‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 154 sur 312 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

môme si elle me Tavait permis, et toutes ces qualités négatives sufûraient à me rendre un être si extraordinaire qu'on dirait partout de moi : C'est un type!

MADAUE DELPIERRE, lui prenant la main.

Merci I

FERNAND, gaiement.

C'est que vous, mon oncle, vous êtes un peu original.

G LAVE L, riant.

En quoi donc, monsieur mon neveu?

D'abord, en neuf ans de voyages, avoir été quatre fols en Sibérie.

CLAVEL

Oh! cela, c'était un devoir! un devoir de cœur. Un do mes plus chers amis, envoyé en exil sur une dénonciation

(Uourement de madame Delpierre.) et y languissant depuis dix anS

sans savoir quand il en sortira, sans savoir qui l'a dénoncé... Jlais il me semble que vous le connaissez, madame, M. dé Ilarden... vous le rappelez-vous?

MADAME DELPIERRE, se contenant.

Je me le rappelle.

ferna:«d.

Et vous avez été en Sibérie pour lui?

GLAVEL.

Toutes les fois qu'on me l'a permis, j'ai été lui conduire sa vieille mère, c'est sa seule consolation.

FERNAND

C'est très-bien, je vous reconnais là, mon oncle! mais comment, depuis votre retour, et avec un cœur comme le votre, ne vous étesrvous pas marié?

34 UNB SÉPARATION.

GLAYEL.

Parce que je ne serais plus oncle^

MADAME DELPIERRE.

Plaisanter n'est pas répondre; pourquoi, jeune encore, ne vous mariez- vous pas?

G L A y £ L , sérieusement.

Pourquoi?... (Gaiement] Parce que je serais un trop bon mari!

MADAME DELPIERRE, riant.

Ohf oh!

^ GXrAVEL.

Oui, j*ai une manie : quand j'ai fait un serment, je le liens^ C'est ce qui m'a empêché d*êlre un homme politique.

MADAME DELPIERRE.

Mais, mari?...

GLAYEL.

Eh bien, si je m'étais marié, j'aurais juré de ne vivre que pour ma femme.

MADAME DELPIERRE.

Eh bien?

GLAYEL.

Eh bien, j'aurais tenu ma parole.

MADAME DELPIERRE, rianU

Eh bien?

GLAYEL.

Eh bien, si vous croyez que ce soit facile et commode avec certaines femmes, comme tout le monde en connatt !

MADAME DELPIERRE, gaiement.

N'écoute pa^, Fernand, n'écoute pas!

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