ACTE II
nie est déjà détruite.. .c’est qu’un témoin irrécusable de la loyauté de mon père...
HENRI
Oui, je sais... les deux lettres dont VOUS m’avez parlé souvent?... les lettres déposées par votre père aux archives?
ISABELLE
Oui.
HENRI
Elles n’y sont plus !
LA MARQUISE et ISABELLE.
Ciel !
HENRI
A peine don Aguilar m’a-t-il montré ce pamphlet... j’ai couru aux archives. .. les lettres sont enlevées !
Par qui ?
ParClavijo.
Qui te l’a dit?
H ENRI.
LA MARQUISE
HENRI
Personne... mais j’en suis sûr!... N’était-il pas archiviste?... Tout son plan de vengeance n’est-il pas là : publier l’offre qui accuse, supprimer le refus qui justifie? Oh! il ne faut pas se le dissimuler, la position est terrible!... car enfin cette lettre est authentique? oui!... textuelle? oui!... compromet-elle votre père? oui!... peut-on la réfuter? non... excepté par la réponse; et cette réponse c’est Clavijo qui l’a.
LA MARQUISE
Mais nos protestations?... mais notre indignation?...
HENRI
Votre indignation? aujourd’hui, peut-être, le cri de votre indignation soulèvera les cœurs contre lui... mais demain, quand Clavijo renouvellera ses attaques... car il les renouvellera... quand on verra que nous ne répondons pas... car nous ne pouvons pas répondre... quand chaque matin apportera à la malignité une insinuation nouvelle... ( tirant un joumai) car voilà une feuille qui déjà réjiète cette calomnie...
t,(t LE PAMPHLET.-
i.\ marqdisf:.
HENRI
Alors lus sceptiques commenceront à douter. Dans quelques jours, on se dira tout bas : Il y a peut-4tre quelque chose de vrai. — Et dans trois mois, la réputation de votre père...
ISABEI.I.E.
Mais la vérité... la vérité!...
HENRI
Où est-elle la vérité?
LA MARQUISE
Mais les honnêtes gens ?
HENRI
Les honnêtes gens sont timides et parlent à voix basse... Les calomniateurs crient haut et toujours ! (ll va m jeter aar la chais-! an fon>l.)
LA MARQUISE
Mais c’est horrible!... Comment, parce qu’il a plu à un misérable de se jeter au milieu de notre bonheur, nous voilà enchaînés dans un cercle de fer, sans pouvoir en sortir ! nous voilà condamnés au désespoir, sans un moyen de nous défendre?
HENRI, se lerant.
Il y en a un, ma mère... mais il n’y en a qu’un !
ISABELLE
Lequel ?