‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 261 sur 312 · ACTE DEUXIÈME. 5a · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME. 5a

MADAME TA^YEBNIER.

La passion, si loin, c'est très-fatigant! j'avais une peur qu'il ne se fit mal ! je ne rêvais que pleurésie, chutes de cheval ! — il devient très-lourd à cheval, — puis surtout le ridicule!... L'idée qu'il était un objet de risée... Mais, maintenant que je vous emmène, je ne crains plus rien.

SUZANNE

Comment?

MADAME TAVERNIER

Sans doute! amoureux à domicile d'une aimable fille qui ne' se moquera pas trop de lui, n'est-ce pas? tout est bénéûce.

SUZANNE, riant.

Pour lui, peut-être... mais moi...

MADAME TAVERNIER

Tous? qu'estr-ce que cela vous fait?

SUZANNE

Comment! qu^est-ce que cela me fait?

MADAME TAVERNIER

Je vous défendrai!... Puis il n'est pas dangereux, allez! Il vous comparera à une rose, il vous appellera cruelle.

SUZANNE

Je vous jure qu'il m'est impossible...

MADAME TAVERNIER

Je ne vous demande que quelques jours de patience... Voile les brouillards .qui arrivent... il va avoir son accès de goutte, et, quand il a la goutte, il n'aime que moi 1 Ainsi, c'est convenu, vous viendrez?

SUZANNE

Mais on n'a jamais demandé à une femme...

MADAME TAVERNIER

Précisément I II y en a tant qui le font sans qu'on le leur demande, vous pouvez bien le faire quand on vous en prie I Et puis vous êtes si utile à Edith I

SUZANNE

Ohl VOUS me prenez par mon faible!

MADAME TAVERNIBR, rembrauaBt

Je le sais bienl... Voyez-vous! nous autres mères, nous sommes toutes des Talleyrand... Allons, vous acceptez I... vous êtes gentille 1... merci! merci!...

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