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fièvre saisonnière et désignée sous le nom d’Aat d’après une inscription du temple de Denderah. En tout état de cause, Hippocrate en fait une observation rigoureuse et distingue déjà les types tierce et quarte et note même la tuméfaction splénique. Celse, au premier siècle de notre ère, différencie de la quotidienne, la tierce doublée (Jeanselme). C’est en 1640 que commence l’étude plus approfondie du paludisme lorsque la Comtesse de Cinchon et son médecin Juan del Vigo introduisirent en Europe l’écorce de quinquina péruvien. C’est ce remède spécifique qui permit de classer et de distinguer les fièvres dites à « quinquina », et Torti basant une classification sur ces faits étudiait la classe des fièvres « pernicieuses » dans son traité intitulé « Therapeutica speciales ad febres quas dans perniciosas ».
Mais sans aller demander la notion de la fièvre paludéenne aux anciens maîtres de l’art médical ou aux médecins qui accompagnèrent les conquistadores espagnols, il suffit de lire Molière et l’on verra qu’à cette époque même dans la petite bourgeoisie, la fièvre quarte n’était pas inconnue puisque la boutade « que ia fièvre quarte t’étouffe » était aussi employée dans le langage d’alors que l’imprécation « que le diable - t’emporte » l’est de nos jours.
Mais il faut attendre les travaux d’Audouard (1803-1823) pour voir le paludisme sortir de l’oubli dans lequel il était tombé, celui-ci met en relief la notion importante de la splénomégalie, et après lui les travaux de Pelletier et Caventou (1820) qui 1iso- Jaient l’alcaloïde du quinquina : la quinine, et les
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travaux de Maillot pendant la campagne d’Afrique font faire un grand pas à la connaissance de cette waladie. Trousseau, d’autre part, dans ses leçons décrivait magistralement la fièvre paludéenne et réglait l’emploi du quinquina d’une façon si judicieuse qu’encore aujourd’hui son traitement est appliqué en maintes circonstances.
Connue depuis longue date pour ses ravages, l’infection due à l’hématozoaire ne devait pas rester sans être désignée sous une foule de noms : fièvres valustres ou paludéennes, fièvres des marais, fièvres maremmatiques, impaludisme, fièvres telluriques, autant de noms qui se rattachent à l’étiologie même de l’affection ; fièvres intermittentes, dénomination qui se rattache à l’allure clinique de la maladie. Un terme est couramment employé, c’est celui de Mal’aria de l'italien « Mala aria », mauvais air. Les Anglais l’appellent « Ague ». Mais le mot Paludisme, proposé par Verneuil a prévalu, et a été adopté par la majorité des médecins français concurremment avec le mot italien de Malaria.
Je ne dirais que fort peu de la répartition géographique de la Malaria, maladie propre aux régions marécageuses et aux pays chauds. Elle n’est pas uniquement exotique puisque des foyers multiples et puissants existent dans la région méditerranéenne de l’Europe. L'Italie lui paye un large tribut, la région des lagunes en est infestée ; la Sicile, la Corse, la Sardaigne n’y échappent pas ; la Grèce et les Balkans furent de tout temps un foyer de première impor tance.