‹ Le pamphlet: comédie en deux actes, en proseChapitre 97 sur 312 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

GEORGES

Vous aussi? .. Vous tenez donc à un vain titre ?..*

ALICE , naïvement.

Si j'y tiens !... J'y tiens comme à ma foi... comme à mes devoirs... comme vous devez y tenir vous-même, mon ami,

tous qui portez si bien un beau nom I... (Mouvement de Georges./

Ne m'accusez pas de vanité, mon ami, je sens que c'est de l'honneur. Si une jeune fille noble est trop pauvre pour se marier, hé bien, elle reste vieille fille, elle se fait religieuse ; elle vit, s'il le faut, dans la pauvreté et dans l'abandon, mais elle ne se mésallie pas !

GEORGES , après un moment de silonco et se rapprochant d*eUe.

Même si elle est aimée comme vous, chère Alice?...

ALICE y troublée.

Gomme moi..«

GEORGES, avec tendresse.

Même... si elle aime ?...

ALICE , émue.

Si elle aime...

GEORGES

Si elle aime comme tous m'avez aimé... ua jour?...

ALICE, souriant.

Un jour?... Ah ! je vous ai aimé... un jour... Et lequel, s'il vous plaît ?

GEORGES

Le 40 septembre, à Bagnércs.Yous Tavcz oublié,vous!...

ALICE, souriant.

C*est probable!... Pourtant, en cherchant bien, en me rappelant toutes nos excursions, celle du port de Vénasque, par exemple...

GEORGES

Quoi!... vous vous rappelez...

ALICE

Tout!...

GEORGES

ac, saisis d'émotion à l'aspect de ce magnifique spec» '. nous tombâmes tous deux ù genoux en silence?...

6j: PAft OAOIT D£ CONUOËTË

ALICE

Oui...

GEORGES

Que, tout éperdu, je me précipitai sur votre main en la couvrant de baisers et de larmes?...

ALICE

Oui! ouil...

GEORGES

Eh bien, si à ce moment, changeant tout à coup de lao'* gage, je vous avais dit : Alice , je suis toujours Thomme d'honneur que vous avez choisi; mais votre classe n'est pas la mienne, ma naissance n'égale pas la vôtre... je ne suis pas If. de Gemay, je ne suis que Georges, rien que Georges... qu'auriez-vous fait?...

ALICE, avec temor.

Moi!...

GEORGES

Oui! répondez!... Qu'auriez-vous fait?..*

ALICE

Taisez-vous ! . . . ne m'interrogez pas !• ..

GEORGES

Je veux vous interroger : il le faut, je le dois !...

ALICE

Ah ! vous êtes cruel, mon ami ! Pourquoi me torturer par un malheur fictif? Pourquoi livrer mon âme à ces combats imaginaires entre le devoir et la tendresse?...

Je vous Tai dit I Parce que je veux savoir si vous m*aimez comme je vous aime, pour moi-même... pour moi seul !... Dites donc!... dites !... Si j'étais Vilcreuse et si vous étiez Hélène, et que vous me vissiez là devant vous , suppliant et pleurant écouteriez-vous votre cœur ou votre orgueil? Seriez-vous touchée de cette voix que naguère vous aimiez tant, disiez- vous ou bien, insensible à mon a(^sespc'~ mexorable à mes prières, me repousseriez-vous en disant; J«; ne vous connais plus, vous n'êtes rien p( moi I

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