‹ Le panache d'Henri IV, ou les phalanges royales de 1815Chapitre 15 sur 28 · RENDUS · texte numérisé non relu

RENDUS

Au Marquis de LA ROCHE-JAQUELEIN (Louis),

Général en chef des Armées Vendéennes, mort au combat des Ma Us , entre les deux marais , le 4 juin 181 5.

Que sa mort, que vous déplorez, vous serve à la fois de consola lioa et d'exemple.

Bossuet.

Les dépouilles mortelles de La Roche-Jaquelein ont été rendues an tombeau de ses pères.

Le 8 février 1816 , le bruit du canon et celui des cloches retentirent dans toute la Vendée, et annoncèrent que ces restes précieux allaient être exhumés.

La population entière se leva , et se porta au bourg du Perrier : soldats , vieillards, femmes , enfans , tous voulurent payer un dernier tribut à celui qui les gnida et les défendit : chaque Vendéen voulait participer a cette fête de la douleur.

Le cercueil fut placé sur une barque , et côtoya le marais, suivi de deux cents canots.

(Si6)

Jamais pompe funèbre ne fut plus digne de celui qui en était l'objet ; les apprêts n'en furent point

ordonnés Mais le sentiment guida les Vendéens;

ils accoururent de partout. L'éloignement , la difficulté des chemins n'arrêtèrent point leur élan : de distance en distance le cortège se grossissait, et chaque paroisse ambitionnait l'honneur de porter tour atour son général vers son dernier asile

Un silence profond fut observé pendant cette marche religieuse; le respect contenait l'expression de la douleur; mais lorsqu'on fut parvenu a la vue de Croix - de -Vie , elle franchit toutes les bornes, elle éc!ata avec explosion.... Les Vendéens se frappaient la poitrine , s'arrachaient les cheveux , déchiraient leurs vêtemens. Ce lieu qui, quelques mois auparavant, retentissait des transports et de l'ivresse excités par la présence de l'intrépide général des Vendéens, ne retentit plus alors que de leurs sanglots déchirans !

Les bâliraens arborèrent le pavilloo noir dans les ports de Saint-Gilles et de Croix-de-Vic, et ce signe de deuil n'était qu'une faible image de celui de la Vendée!....

Le vénérable pasteur de Saint- Hilaire- de -Rie voulut en vain prononcer un discours: ses larmes

étouffèrent sa voix, et celles des Vendéens y répondirent.

Les autorités civiles et militaires de Bourbon- Vendée sortirent de la ville, et reçurent le cortège, qui fut conduit a l'église , où l'on avait dressé un catafalque.

Le comte Duchaffâut*, parent de La Roche-Jaquelein, lui rendit les derniers honneurs.,.. Voué maintenant au culte du Seigneur, dont il défendit les autels dans les premières guerres vendéennes, on voyait briller dans ses mains et sur son cœur les signes révérés de la valeur et de la foi.

La famille de La Roche-Jaquelein se faisait remarquer par sa morne affliction.... Les sanglots et les signes du désespoir retentissaient autour d'elle; elle seule paraissait calme ; les yeux des sœurs et de la nièce du héros étaient secs.... Il n'est point de larmes pour un semblable malheur!....

Un dernier Hommage était dû au guerrier chrétien.... L'infortune devait être secourue en son nom

* Le comte Duchaffâut, chevalier de Saint- Louis, a perdu son gendre et ses deux fils dans les guerres de la Vendée j il fut ordonnë prêtre en i8o3, et dessert aujourd'hui la succursale de la GuyeDiêre, à Bourbon- Vendée.

Tous les Vendéens contribuèrent a la quête qui se fit:

Le dénûment de quelques-uns rendait leur offrande bien précieuse; et leurs regards humides, dirigés sur le cercueil de leur général, indiquaient assez que c'était un dernier tribut payé à ses vertus.

La tombe renferme les restes mortels du héros, le temps va les dévorer $ mais son souvenir est immor* tel : il se perpétuera d'âge en âge dans les cœurs des

NOTES

ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

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