‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 85 sur 312 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LA MARQUISE

VftBI qui est plus fort. (EUe s'assied sor le jan«p^, \ c«icbt.)

MADAME GEORGES

Une suiprîse que mon fils veut me ménager I

Comme ma belle-sœur.

MADAME GEORGES

Il m*a seulement écrit que je serais contente t contente sduligné, à ce qu'on m'a dit. Mais n'importe ! elle aura beau être charmante et belle... et riche... et avoir par-dessus le marché son cœur de ^ingt ans, je la défie bien de l'aimer autant que je l'aime... et elle aura bien de la peine à être aimée autant que je le suis !

LA MARQUISE

Votre fils vous aime à ce point ?

MADAME GEORGES

Songez donc que pendant dix-huit ans nous ne nous sommes pas quittés un jour, et que maintenant nous ne nous quitterons plus!

LA MARQUISE

Mais pourtant !. • . s'il se marie ?

MADAME GEORGES

OuMmporte?... je vends ma ferme pour aller demeurer avec lui ! J'ai là mon contrat de vente... je le signe aujourd'hui... Il me Ta fait jurer! nous ne nous séparerons jamais!... Il y a entre nous tant de liens de souffrances, de privations!...

LA MARQUISE

De privations?... N'avez-vous pas toujours été riches?

MADAME GEORGES

Riches !... nous avons connu la faim, madame.

Comment, alors, avez-vous pu l'élever?

MADAME GEORGES

Oh! les commencements ont été bien durs! .. (S'tsseysot penser.) Et lorsque je me rappelle ce temps-là !. .. (S'aper- 1 qu'eOe €st assise et lé relèvent) Quand je VOUS disais que j'aU

-^'asseçirl

LA MARQUISE, lafaisaniraiMoir.

Hé bien! où est le mal?

MADAME GEORGES

Au fait!... vous avez raison! Ce sera une occasion de parler de lui... (Elle s'assied.) Je m'établis d'abord avec un panier de fruits sur les marches du collège de Montpellier... il me semblait, que des marches de collège, ça devait savoir un peu de latin ! Je vendais aux enfants... lui, il essayait d e se rendre utile à tout le monde, et quand, le soir, il revenait tout pâle de fatigue et que je me mettais à pleurer... Ne pleure pas, mère, me disait-il, je serai un jour professeur dans la classe que je balaye aujourd'hui.

LA MARQUISE

Brave enfant !

MADAME GEORGES

Peu à peu, en eiïet, sa gentillesse... il était si gentil!, le rendit Tenfant gâté de tout le collège... £t un jour, le proviseur passant près de nous, sourit... l'embrasse... et lui demande son nom. Mon petit homme ne perd pas la tète, et avec cette voix d'argent qui vous remue le cœur malgré vous... il lui répond... Georges Bernard, qui voudrait bien apprendre t

LA MARQUISE, vivement.

Georges Bernard!... Quoi!... votre fils est M. Georges Bernard!...

MADAME GEORGES

Vous le connaissez?...

LA MARQUISE

Oui!

MADAME GEORGES

Vous l'avez vu? vous lui avez parlé ?

LA MARQUISE

Oui!

MADAME GEORGES

Eh bien ! avouez qu'il est. . . Mais non ! vous ne le connaissez pas!... Que savez-vous de lui?... Qu'il est beauqu'il est aimable... qu'il est décoré... qu'il a du talent qu'il sera illustre et peut-être ministre un jour. . . Eh bien'

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