‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 283 sur 312 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ce que vous suivez et ce qy;e ypus désirez comme moi... (Areo simplicité.) Ma mère, j'aime Suzanne et je vous I^ demande pour femme I

LA COMTESSE, se lerant viTement.

Suzanne?... Tu es fou I

'PAUL

Gomment?

LA COMTESSE

La fille d'un ouvrier I

PAUL

D'un artistel d'un artiste supérieur I

LA COMTESSE

SoitI D'un artiste qui a un établi!

PAUL

^lais. .

LA C0MTE9$E^ se remettant. •

' Voyons, calmons-nous. (Elle s'assied et fait signe & son fUs de s*ass60ir

aussi.) Mon fils, JQ s^is çe que vaut Çuzaniie, je sais ce que je lui dois... je l'estime... je l'aime... et, pour qu'elle soit heureuse, je svLis résolue à tout faire, toujtt... exceptié le sacrjOce de ce qui m'est plus cher et plus sacré que la vie... ton bonheur et mon devoir.

' PAUL

Votre devoir?

'la COMTESSE.

Tu le sais, la mémoire de ton père préside à toutes mes actions; cette chère saémoire, c'est ma conscience... Eh bien, s'il vivait, que ferait-il? I) te renierait plutôt que de consentir à ce mariage. Il te répondrait que de telles unions n'amènent jamais qu'humiliations et douleurs... Voilà ma règle 1... Et c'est ton père qui parle quand* je te dis : Jamais je ne nommerai Suzanne ma fille.

PAUL

Pourquoi donc alors l'avoir rapprochée de moi, de vous?

LA COMTESSE, arM as peu d^embarras.

Pourquoi ? Parce que je la trouvais charmante de grâces, de talents... parce que son aide m'était précieuse.

PAUL

Mais quand vous avez vu mon amour pour elle?...

LA COMTESSE

Comment m* effrayer? Je te savais follement épris d'une autre femme.

PAUL

Mais quand vous Tavez vue, elle, s'attachera moi?

Comment le croire? Je la savais presque fiancée à M. Joseph Dupont.

PAUL, se levant *.

Non 1 non ! ce n'est pas possible 1 Vous êtes femme... vous êtes mère... vos yeux n'ont pas pu se fermer à l'évidence! vous avez dû lire dans notre cœur.

LA COMTESSE, le lerant arec explosion.

Et oublies-tu donc ce qui se passait dans le mien?... Oubliestu que j'étais folle d'angoisse et de douleur l... Âh ! je te le jure, et Dieu m'en est témoin, il n'y eut en moi, quand je rencontrai Suzanne, ni calcul ni préméditation ! Et si, plus tard, quelque chose de ce que tu me dis m'apparut...

PAUL

Eh bien?

LA COMTESSE

Eh bien, je repoussai ce soupçon comme injurieux pour Suzanne!... Je me réfugiai dans l'estime même que j'avais pour elle. Je me dis qu'elle comprendrait bien qu'ellene pouvait t'aimer... je me dis que, toi-même, tu ne faisais que céder à un charme passager... et que... ou plutôt, je ne me dis rien ! Je ne vis rien que toi!... ton danger!... Tu étais tombé dans un abîme!... Je trouvais un moyen de t'en tirer, je m'y attachai en

] . La comtesse, Paul.

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