémillents. Assez souvent l’affection débute brusquement après une courte période de malaises par un syndrome réalisant le tableau de l'embarras gastrique fébrile. Le malade asthénié et fébrile accuse des troubles dyspeptiques : inappétence, nausées et même vomissements ; parfois diarrhée ; langue saburrale ; céphalée. Ces troubles sont parfois assez accentués pour simuler une typhoïde (obs. VI). La température s'élève en 36 heures à 39° ou 0°, pour S'y maintenir pendant 4 ou 5 jours avec des oscillations de 8/10 de degré ; la chute se fait brusquement sans