II. — PALUDISME SECONDAIRE
Pendant l’hiver'et le printemps, le paludisme se trans- ; forme. Les attaques fébriles prennent la forme d’accès i
francs, isoles ; et ces accès se produisent avec une certaine i
périodicité, tantôt quotidienne, tantôt tiqrce, ou septane, , ] bi, tri-septàne. L’examen du sang, pratiqué à cette période d accès, qui caractérisé le paludisme secondaire, révèle une H inversion de la formule parasitaire ; au plasmodium falci- j
TRAITEMENT
porum, agent prédominant du paludisme estivo-automnal, s’est substitué, dans les préparations, le plasmodium vivax, agent prédominant du paludisme hivemo-vernal.
A cette époque, le paludisme est beaucoup moins dangereux et il réagit mieux à la quinine.
Nous nous bornerons à rappeler les règles générales d’un traitement depuis longtemps classique. Ce traitement s’adresse : lo aux accès fébriles ; 2° aux -périodes intercalaires.
10 Traitement des accès. — L’accès palustre sera traité énergiquement. On donnera, comme- dose courante, 2 gr. de quinine dans les vingt-quatre heures. Ces 2 gr. pourront être administrés :
1° Par injections intramusculaires ou sous-cutanées : 1 gr. le matin, 1 gr. le soir ;
2° Par ingestion (comprimés ou solution) ; et, dans ce cas, il faudra toujours, s’assurer que la dose prescrite est réellement absorbée. Le mode d’administration de ces 2 gr. importe peu, en réalité. Certains donnent 0 gr. 50 le matin et 1 gr.'SÔ le soir ; d’autres 1 gr. le matin et 1 gr'. le soir ; d’autres préfèrent les doses réfractées ; 0 gr. 50 en quatre prises espacées, ou même 0 gr. 25, huit fois dans les vingtquatre heures.
En cas d’accès quotidiens, la médication sera poursuivie régulièrement, jusqu’à disparition de la fièvre ; en cas d’accès tierces, jusqu’à disparition de la série d’accès. Dans tous les cas, la médication sera continhée, aux mêmes doses, deux jours au moins après le début de l’apyrexie définitive;
2° Traitement des périodes intercalaires.
Lorsque l’apyrexie s’est établie, le malade sera soumis à une quininisation discontinue, selon la méthode des traitements successifs de Laveran.
Les modalités de ce traitement sont variables ; toutes donnent des résultats équivalents. En voici quelques formules :
\° Un jour de quinine, un jour de repos ; un jour de quinine, un jour de repos, et ainsi de suite, pendant six semaines consécutives. '
Les jours de quinine, le médicament est donné à la dose de 1 gramme ou de 1 gr. 60, par la bouche (comprimés ou solution), soit en deux fois (0 gr. 501e matin, 0 gr. 50 ou 1 gr. le soir), soit en quatre ou cinq fois.
Lorsqu’on cours de traitement un accès se produit, la dose est élevée à 2 grammes, le jour de l’accès et les deux jours suivants ;
2° Méthode de Job. — Pendant la première semaine : six jours de quinine, un jour de repos. Pendant la deuxième semaine ; cinq jours de quinine, deux jours de repos. Pendant la troisième semaine : quatre jours de quinine, trois jours de repos. Pendant les quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième semaines ; trois jours de quinine, quatre jours de repos.
Les jours de quinine, le médicament est prescrit à la dose d’un gramme (un comprimé de 0 gr. 25 à 8 heures, un à 10 heures, un à 12 heures et un à 14 heures) ;
3° Méthode de Carducci.
1''® semaine
1°' et 2® jour d’apyrexie.
3® et 4® jour ..
5® et 6® jour.
1 gr. de quinine pro die pas de quinine.
1 gramme de quinine.
1 gr. 50 de quinine.
2®, 3®, 4®, 5®, B® semaines
9®, 10®, 11®, 12® jour.pas devquinine.
13® et 14® jour.. gramme de quinine.
Il est inutile d insister à nouveau sur l’utilité d’associer à la médication quinique ; le repos absolu, l’alimentation abondante, l’arsenic et le fer.
4° Méthode dite « stérilisante » des italiens. — Les médecins militaires italiens préconisent le traitement suivant ;
Chaque jour, 2 grammes de quinine.
TRAITEMENT
2® seniaine
Un jour de repos suivi d’un bain froid, puis chaque jour 2 gr. de quinine.
Interruption définitive, suivie d’un bain froid.
Si ce baûi ne provoque pas un nouvel accès, le malade est considéré comme guéri.
Si un nouvel accès se produit, il faut reprendre à nouveau le traitement.
Devant l’intensité du Paludisme macédonien, les auteurs italiens avec CasteUani, ont même préconisé 3 grammes par jour pendant les premiers jours.
Méthode de Bavant. — M. Ravaut a essayé le cacodylate de soude et obtenu des résultats intéressants, mais il faut rernployer à haute dose (20 à 30 centigrammes par jour) et l’associer à la quinine, bien entendu. Voici comment il a fait pratiquer ce traitement dans plusieurs hôpitaux.
Pendant deux ou quatre jours consécutifs, faire chaque jour une injection sous-cutanée de 0 gr. 20 ou 0 gr. 30 de cacodylate de soude.
Les deux ou quatre jours suivants faire prendre par la bouche deux grammes de quinine en cachets. Puis recommencer les injections de cacodylate et ainsi de suite pendant au moins un mois sans s’occupef des accès de fièvre.
Enfin M, Ravaut, étant doimé l’existence des signes d’insuffisance surrénale qu’il a trouvés presque constamment, conseille d’ajouter à l’emploi de ces médicaments, celui de l’Adrénaline, qui est très efficace, soit sous forme de piqûres, soit sous forme de solution (20 gouttes par jour de la solution à 1/1.000).
Ce traitement peut être mis entre les maing de tout le monde, ne présente aucun danger et donne des résultats très supérieurs à ceux que donne la quinine seule.