OBSERVATION II
C'est un cavalier du ° chasseurs d'Afrique qui, à la suite des affaires de Korytzia, fut pris assez subitement quelque temps après des accès paludéens à type gastrointestinal, de douleurs dans les membres inférieurs et à la région lombaire avec irradiations abdominales, bientôt les troubles ne font qu'augmenter, la marche devient titubante. Le pied est lancé en avant, le malade talonne, les
jambes maigrissent un peu. Aucun autre symptôme en dehors de la grosse rate et du gros foie spéciaux à tout paludéen. Ce cavalier fut évacué sur Salonique, où je le perdis de vue et je le retrouvais deux mois après à Nancy en convalescence. Le diagnostic porté avait été celui de tabes syphilitique au début. Il me montra sa fiche d'hôpital. (était net : abolition des réflexes rotuliens et achiléens avec démarche talonnante, conservation de la sensibilité, douleurs en ceinture, difficulté à la miction. On avait institué à l'hôpital un traitgment hydrargyrique à haute dose, sans résultat du reste. Deux accès paludéens s'étaient manifestés entre temps, on l’avait donc remis à la quinine d’une façon intensive.
Depuis son retour en France, tous ces symptômes s'étaient améliorés pas très rapidement, du reste la démarche n’était plus hésitante. Le malade continuait à prendre sa quinime régulièrement, son facies anémique avait disparu, il reprenait de l’'embonpoint, sa rate était diminuée, redevenue presque normale, le foie était décongestionné.
Je revis le malade un mois après, tous. les symptômes avaient disparu et deux mois après il ne ressentait plus aucuns troubles si légers soient-ils. (Deux Wassermann faits entre temps avaient été négatifs) (1).
La gangrène symétrique a été observée plusieurs fois (Alamartine, Laurent et Moreau), et ayant dans sa forme atténuée des exacerbations et des rémissions parallèles à celles de la fièvre. Elle peut, dans certains
(1) Pontif le Wassermann n'eut eu qu’une valeur relative, car fait en pleine poussée paludéenne, les résultats en sont souvent faussés. (De Jouy et Martin).
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cas, être permanente, s'accompagner de plaques de sphacèle. Elle est susceptible de s’améliorer et de guéir par la quinine.
Enfin, pour terminer, rappelons rapidement les accidents connus sous le nom d’amnésie paludéenne et bien étudiés par de Brun, de Beyrouth. Ces aceidents, quoique très fréquents, ne semblent pas jusqu’à présent avoir sérieusement attiré l’attention. C'ependant, tant au cours des fièvres de première infection qu’au cours du paludisme secondaire, les troubles de la mémoire, parfois seule manifestation nerveuse observée chez le malade, plus souvent accompagnés d’autres phénomènes nerveux, tels que céphalalgie, vertiges, crampes, fourmillements, tremblements, etc. constituent un des symptômes de la psychose polynévritique palustre.
Cette amnésie ne s’impose toujours pas avec évidence à l’observation. Mais si on vient à attirer sur ces faits l’attention du malade, aussitôt les troubles restés dans l’ombre s’éclairent, se précisent et les renseignements affluent. On peut dire (de Brun) qu’un tiers des malades présentent des accidents amnésiques.
Je citerai pour mémoire les complications oculaires, Kératites, iritis et des paralysies des muscles de l’œil, des hémorragies conjonctivales, des hémorragies rétiniennes, des complications laryngées et auriculaires (Lamothe) et des troubles auditifs, mais la quinine revendique une large part de ces derniers,
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