‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 42 sur 312 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

CLAVIJO, leul.

Le cœur me bat!... Ses paroles m'ont troublé jusqu'au fond de l'âme.., et j'ai failli lui dire : (Tirant une lettre.) Prenez cette lettre!... Que prouve-t-elle cette lettre?... L'innocence de son père?. . Oui, pour des niais!... Quand on veut trahir, la première chose qu'on fait, c'est d'écrire: Je ne trahirai pas!... D'ailleurs, n'a-t-il pas brisé ma vie, lui aussi? Ne m'a-t-il pas déshonoré, chassé? («lem».) Gomme cette jeune fille pleurait!... Puis après, quelle énergie dans ses anathèmes!... C'est affreux cependant d'être exécré ainsi! {mettant u main sur coD coHir.) Si là, 4fi Hioins, j'étals heureux! Que dans la rue un homme qui est mon obligé me tende la main. .. il regarde autour de lui pour voir si on ne le voit pas. Le ^oir surtout, le soir, quand je rentre, et que, là, tout seul, je me rappelle tous les mépris dont je suis l'objet... oh! alors, ma raaladie.de haine me prend, et, en vérité, je ferais pitié à mes plus cruels ennemis ! (sii«uce.) Si jere^ nonçais à cette vie-là? La vieillesse accourt... comme je ser^ triste quand je serai vieux I (siie'nce.) Parfois, lorsque je rencontre un de ces hommes de bien, dont la plume a toujours été pure et généreuse, j'éprouve à sa vue je ne sais quel sentiment de honte et d'envie. Comme on le salue avec respect î comme les regards, en s'attachant sur lui, sont pénétrés de sympathie et d'estime!...

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