‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 186 sur 312 · ACTE TROISIÈME. n · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME. n

encore aujourd'hui ses qualités, mais c'est pour (ot; prie-la de vouloir bien fembrasser, cela te portera bonheur, (ta jeune

fllle penche son firont rert madame Delpierre qui l'embrasse avec une grande émotion.)

MADAMB DE BE BNON, à sa Ule.

Maintenant, va, fillette, laisse-nous causer. (la jeane aiie

s*éloigne et retourne Ters sa goaremante.)

IIADAUE DELPIERRE, bas & madame de Bemon en lui prenant

la main.

Que c'est bon, ce que lu as fait làl que c'est délicat! que c'est compatissant !

MADAME DE BERNON

Mais, Dieu me pardonne, tu pleures?

MADAME DELPIEERE.

Âhl c'est que j'ai compris.

MADAME DE BERNON, trèi-affectueusement.

Eh bien! si tu as compris, causons de toi. Pauvre chèro créature, je t'ai tant plainte, je suis si sûre que tu as eu tout à souffrir et rien à te reprocher.

MADAME DELPIERRE, arec une grande émotion.

Âh! l'estime! l'estime d'une femme de bien!

MADAME DE BERNON

La femme de bien, c^esttoi I Beau mérite à nous, créatures privilégiées, qui avons tous les bonheurs, de faire notre devoir; mais toi!... Voyons, où en es-tu de tes luttes! de tes épreuves!

MADAME DELPIBBBS.

Les gens malheureux sont superstitieux. Quand ils espèrent, ils n'osent pas le dire, ils craignent que cela ne leur porte malheur! mais avec toi...

MADAUB DS ftJSilXON.

Eh bieaf

MADAUe DfiLPIERRB.

Eh bien, depuis dix ans, voilà la première fois que j'ai un -peu confiance! Que je regarde l'avenir sans terreur! On a des pressentiments de joie, comme des pressentiments de chagrin, et quand tu t'es approchée et que tu m'as tendu la main, il m*a semblé que c'était le bonheur lui-mèffle qui venait à moi.

MADAMB DE BtflINON.

Ahl que je te retrouve bien telle que tu étais. Ah çàl tu me présenteras ton fils, tu me ramèneras à dîner demain.

MADAUE DBLPIBR-ltE.'

Très-volontiers.

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