LA MARQUISE, GEORGES
GEORGES, gaiement.
Eh bien I quelle est cette grande condition?
LA MARQUISE
Une simple mesure de prudence que prennent toutes \es illes sages! Vous aviez, je crois, formé le projet de de*
meurer avec votre mère, de la donner pour compagne à votre femme... Eh bien! nous vous demandons... ou plutOt la raison demande que vous renonciez à ce projet*
4>E0RGES, avecimeri.
Quitter ma mère !
LA MARaUISE.
Gomme tous les fils quittent la leur, comme AUce quittera la sienne !
GEORGES
Quitter ma mère 1 rompre cette douce vie où pendant vingt-cinq ans nous n'avons pas eu une pensée qui ne fût à deux !.., manquer à ma parole !... détruire le rêve de sa vieillesse !..« El pourquoi, grand Dieu !
LA MARQUISE, avec releoue.
Pourquoi ? Ne comprenez-vous pas, mon ami, que si Torgueil de la naissance est un préjugé, l'éducation n'en est pas un?
GEORGES
L'éducation?... Eh ! qu'importe que ma mère, en par« lant, offense la grammaire... (gaiement) presque autant que le faisaient vos aïeules, madame la marquise, si chacune de ses paroles est un mot de cœur, d'esprit ou de raison?...
LA MARQUISE
Hab...
GEORGES
Mais vous ne savez donc pas ce que c'est que ma mère pour moi ! Vous ne savez donc pas qu'elle m'a nourri de son âme comme de son lait ! Vous ne savez donc pas que si je vaux quelque chose... bien moins qu'elle sans doute, oh ! cent fois moins! chère et admirable femme!... mais enfin si je vaux quelque chose, c'est à elle seule que je le dois !... Et vous venez me proposer...
LA MARQUISE
Ce qui me coûte autant qu'à vous, croyez-le bien, mon ami ; mais songez qu'il s'agit du bonheur d'Alice; songez que chez une femme comme elle, il est des délicatesser exquises et faciles à blesser ; que le commerce habitue d'une personne de cœur, de mérite, sans aucun doute, mai
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