ACTE PREMIER. B
toi?... ou moi ?... C'est moit... Voilà qui est sans réplique... (HoBirant Joseph.) RovenoDs à colui-ci, qui ccfles n'arrangera p^'^s ses affaires si je ne m'en mêle pas.
Comment, mademoiselle ?
MARTHE
Croyez- VOUS qu'on n'ait pas d'yeux? Vous aioiez beaucoup mon frère ?
JOSEPH, aroe élan.
Si je l'aime 1
MARTHE
Oui, oui, mais je m'imagine que ce n'est pas pour mon frère... que vous inventez dix fois par jour des prétextes pour monter ici... quand il n'y est pas.
JOSEPH, arec trouble.
Vous avez remarqué...?
MARTHE
Mon Dieu, oui! j'ai remarqué!... Olit l'affaire ne sera pas facile et demandera du temps! Suzanne est charmante... vous, vous n'éles pas laid, si vous voulez... mais enfin... vous n'êtes pas beau !
JOSEPH
Je le sais bien. «^
MARTHE
Vous êtes comme tous les hommes !
VILLENEUVE, & Joseph^.
Mais tu as ce que Suzanne, qui a voulu gagner sa dot ellemême, estime avant tout : du talent, et un bel avenir ! Les arts industriels n'étaient qu'un commerce autrefois... ils deviennent une des gloires de notre pays... Il faut que tu aies ta part^lans cette gloire-là ; il faut que tu sois tout ce que je n'ai pas pu être.
JOSEPH
Moi? '
« 1. Joseph, ViUeneuve, MarUio.
6 MISS SUZÀNNB.
VILLENEUVE
Le gculpteur sur bois d'aujourd'hui, instruit, poli, lettré, peut être un artiste autant qu'un artisan. L'artisan d'hier, privé comme moi d'éducation première, empêtre dans son ignorance et sa grossièreté...
409BPB«
Ne vous calomniez donc pas ainsi 1
VILLENEUVE
Je me juge ; il y a toujours en moi un vieux fond d'ouvrier, qui reste sous l'artiste.*. Tu ne sais donc pas qu'à trente ans je ne savais pas encore lire...
JOSEPH
Comment ?
MARTHE
C'est vrai. Il avait déjà des cheveux gris quand il a eu le courage d'aller à l'école ; je me rappelle ça...
JOSEPH
Mais comment se peut-il qu'un homme de votre intelligence...?
Comment?... comment?... Comment mon père a-t-il été forcé de tirer parti de moi à sept ans?... Comment, à dix, au lieu d'aller à l'école, m'a-t-il fallu mener les troupeaux au pacage pour gagner dix sous?... Comment, plus tard, ai-je dû prendre un état pour soutenir mes parents infirmes?... Le gain, toujours le gain!... car gagner, c'était manger... Le peu que je sais, le peu que je suis, il m'a fallu le conquérir tout $eul, pied à pied... à force de labeurs...
JOSEPH
Plaignez-vous donc après ce que vous êtes devenu.
MARTHE
Bien dit!
VILLENEUVE
Je m'en suis tiré, moi, parce que j'ai quelque énergie; mais combien d'êtres plus faibles périssent dans cette lutte 1... Coin-