ACTE TROISIÈME
sabro. Et, quand je demandai... quand j'obtins de venir ici acquitter ma dette, je me présentai en irrésistible.
SUZANNE, arec di^ité.
Monsieur de Brignollesl...
PAUL
Ne me reprochez pas de vous avoir ainsi calomniée, car mon erreur, à mesure qu'elle se dissipa... vint ajouter à ma tendresse tous les charmes de la surprise... Vous ne pouvez pas savoir Teffet que produisit sur moi ce mélange d'un esprit orné, d'une âme sans fard, et da ce caractère gaiement énergique, qui est le propre des êtres qui font leur vie eux-mêmes. Alors, chère Suzanne, je vous aimai pour votre origine, je vous aimai pour vous avoir méconnue, je vous aim^i parce que vous m'aviez sauvé.
SUZANNE
Moil
Une seul regard de vous fit ce miracle! Ce que Ton éprouve en passant tout à coup d*un cloaque ténébreux dans un pays tout illuminé de la clarté du soleil... je l'éprouvai, moi, en sortant d'un cœur vil et corrompu, pour pénétrer dans le vôtre... Oui, je passai avec ravissement du plus affreux de tous les supplices... le supplice d'aimer ce que l'on méprise... à la plus pure de toutes les ivresses... la joie de respecter ce que Ton aime.
SUZANNE, h Marthe.
Entends-tu? en:ends-tu?
MARTHE
Oui, j'entends! mais la fin? le dénoûmcnt? (APaai.) Votre mère?
PAUL
Ma mèrel... ella va venir, n'est-ce pas?
SUZANNE
Oui.
PAUL
Eh bien... c'est moi qui la recevrai... et je Vais lui demander son consentement à notre mariage.
8UZANNB.
Quoi?
MàETHB.
Heinl... là, toat d» suite!... (a part.) Je n'y comprends plus rien!...
suzanub.
Une voiture!
PAUL
C'est elle! Laissez-nous I
8UZANNB.
Marthe !
MARTHE
Eh bien, oui! c'est un brave garçon..., j'en conviens... Mais la fin?
PAUL
Je l'entends... Allez et fiez-vous à moi. (EUes sortent tootM deu
par la faaehe.')