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La France elle-même n’est pas indemne ; la Camar gue en. est infestée au point que les compagnies de chemins de fer de cette région s’en inquiètent pour leurs agents décimés par le mal. En Beauce, en Vendée existaient jadis des foyers paludéens qui avaient disparu grâce aux travaux d’assainissement et aux draînages des régions marécageuses. Depuis la guerre ces centres ont reparu, la lutte contre la paludisme ayant diminué d’intensité et des négligences étant survenues dans l’entretien des drainages.
Enfin en 1916, le Professeur Etienne signalait une épidémie de paludisme autochtone dans la vallée de la Seille. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet.
Quant au paludisme en Asie, en Afrique, en Amé.: rique, au Japon, nous n’en parlerons que pour mémoire. C’est dans ces pays chauds, plus humides, marécageux par endroit que sévit le plus le paludisme, causant des ravages intenses chez les colons, et n’épargnant pas toujours les indigènes.
Avec Carnot, le suivant de près, nous devons jeter un eri d’alarme au sujet d’un réveil de paludisme autochtone en France, et c’est là un des plus grands dangers du paludisme, en dehors bien entendu de ses dangers immédiats, dangers inhérents à la mala. die elle-même, dangers personnels, propres à l’individu atteint.
« La très sérieuse atteinte de paludisme subie en Macédoine par le corps expéditionnaire tient d’une part à l’infestation virulente des marais du Vardar et d’autre part à la gravité bien connue des fièvres valustres sur les armées en campagne. Le paludisme
macédonien a depuis longtemps une détestable réputation. Les fièvres des marais préoccupaient déjà, en Grèce, les pères de la médecine, et l’allégorie de l’hydre de Lerne, détruite par Hercule, était probablement la personnification du paludisme sans cesse renaissant et vaincu par le desséchement des marais. Mais depuis lors l’incurie turque a laissé se développer les marécages et avec eux, un paludisme fort grave. Sa virulence devait s’accroître encore en s’attaquant à un corps expéditionnaire débilité par les températures excessives de l’été 1916 et par les fatigues des travaux de terrassement en sol marécageux, par l’insalubrité des cantonnements (et même des hôpitaux) mal placés en pleine zone dangereuse.
La prophylaxie du paludisme en Macédoine tient avant tout, lorsque cela est possible, dans l’évacua: tion des localités à « index paludique » (1) élevées et dans le stationnement en régions saines, plus élevées ct moins marécageuses. L’assèchement des marais, lä pétrolisation des eaux stagnantes ont pu s’effectuer, malgré de grandes difficultés en un pays provi. soirement occupé ; il en a été de même pour la quinisation curative des paludéens autochtones, des enfants surtout, réservoirs de virus. Enfin la quinisa-
(1) On appelle index paludique, le chiffre qui exprime le nombre des sujets impaludés sur 100 indigènes. Ce nombre est excessivement élevé en Macédoine. Une carte des index endermiques établie en 19145, par le Docteur Copanaris, donne une proportion de 60 à 95 0/0 pour certaines régions — 25 0/0 est la moyenne.
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tion préventive des troupes qui avait échoué l’an derler, à été reprise sous une surveillance plus minutieuse.
La prophylaxie du paludisme en France a de son . côté attiré l’attention, car elle est devenue une ques. tion d’urgence en raison même du grand nombre de porteurs de parasites rapatriés de Macédoine ou venus avec des contingents exotiques, vivant au voisinage de nos anophèles indigènes. On peut donc craindre que ceux-ci, jusqu’à présent inoffensifs, ne s’infectent en suçant le sang des paludéens, réservoirs de virus et n’inoculent ensuite la population locale.
La présence d’anophèles en France a été, en effet, démontré un peu partout. À Paris notamment, Grandidier et Neveu, Lemaire en ont capturé au Muséum, M. Roubaud à l’Institut Pasteur. Gentilly, aux portes de Paris, est une excursion classique des entomologistes en quête d’anophèles. M. Léger a signalé de nombreuses stations près de Grenoble, Guind dans les Dombes. Dans la région méditerranéenne, R. Blanchard en a constaté un peu partout. En Lorraine, M. le Professeur Etienne a observé une épidémie dans la vallée de la Seïlle, en extension progressive depuis cette époque.-Ratheriy et Michel ont décrit plusieurs cas autochtones à l’armée du Nord, Rest et Rolland à la réunion médicale de la 6° armée ont rapporté le cas d’un chasseur alpin
oies
n'ayant jamais quitté la Savoie et qui fut atteint de tierce avec parasites dans le sang après avoir cantonné auprès des troupes africaines...» (Carnot).
On se rend compte avec une facilité extrême des dangers qu’il y à à négliger l’infection paludéenne, l’importance qu’il y a de connaître le paludisme dans ses moindres détails, surtout dans les accidents primaires, non seulement en raison du traitement curatif à instituer, mais aussi en raison du traitement prophylactique.
Peut-être serions-nous obligés un jour, si on laisse à nouveau le paludisme s'implanter en France, de commencer contre lui une lutte analogue à celle faite contre la syphilis et la tuberculose.
L'hématozoaire
Il ne faudrait pas croire que malgré son évidence, l’action de l’hématozoaire entra facilement dans le domaine scientifique quoique cependant de longue date les esprits fussent orientés dans ce sens même avant l’ouverture de l’ètre microbienne.
En effet, au siècle dernier, Lancesi et Rosori admetaient déjà que le paludisme était produit (Laveran) par des animalicules qui se trouvaient en suspension dans l’air des localités marécageuses. Ces idées étaient si répandues en Italie au commencement du siècle dernier que dans le peuple les animalicules fébrifuges avaient reçu le nom de ( seraficis », Pour Vireq, les infusoires sont la cause de l’insalubrité des marais.