ACTE I
ISABELLE f ^Ireoiblanlc.
Oui, madame la marquise.
LA MARQUISE
Pourrais-je voir madame votre mère, mademoiselle?
ISABELLE
Ma mère est absente, madame.
^ LA MARQUISE
Il n’importe ! C’esfrdevant vous et c’est de vous que je venais lui parler. Ce que je lui aurais dit, je puis donc vous le dire, et si ma présence ne vous est pas importune...
ISABELLE
Madame !...' (Elle hit aa ligne i Violante, qui approche nn airge pour la marquiie et lort. Isabelle en prend nn auprès de la marquise.)
HENRI, A part. *
Quel est son projet?... Ah ! quel qu’il soit, ma résolution est
prise, (il s’assied A gauche.)
LA MARQUISE
Mademoiselle, vous aimez mon fils?...
ISABELLE, se leraot, et après on moment de silence.
Oui, madame, depuis trois ans ! (Elle se rassied.)
LA MARQUISE
Mon fils VOUS aime...
HENRI, virement.
Oui, ma mère, et pour toujours !
LA MARQUISE
Veuillez ne pas m’interrompre, Henri... Mademoiselle, vous êtes sans fortune, et mon fils est un des plus riches héritiers de Madrid... Vousêtes la fille...
ISABELLE, avec tierlé.
üu colonel Tordova, madame !
LA MARQUISE
Qui, aujourd’hui, sert vaillamment l’Espagne en Amérique, je le sais!... Mais mon fils est le marquis deUrreaz, mademoiselle... vous ne pouvez pas être sa femme.
HENRI, avec impe'tiioii’d rt ic levant.
Elle le sera cependant !
LA MARQISE.
Mon fils !
HENRI
l’ardon, ma mère! mais ne l’avez-vous pas entendue, clic m’aime!... et moi, mon amour pour elle n’est pas un caprice éphémère de jeune homme, vous le savez ! Vous m’avez ordonné un long voyage; j’ai obéi, en suis-je revenu m^ins plein dc^son image? Vous in’avez presque imposé la vie brillante de Madrid... plaisirs, séductions, tout est venu échouer contre son souvenir... Ah ! ma mère ! que la mémoire de l’amour que vous inspira mon père protège votre fils auprès de vous! car, je vous l’ai dit ce .matin, et je vous le répète, si vous êtes sans pitié pour moi... eh bien ! je me souviendrai que j’ai bientôt vingt-cinq ans, que dans quelques mois je serai mon maître... (M.juvemcni d'naueiic.)
LA MARQUISE, ne IcTanli
Oui, mademoiselle, il me l’a dit; et voilà ce qui m’amène auprès de vous; oui, mon fils m’a déclaré que, si je lui refusais mon consentement, il me contraindrait, la loi à la main, de le lui accorder.
IS.ABELLE, vivomeot.
Croyez, madame...
Je viens vous interroger, mademoiselle ; êtes- vous décidée à permettre que Henri m’impose la volonté de la loi. Si votre résolution est prise, dites-le-moi, et à l’instant, pour m’épargner, à moi une insulte, et à mon fils... ce que je regarde comme un crime... je signe !
ISABELLE
Quoi, madame, vous voulez?.. . .
HENRI
Ma mère!...
LÀ MARQUISE
Prononcez, mademoiselle : voulez-vous entrer dans ma famille malgré moi? vous êtes libre.
ISABELLE^ d*iinc voix tremblante.
Madame la marquise, j’aime Henri de toutes les forces de mon âme, et Dieu sait si j’ai jamais aimé en lui autre chose que lui-