‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 221 sur 312 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

EDITH

Elle fait, dit-elle, tout ce qui concerne son état ! . . . Depuis quatre mois donc, elle a été notre bonne fée à tous, elle a métamorphosé la maison. Ainsi, me voilà, moi ! J'étais inégale de caractère, ne sachant pas m^occuper..., fantasque..., enfant gâtée..., maussade...

LA COMTESSE

Ne dites donc pas de mal de mes amies, mademoiselle!

EDITH

- N'est-ce pas, maman, que c'est vrai?...

MADAME TAVBHNIER, souriant.

Il y a quelque chose, il y a quelque chose 1...

ÉDITE

Ëh bien, maintenant... pourquoi est-ce que je suis trèsgentille...?

MADAME TAVERNIER

Tu te rattrapes!... *

EDITH

£h bien, est-ce que ce n'est pas?... est-ce que je ne suis pai...?

MADAME TAVERNIBE.

Oui, oui, ma fille, tu es très-gentille!...

EDITH

Eh bien, qui a fait ce miracle?... Miss Suzanne. Elle m'a appris à m'intéresser à tout... Elle m'a donné le goût de l'élude... Yoilà maman...

LA COMTESSE

Votre maman aussi?...

BDJTH.

Maman s'ennuyait très-souvent.

LA COMTESSE

Hein!...

EDITH

Papa nous laissait si souvent seules!... Eh bien, miss Su-

«0 MIvSS SUZANNE.

zanne a donné à maman l'idée de fonder une école... un ou* vroir...

MADAME TAVBRNIER, souriant.

Et maman n'est plus ennuyée -ni ennuyeuse. II. y a quelque chose, il y a quelque chose!...

EDITH

Voilà papa...

LA COMTESSE

Votre père aussi?...

EDITH

Papa s'endormait tous les soirs.

Le colonel?

EDITH

Il ne veut pas en convenir; mais, l'autre soir, il ronflait si fort, qu'il a réveillé Pyrame. Eh bien, depuis que miss Suzanne vient quelquefois* passer la soirée avec nous, il ne dort plus..., il... ^

LA COMTESSE

Décidément, c'est donc une merveille! (on se lève^.]

MADAME TAVERNIER

Pas le moins du {npode I mais, ce qui est rare en France, et surtout chez les jeunes filles, elle a un caractère. Revenue seulement depuis un an d'Amérique, où elle a été élevée...

LA COMTESSE, sarprise.

Elle a été élevée en Amérique ?

EDITH

G^est pour cela que nous l'appelons miss Suzanne... C'est moi qui lui ai donné ce nom-là.

LA COMTESSE

Comment ôon père l'a-t-il envoyée si loin?...

MADAME TAVERNIER

Par nécessité. Pauvre et chargé alors de famille, il la confia

Page 1