SCÈNE IV GUILLEN, ISABELLE
ISABELLE
Veuillez ra'expliquer, monsieur...
GUILLEN^ TiTement.
Eh bien! c'est donc vrai? la présentation a donc lieu ce soir? Ah ! quand j'ai appris cette nouvelle, je n'ai pas pu y résister, je me suis dit: Il faut que je la voie au moins une fois!... Donnezmoi votre main, que je la presse!...
ISABELLE
Mais, monsieur....
GUILLEN
Laissez- VOUS donc faire, que diable ! je n'ai déjà pas tant de bonheur dans ce monde !
ISABELLE
Mais, qui êtes-vous, monsieur ?... votre nom ?
Au fait, c'est vrai, vous ne m'avez jamais vu. Ce n'est pas ma faute, c'est celle de Henri ! il prétendait que les regards d'un tri> pie diable comme moi souilleraient un ange comme vous !
ISABELLE
Henri!
GUILLEN
Il avait tort.... c'est plutôt l'ange qui aurait séduit le diable!
ISABELLE
Henri?... Quoi! vous seriez?...
GUILLEN
Précisément ! le seigneur sans seigneurie, l'aventurier sans aventures, l'héritier sans héritage, le don Quichotte sans Dulcinée.... un extravagant, un bandit, un vaurien, et peut-être un quart de héros.... don Guillen de Azagra!
30 LR P\Mi>ni.ET.
ISABELLE^ avic eiïmkt».
Vous?... que je suis lieureuse! je puis vous remercier.
GUILLEN
De quoi? ♦ *
ISÀBCtLË.
Et ce que vous ftvez dit à la mère de Heiu-i?... et l'offre que vous avait faite votre oncle le commandeur?...
De payer mes dettes?... n'en croyez rien. Oh! le tieux ladre l il savait bien ce qu'il faisait^ il ne me Ta proposé que parce qu'il était sûr que je refuserais.
ISABELLE
Et votre dévouement pour moi?
GUILLEN
Ah ! cela^ c'est vrai^ je vous aime!... je pleure quand Henri me lit vos lettres.... ma parole d'honneur! je pleure.... et cela me fait plaisir^ parce que je me dis : Je ne suis donc pas si mauvais qu'iû le prétendent tou3.... puisque j'ai des larmes pour ce qui est si pur !
, ISABELLE^ loi tendant la main.
Ah! don Guillen!
GUILLEN, Jaln) prcnaDt.
Eli bien! quand je vous disais tout à l'heure que ce n'était pas la peine de la retirer!... Ah ça! parlons de ma visite.... car ç'^st probablement la première et la dernière que je vous ferai.,..
ISABELLE
Comment? est-ce que vous partez ?
guille;<.
Oui> comme you$ dites^ je pars.... je m'i^wbstrque.
ISABELLE
Ce voyage est-il long ?
guillen.
Oui, oui, assez long ! Il y a des gens qui disent qu'on en revient. . . mais c'est rare!
C'est donc par delà les mers?... En Amérique, peut-être