ACTE ï
ISABELLE^ Moriant.
Oh ! maintenant^ vous n'avez j^tis besoin de personne, vous êtes parfait...
SENRI.
Moqueuse !
ISABELLE
Mais alors vous étiez si fou! si ardent! si {acile à entraîner} :'
Et vous, vous étiez si noble... si touchante, quand vous nie disiez que la bravoure n'était que la moindre qualité d'un oflicier qui s'appelait de Urreaz, qu'il fallait m'instruire...
ISABELLE, gaicmeDt.
Et que nous lisions ensemble des pages entières de vos grands historiens militaires... dont je ne comprenais pa^ yn mot : César, Polybe. . . car j'ai lu du Polybe, moi !
HENRI
Et le jour où vous m'avez apporté la vie de notre héroïque aïeul donFirmin de Urreaz... et que vous m'avez dit... Voilà ce quM faut que vous soyez! Vous le compreniez celui-là... car il y avait dans votre voix, dans votre regarjj...
ISABELLE, t'arrèUDt.
Oh! c'est que... vous savez!... vous me répétez quelquefois en riant qu'on voit bien que je suis la fille d'un colonel... que j'ai Tàme vaillante!... C'est peut-être vrai!... Eh bien! celte âme, je jurai de l'employer à agrandir la vôtre... Cet amour, qui ne sera sans doute qu'une douleur pour moi, je jurai qu'il serait un bienfait pour vous... que je vous rendrais digne de cette famille qui me repousse... de ce monde qui ne sera pas le mien...
BENRI.
Oh ! j'ai versé souvent des larmes bien amères à cette pensée... mais au milieu de ma douleur, j'ai une consolation souveraine... c'est de me dire... que j'aurai fait pour vous... ce qu'aucune autre femme ne fera jamais;... que vous ne pourrez pas être heureux... admiré, illustre peut-être... sans vous dire... c'est à elle que je le dois!... Et le Jour où... une autre plus heureuse... ce jour-là... (Éclatant en pleurs.) Oh! mon ami, ce jour-là... plaignez la pauvre Isabelle... car elle sera bien à plaindre!...
lO LE PAMPHLET.
SCÈNK VI
HEiNRI, VIOLANTE, ISABELLE.
VIOLANTE, Tenant dn dehors.
MafiUe !... ma fille!...
ISABELLE
Qu'as-tu donc?
VIOLANTE
Une grande nouvelle î
ISABELLE
Laquelle ?
VIOLANTE
Voici la marquise de Urreaz !
Ma mère!
ISABELLE
Votre mère !
VIOLANTE
Je ne la précède que de quelques pas.
ISABELLE
Votre mère chez moi, Henri !
* HENRI
Ne craignez rien, Isabelle, je suis là !
ISABELLE
Mais pourquoi?... Dans quel but?... Elle que je n'ai jamais vue!... %
HENRI
Silence !... la voici ! (ll va an-devant de ta mère et lui ba!ae la main.)