‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 257 sur 312 · SUZANNE, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

SUZANNE, LA COMTESSE

SUZANNE, cherchant dans son sao.

Je Tai mise, je crois, dans ce sac.

LA COMTESSE, allaat résolument à elle.

Suzanne, il faut que vous voyiez mon filsl

SUZANNE

Je Tai vu !

Que vous lui parliez!...

SUZANNE

De la rue de Ponthieu?... Je Tai fait.

LA COMTESSE

Comment?... quand?...

SUZANNE

Hier... avant le spectacle 1 Nous étions seuls !.. j'ai abordé la question.

LA COMTESSE

Quoi I VOUS avez osé?...

SUZANNE

J'avais vu que vous le désiriez tant T.. .

LA COMTESSE

Mais quVt-il dit?

SUZANNE

Il a dit!... il a dit!... II a commencé par bondir sur sa chaise; mais enfin, il m'a promis!...

LA COMTESSE, areo an eri.

Promis?... quoi?... Gomment vous y êtes-vous prise?...

SUZANNE

Oh! bien doucement d'abord et de bien loin!... Quoique je ne sois point 'craintive, j'avais un peu peur!... d'autant plus que ce que j'avais à obtenir de lui était un mystère pour moi... puisque vous n'avez pas voulu m'expliquer...

LA COMTESSE

Je vous Texpliqueraî, continuez!

SUZANNE

J'ai donc commencé par le remercier de tout ce qu'il a fait pour moi ou à ma prière!... je lui ai fait de grands compliments sur son humeur moins sombre... Alors, l'expression de son visage m'enhardissant, poussée par ma propre émotion... par votre souvenir... je lui dis : « Ëb bien, monsieur Paul, jai un nouveau sacriûce à vous demander... — Lequel?... — Ma prière va peut-être vous paraître indiscrète, mais elle ne sort pas seulement de ma bouche... C'est votre mère qui parle avec moi. Promettèz-moi de' ne plus aller rue de Ponthieu. » Â ce mot, il se leva avec une violence qui m'effraya, il devint tout pâle... Puis, d'une voix tremblante: « Rue de Ponthieu! c'est vous qui me parlez de.la rue de Ponthieu! — Ne m'interrompez pas, lui ai-je dit; car j'ignore moi-même ce que je vous demande; mais ce que je sais... c'est que j'ai vu pleurer votre mère, et que, si vous me faites cette promesse, votre mère et moi, nous vous bénirons. » Il a gardé un moment le silence... une grande agitation se montrait sur ses traits; puis il m'a pris la main et m'a dit : a Vous êtes un ange! » Il me semble que cela voulait dire oui.

LA COMTESSE, l'embrassant aTae effusion.

Oh! que je vous aime!...

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