‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 96 sur 312 · ACTE It · texte numérisé non relu

ACTE It

Totre voix tendre et tourner maintenant vers moi desyenx, des yeux bien doux... Tout à l'heure, quand je suis entrée... TOUS avez détourné la tète... (Ane gentuiesaa.) Est-ce que ma toilette ne TOUS plattpas?... Est-c^ que vous m*aimeriez mieux avec une autre coiffure ?... Dites-le moi bien vite pour que j'aille la changer tout de suite.

GEORGES, sérieusement.

Alice, J ai quelques paroles sérieuses à vous dire ; mais, pour cela, j*ai besoin de force et de courage, et, si vous voulez m*en laisser un peu... je vous en prie, ne me mon* Irez pas tant de grâce de caractère, tant de charme...

ALICE, gaiement.

Vous avez peur que je ne dépense tout aujourd'hui et qu'il ne m'en reste plus pour mon ménage!... Rassurez* vous... ma grâce, comme vous dites, ne ressemblera pas à cette belle robe de fête> ce sera mon costume de tous les jours. . . (Vf^ut que GeorgM retta pensif.) Eh bien. . • cela ne vous rassure pas?...

GEORGES, toi^onn pensif .

Si !... si!...

ALICE

Non, monsieur !.. . Oh ! vous ne pouvez pas me tromper... on voit tout dans les regards de ceux qu'on aime, la joie comme la peine... la peine surtout, ce me semble, et je crois apercevoir des larmes dans vos yeux?...

GEORGES

Vous croyez?...

ALICE

J'en suis sûre !... Dites, pourquoi ètes-vous triste quand je suis gaie?... (Pim ^vement.) C'est peut-être parce que je suis gaie ; vous m'en voulez de ne pas paraître plus sérieuse cm jour comme celui-ci ? Ce n'est pas ma faute, j'ai fait tout ce que je pouvais pour être inquiète, je n'ai pas pu...

GEORGES, y

Oh ! Alice, chère ÂUce !... pardonnez-moi mes angoisses souffrance.

ALICE

IV la souffrance?... Puis-je la dissiper?

GEORGES

Cuit...

ALICE

Quelle est-elle t

6E0RGE9.

Vous allez sourire, peut-être... Je souffre, parce que je doute de tous, parce que je crains que vous ne m'aimiez pas comme je vous aime.

ALICE

Il m*a fait une peur!... Ah ! voilà ce qui vous trouble la tête, monsieur...

GEORGES

C'est peut-être insensé ; mais, quand on aime comme moi, tout épouvante, on est jaloux de tout. Ce que j'adore en vous, moi... c'est vous-même... c'est vous seule... tandis que vous... Tenez... j'ai appris ce matin une rupture de mariage qui m'efiraie.

Laquelle?...

GEORGES

Vous connaissez mademoiselle Hélène de Kerdrogucn, qui semblait si fière de son fîancé ?...

ALICE

Eh bien?...

GEORGES

Aujourd'hui, elle le refuse.

ALICE

Pourquoi?

GEORGES, Tobservant.

Parce qu'il n'est pas, comme elle le croyait, le baron de Vilcreuse, mais un simple ingénieur !

A LICE y avoc surprise.

Un ingénieur?...

GEORGES, à part.

Quel accent ?. . . (Haut.) Vous approuvez donc celle rupture ?

ALICE, naïvement.

Sans doute I on ne peut pas épouser quelqu'un qui n'es pas de votre classe.

Page 1