‹ Le Paludisme autochtone à Rochefort-sur-MerChapitre 22 sur 25 · NOR · texte numérisé non relu

NOR

OBsERvATION II

Le D... Corentin, 22 ans, matelot.

Né à Moélan (Finistère) où il a toujours vécu jusqu’à son arrivée à Rochefort, en avril 1930. N’avait jamais été malade auparavant.

Entre le 23 juin 1932 à l'Hôpital Maritime avec le diagnostic de fluxion de poitrine.

Il est tombé malade le 18 juin. Début par point de côté thoracique gauche assez violent. Toux peu fréquente et sèche. Fièvre progressivement croissante.

Pendant l’intervalle qui sépara son admission à l’hôpital et le début de sa maladie, ce malade est resté sans soins médicaux, et ce jusqu’au 22, moment où il fit sa défervescence vraisemblablement.

À son entrée à l’hôpital, le malade est très abattu, il présente une diaphorèse intense de défervescence.

Le pouls est rapide, petit, presque filiforme. Polypnée intense.

À l'examen de l’appareil respiratoire, on trouve du côté gauche des signes pleuro-parenchymateux très discrets, un peu plus accentués à la base. Douleur violente à la pression sur les espaces intercostaux. Toux peu importante ; expectoration presque nulle.

Le 25 juin, l'examen du poumon ne révèle plus qu’un peu de rudesse respiratoire. Le malade n’accuse rien de particulier. Vers 14 heures, le malade qui dormait, s’est réveillé subitement, a toussé et a vomi.

Vomissement un peu bilieux. Douleur dans la fosse

ss — iliaque gauche. Examen négatif ; ventre très souple. Température : 410.

La température est tombée verticalement le soir même ; le malade a eu en même temps une transpiration profuse extrêmement marquée. Le lendemain matin. la température est à 36°, le pouls est normal. La rate est nettement percutable,

Le 27 juin, nouvel accès La rate a augmenté de volume ; on la sent nettement à la palpalion sous le rebord costal. On songe alors au paludisme et on fait un prélèvement de sang. À l'examen, on trouve des hématozoaires (plasmodium vivax).

Les accès (type fièvre tierce) se sont encore renouvelés deux fois, puis. sous l'influence du traitement quinique, Ja température est revenue à la normale. Mais le malade,

très anémié, n’a pu quitter l'hôpital que le 2 août.

OBsERvATION III

M... Christian, 20 ans, matelot.

N'a quitté la région de Rochefort que pour aller à Lorient se faire recruter ; après y avoir passé quatre mois, il est revenu terminer son service à Rochefort.

Depuis son enfance présenterail de temps à autre des -accès de fièvre, de nature jusqu'ici indéterminée.

Le 7 juillet 1933, il a été hospitalisé à l'Hôpital Maritime pour accès fébrile : il en est sorti le 13 avec la mention suivante :

Courbature fébrile de nature vraisemblablement palu-

-déenne.

Air nee

Le 26 juillet nouvel accès. Le malade a été pris subitement vers 47 heures de frissons, céphalée et très forte: fièvre : 4003. Hospitalisé aussitôt.

La fièvre est tombée subitement vers 20 heures. Transpiralion abondante au cours de la nuit.

A l'examen, on trouve une rate percutable sur 38 travers de doigis.

L'examen du sang recueilli en plein accès révèle la présence de plasmodium vivax.

Traitement quinique. Quitte l'hôpital le 4 août sans.

avoir présenté de nouvel accès.

OgservaTion IV

J... Gaston, 45 ans, habitant Soubise.

Entre à l'Hôpital maritime le 31 juillet 1933 pour y être mis en observation.

N'a jamais été aux colonies et n’a jamais présenté d'accès de fièvre. Il travaille à des travaux de terrassement à la base d’Aviation maritime,

Il y a huit jours, il a été pris d’un violent accès de fièvre à 14 heures, avec frisson, chaleur, sueur, d’une durée de- 2 heures environ ; trois autres accès suivirent à un jourd'intervalle.

Actuellement l’état général est bon ; les accès ont disparu ; l'appétit et le sommeil sont bons.

A l'examen on trouve un foie qui déborde le rebord: costal sur un travers de doigt ; le bord inférieur est sen-sible.

La rate n’est pas percutable.

Les différents appareils ne présentent rien d’anormal.

L'examen du sang, prélevé en dehors ‘des accès, qui ue se sont pas renouvelés pendant le séjour à l'hôpital, a révélé la présence de plasmodium vivax (corps amibiens

et schizontes).

OBsSERvATION V

P... André, 2 ans.

Eatré à l'Hôpital civil le 22 juin 1933.

Vit avec ses parents à°3 km. de Moèze dans une ferme isolée au milieu des marais.

La mère est bien portante, mais le père est paludéen : c’est en Allemagne au cours de son service militaire qu’il aurait eu son premier accès ; en dehors de cette période, il a toujours vécu dans la région de Moèze.

André P... a deux frères de 6 et 9 ans qui sont bien portants.

Lui-même, jusqu'ici, n'a jamais été malade.

Depuis une quinzaine de jours ses parents ont remarqué qu’il était pris le soir, presque toujours à la même heure, de frissons et qu’il semblait avoir une forte fièvre ; puis au bout d'une heure et demi ou deux heures il transpirait abondamment. Le matin, il semblait mieux. Mais son état s'aggravant, la fièvre tendant à devenir continue, l'enfantétanttrès pâle, abattu, ondécidedel'envoyeràlhôpital.

A son entrée, l'enfant est prostré, se plaint dès qu’on

. l'examine.

[L présente les signes d’une anémie grave. Les mu-

queuse sont décolorées ; les téguments ont une teinte

cireuse.

La langue est saburrale. L'abdomen, ballonné, onore à la percussion, assez souple, est légèrement douloureux à la pression.

La rate est hypertrophiée et déborde les fausses côtes de deux travers de doigt environ. Elle semble particulièrement douloureuse à la palpation et à la percussion.

Le foie est légèrement augmenté de volume. La température prise le soir à 5 heures est à 4002.

L'examen du sang prélevé aussitôt révèle la présence d'hématozoaires ; le taux des hématies est très abaissé (1:650.000).

Du 22 au 25 juin, la température oscille entre 40° le soir et 3706 le matin.

Du 26 au 28 la température est toujours élevée le soir, et le matin ne tombe pas au-dessous de 390. Le 29, elle tombe brusquement à 370. ;

A partir de cette date amélioration rapide et progressive sous l'influence du traitement (3 suppositoires à 15 cgr. de chlorhydrate de quinine, cacodylate de soude 2 cgr., Hépatiol 2 cmc. en injection sous-cutanée, rayons ultraviolets).

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