ACTE II
mais tu m'avais dit de me calmer... je me suis calmée... Et d'une fois!... Quelques instants après, je les entends tous qui s'écrient qu'ils ne reconnaîtront jamais pour leur parent la fils d'une marchande... Marchande!... marchande!... Eh !... <{ue sont-ils donc, eux?... Est-ce que le duc ne vend pas ses bois?... Est-ce que le baron ne vend pas ses blés?... £st-ce que la marquise ne vend pas ses bestiaux?... Et à quel prix? je le sais^ moi! Oh! la belle occasion de leur répondre. (Mouvement de Georges.) Mais tu m'avais dit de me calmer, je me suis calmée... Et de deux ! Mais qu'est-ce que je ▼ieos d'apprendre... là... à l'instant... de la bouche môme du vieux marquis de Rouillé ! . . . '
GEORGES
Mais entends-moi !
MADAME GEORGES
Oh ! ce marquis! en voilà un que j'aimerai longtemps,... car je ne l'aime pas beaucoup à la fois...
GEORGES
C'est pourtant un homme de mérite... il a fait un livre !..
MADAME GEORGES
Que m'importent son livre et son mérite ! Sais-tu ce qu'il m'a appris?... Que ton mariage est rompu! Ohl pour le coup... c'est trop fort... et je ne me connais plus !... Destituer un mari comme celui-là ! avec des yeux comme cela !... une bouche comme cela !... une taille comme cela !... Mais qu'ils m'eû trouvent donc un pareil dans toute leur
noblesse ! . . . (MouTement de Georges qui sourit.) Non ! . . . VOis-tU,
cela m'exaspère!... cela m'humilie!... Ils parlent toujours de leur race!... leur race!... leur race!... Eh! qu'ils la croisent leur race ! Que diable !... je m'y connais !... c'est le seul moyen d'avoir de beaux produits !
GEORGES
Hais, encore une fois, écoute-moi donc !... Qu'importe que tonte cette noblesse me repousse, si elle... elle, Alice, eUe le Justifie, et m'accepte?...
MADAME GEORGES
Que dis-tu t. .
5s pak droit de gonqoêtk.
GEOAGBS.
Ce que j*ose à peine dire, ce que je n'ose pas croirai mais ce qui va se décider dans ce moment.
MADAME GEORGES
'Comment?...
GEORGES
Je Tattends ! elle va venir ! elle va tout apprendre de ma bouche... Oh ! le coup sera terrible !... Le culte de toute sa vie, Torgueil de toute sa famille s'élèyeront contre moi!... Si je triomphais cependant I... si son amour était plus fort que ses souvenirs... que sa fierté... son orgueil!... Ah! tiens, mère, ne le désire pas trop I car à cette pensée ma vue se trouble... mon cœur cesse de battre! Oh! mon Dieu! comme je Taime!...
MADAME GEORGES
Cher enfant !
Tais^toi !... je Tentends I
MADAME GEORGES
Oh ! laisse-moi la voir... (Elle passe ï gauche.)
GEORGES
C*estelle!...
MADAME GEORGES
Oh! la belle fille !... Elle est presque aussi bien que toi l.«. Allons, ferme^ du courage! Rappelle-toi qui tu es.
Elle sort par le fond.