‹ Le Paludisme Primaire en MacédoineChapitre 9 sur 47 · LA · texte numérisé non relu

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p. 100 des cas nous trouvions une rate grosse, nous étions persuadés, le docteur Cellarier et moi, que tous ees malades étaient atteints de paludisme primaire, et nous avons persisté dans notre opinion malgré l’avis cependant autorisé des confrères expérimentés qui nous entouraient et avaient fait un stage aux colo: nies. Cela ne ressemblait pas au paludisme, disaientils, et d’ailleurs ils ne trouvaient pas d’anophèle, mais rien que des moustiques genre Culex, par contre dans les vieilles maisons des villages, à proximité desquels nos troupiers cantonnaient, on trouvait des phlebotomes, agents de transmission de la dengue. Tout cela - n’était qu’à peu près exact, car les anophèles existaient et dans les tentes de mon ambulance, il était déjà facile d’en trouver quelques-uns le soir. Quinze jours plus tard, les nuits devenaient très chaudes, les éclosions se faisaient en masse et c’étaient par milliers qu’on pouvait tuer les anophèles dans les angles des tentes de ma formation : l’épidémie malarienne sévissait dès lors avec intensité.

Tous nos malades étaient évacués sur les hôpitaux de Salonique, où le laboratoire de l’armée avait la lourde tâche de renseigner les médecins des hôpitaux de la base sur la nature de l’infection. Or, dès la fin juin, on signalait au laboratoire l’augmentation considérable des examens du sang positif au point de vue paludisme, tandis qu’au contraire les hémo cultures montraient que l’infection éberthienne était, somme toute, assez peu intense.

L’infection malarienne avait donc commencé à sévir en masse à partir de fin mai ; les courbatures

fébriles, les dothienenteries, les dengues qu’on m’envoyait étaient done presque toutes du paludisme primaire. Malheureusement je ne pouvais en avoir la confirmation que très longtemps après.

Sur ces entrefaites en fin de juillet, l’ambulance alpine dut s’installer à Snevce pour relever une autre ambulance, dont tout le personnel avait été décimé par la dengue et la dysenterie, car la région était particulièrement malsaine.

C’est par centaines que nous arrivaient chaque jour les malades. Il fallait donc évacuer hâtivement, mais comme les postes de secours des régiments étaient débordés, je voyais les malades à une date bien plus rapprochée du début, beaucoup m’arrivaient à la fin de la première journée. . . eo)

Ces quelques lignes nous évitesotit déni dé nous étendre sur le début de cette épidémie de paludisme qui assaillit l’armée française d'Orient en 1916. On voit déjà nettement l’allure de cette affection. Elle fait suite à un état assez particulier, gastro-intestinal mal déterminé et mal élucidé. La confusion existe au début et peu à peu, grâce aux recherches de laboratoire, l’infection se précise. Les observations cliniaues sè multiplient, le paludisme primaire se dégage enfin et apparaît comme une entité morbide bien déterminée ; il entre dans le cadre nosologique : le début se précise et l’évolution se caractérise.

Le médecin de régiment qui vit au milieu de ses hommes devaient rassembler ses souvenirs et appor-

ter son aide souvent imparfait aux médecins plus instruits, plus avisés des centres médicaux de l’arrière et aux médecins des laboratoires.

C’est dans cet esprit que nous appoætons nos constatations afin de compléter l’opinion que l’on peut se faire actuellement du paludisme. Nous exposerons surtout tout ce que nous avons pu voir dans notre bataillon : formes cliniques, évolution et traitement du paludisme.

Nous tenterons de rendre le plus clair possible un exposé qui a tendance à être diffus étant donné qu’it ne résulte pas d’une étude systématique et qu’il n’est que le résultat d’observations éparses et de réflexions espacées sur un temps assez long.

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