ACTE TROISIÈME
aveugle, en désespérée. Accable-moi donc si tu en as le courage, quand je n'ai rien fait que pour te sauver.
PAUL
Me sauver!... Et si vous Faviez perdue?
LA COMTESSE
Oh! je la connaissais trop pouf le craindre.
PAUL
Si elle avait failli pourtant, que feriez- vous?
LA COMTESSE
e m* interroge pas.
PAUL
Si je venais vous dire aujourd'hui : « Elle est déshonorée... et déshonorée par votre faute ! »
LA COMTESSE
Oh! alors!...
PAUL
Vous consentiriez?... (Avec force.) Et vous la repoussez, parce qu'elle est restée pure.
LA COMTESSE
Eh bien, oui I c'est inique I c'est égoïste ! égoïste et inique comme la passion I... Mais ce même amour pour toi qui a fait mon imprudence, m'en rend la réparation impossible! Si je cédais aujourd'hui, demain tu me maudirais ! J'aime mieux être coupable et que tu ne sois pas malheureux ! (eua s'assied.)
PAUL
Mais savèz-vous le mot qui, hier au soir, à l'Opéra, est sorti de la bouche de cette femme quand elle vous a vue passer avec Suzanne?... « Quelle bonne méire, a-t-elle dit, elle fait monter dans sa -voiture la maîtresse de son fils. »
LA COMTESSE, avec ao cri de terreur.
Elle a dit cela!...
PAUL
Refuserez-vous encore d'accepter pour fille celle dont l'honneur a été compromis par vous ?
LA COMTESSE
Maïs c*est ton malheur que tu me demandes.
PAUL
Non ! c^est votre justification I
LA COMTESSE
Assez I assez !... tu le veux, tu m*y forces par tes implacables reproches?... Eh bien, soitl... je la réparerai,' ma faute... Tu peux épouser Suzanne... épouse-la !
PAUL
Ciel!
LA COMTESSE
Tu veux mon consentement?... Je te le donne.
PAUL
Votre accent m'effrave!
Mais cette moitié de mon devoir reiyplie, je n'oublierai pas qu'il m'en reste une autre. Je n'oublierai pas que, s*il ne m'est plus permis de m'oppôser à ce que je regarde' ^comme tôn'malheur, je ne dois pas du moins le laisser s^accomplii^ sanà uoe protestation morale. * *
PAUL, avec avgofsse.
Que ferîez-vous donc, grand Dieu?
LA COMTESSE
Je n'ai de fortune que cette part de majorât que tu n^e donnes... Sans toi, je serais pauvre, et j'étais heureuse d'être riche par toi I... Mais, si tu contractes un mariage que toq père maudirait... si tu épouses Suzanne, je refuse tes dons... Choisis entre elle -et moil .' . :•
PAUL
Ah ! ce serait sans pitié ! m'enchafner en me laissant libre I me donner votre consentement et mè forcer à le refuser !... Estce bien là votre volonté immuable ?
LA COMTESSE
Immuable ! comme ma tendresse pour toi...