‹ Le panache d'Henri IV, ou les phalanges royales de 1815Chapitre 16 sur 28 · DE L'ARMÉE ROYALE DE LA BRETAGNE · texte numérisé non relu

DE L'ARMÉE ROYALE DE LA BRETAGNE

D eux pièces suffiront pour prouver que l'armée royale de la

Bretagne , après avoir combat la pour la défense du trône, sut

encore relever l'honneur de la Nation, en garantissant celte province d'une invasion étrangère, et obtenir, par son courage et la fermeté de ses chefs, l'estime et l'admiration desTuissanCes alliées.

Lettre de Son Exc. le Général Tauent&ien, commandant en chef le sixième Corps prussien y à Rennes 9 à Al. le Général de Sol de Grisolle, commandant en chef les Armées Royales de la Bretagne.

Monsieur le Général ,

Oest avec empressement que j'ai l'honneur de répondre a la lettre que vous avez bien voulu m'adresser, en date d'aujourd'hui.

La demande que vous m'avea faite, M. le Général ,

de ne pas faire pénétrer les troupes sous mes ordres dans les cantonnemens occupés par l'Armée Royale en Bretagne, est trop juste pour que je ne doive y consentir avec beaucoup de plaisir.

Les services que ladite Armée a si glorieusement rendus pow la cause commune, et la conduite qu'elle a tenue, a été justement appréciée des Alliés; et je ne demande pas mieux , M. le Général , que de me rendre a tous vos vœux , aussitôt qu'ils ne seront pas directement contraires aux ordres émanés de Sa Majesté le Roi mon Maître.

Signé le Général Comte Tauentzien.

A mon quartier-général , à Rennes , le la septembre i8i5.

Lettre de Son Exc. le Général Tauentzien , commandant le sixième Corps prussien , à Rennes , à M. le Comte de Sol de Grisolle , Général en chef de V Ar méeRoy aie de Bretagne.

Permettez, M. le Général, que je vous témoigne mes regrets bien sincères d'avoir été privé de la satisfaction de vous voir a Vannes. Des affaires de service m'obligèrent d'être le x 7 de retour a Rennes , et m'o-

bligèrent par-la de renoncer a mes projets. Veuillez donc, général, être l'interprète de tous les sentiniens d'admiration dont je suis pénétré pour l'Armée Royale du Morbihan (que, j'ose le dire, l'Europe partage ), près de MM. les Officiers, en les persuadant combien je regrettais d'avoir été privé du bonheur de faire connaissance avec d'aussi braves Militaires , toujours guidés par l'honneur, et ne combattant que pour leur Souverain légitime et la bonne cause.

Signé le Général Comte Tauentzien.

A Rennes, ce 20 septemhre i8i5.

Nota. Si dés les premiers instans des hostilités , les généreux habitans de la Bretagne s'imposèrent volontairement les plus onéreux sacrifices , s'ils supportèrent sans se plaindre les levées d'hommes , les corvées journalières, les réquisitions de tout genre, tant que les dangers de la patrie demandèrent des efforts, le comte de Sol, témoin de leur constance héroïque , s'empressa d'alléger les charges inséparables d'une guerre intérieure, en permelUut aui Bretons de rentrer dans leurs foyers aussitôt que la soumission de l'armée eunemie ne rendit plus nécessaire à la défense du trône le concours des phalanges royales de la Bretagne.

Mais à la nouvelle que les généraux des armées alliées de-

yaient parcourir le Morbihan pour en reconnaître la situation, chaque paroisse se mit spontanément sous les armes, et se tint dans une attitude qui eut prouvé au besoin que les forces des Bretons égalaient l'énergie qu'ils déployèrent contre l'usurpation.

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