‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 157 sur 312 · ACTE DEUXIËMB · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIËMB

GLAVEL.

N'exagérez pas des injustices que tout cœur droit réprouve.

MADAME DELPIERRB.

Je n'exagère rien, je dis ce que j'ai vu : La place d'une femme séparée n'est pas dans le monde I Quand elle a cinquante ans... soit... mais jeune, tout la blesse ou tout la révolte ; s'entendre désigner tout bas quand on entre dans un salon, se sentir le point de mire de tous les regards, voir le monde se partager en deux classes : ceux qui vous évitent et ceux qui vous recherchent, et deviner plus do mépris dans l'empressement des uns que dans l'éloignement des autres...

GLAVEL, M réertant.

Du mépris !... Ah ! madame 1

MADAME DE LPIBRRiE, aT60dûal«iir eCamfTtame.

Est-ce que vous tous hommes, vous n'êtes pas convaincus qu'une femme séparée vous appartient de droit? Ne dites pas non I Môme iqnocentes, nous sommes toujours soupçon* nées ou suspectées ; même quand nous imposons l'estime, nous n'obtenons qu'à demi la considération. Une mère ne confie pas sa fille à une femme séparée... Un mari interdit à ^ femme l'amitié d'une femme séparée.. . Toujours la malignité nous prête une faute cachée, ou dans le passé ou dans io présent. Ma conduite est tracée ; quand on a cru devoir briser son mariage et le briser comme moi, pour toujours, on n!a qu'un parti à prendre : échappera la calomnie par la solitude!... Cest quelquefois dur... Ce petit salon a vu bien des larmes» bien des révoltes..* Raison de plus pour résister... Je n'irai pas à ce bal.

38 UNE SBPARATIOK.

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