ACTE DEUXIÈME
FERNAND
Oui; on me conduisait chez lui deux fois par semaine. Dès que j'arrivais, c'étaient des transports de joie et de ten*dresse dont une mère seule semble capable, mais chaque fois aussi, mon départ le jetait dans de véritables accès de rage!... Se voir mesurer ma présence, être forcé de compter ses embrassements; ne me voir arriver que pour me voir repaplir, lui était insupportable. Et un jour, dans un nM>ment de désespoir et de folie, il m'enlevai
GLAVEL.
Où vous emmena-t-il?
FERNAND
En Italie, en Allemagne^ changeant de nom pour mieux nous cacher; et celte fuite dura quatre ans.
CLAVEL
Quatre ans!
FERNAND
Oui, pendant quatre ans, ma pauvre mère resta seule au monde... ma grand'mère était morte un mois après mon départ ! Pendant quatre ans elle courut éperdue à travers la France jusqu'à ce qu'un hasard miraculeux me rendit à elle!... Eh bien, le croiriez-vous, quand j'étais avec mon père, je la regrettais, et maintenant que je euis avec elle, c'est lui que je regrette!... C'est affreux I c'est affreux!...
CLAVEL, areo affeetlOD.
Mon enfant!
FERNAND
Peut-être tous les jeunes gens de mon âge n'éprouveraientils pas ce que j'éprouve. (Arec joie.) Mais comment ne l'éprouveraient-iis pas?... Appartenir à ses parents par moitié!...
it UNE SEPARATION^
Ne savoir lequel des deux aimer... lequel on doit suivre! ne pouvoir pas même penser librement à eiul-..* Car penser à eax, c'estles juger 1 C'est se dire Tan a tort, l'antre a raison—
GLAVEL TiTement,
Gonoaissez-Yous la véritable cause de leur séparation?
FBRNAND«
Un motif de violence, dit le jugement, mais je n'y crois pas!... Il y a autre chose! Autre chose qui me tourmente... que je cherche, que je ne trouve pas I Et en attendant, cet affreux arrêt a son cours... Tiens, pore de famille, voilà ta part de ton fils!... Tiens, mère, voilà la tienne! et toi, enfant, débats-toi comme un supplicié entre ces deux tendresses implacables qui t'écartèlent!... Abl c'est le jugement de Salomon appliqué à une àmet
GLAVEL.
Silence ! Votre mère !