ARMEE ROYALE DE LA VENDEE
Fidèles à leur Dieu , fidèles à leurs Rois,
C'est l'honneur qui leur parle , ils marchent à sa voix^
Vol
Vendée, terre de souvenirs et d espérances L. Il n'est pas sur ton sol consacre une contrée , une ville , un hameau qui n'offre au sage une action à louer , à i'historien un trait à recueillir , au voyageur le tableau touchant d'une simplicité de IL i
mœurs et d'une loyauté de sentimens dont la pureté ne fut jamais ternie, souvenirs Cathélineau , d'Elbée , Bonchamp ,
veudéens,
Lescure, La Roche-Jaquelein, et tant d'autres chefs illustres l'ont immortalisée.
Leurs cendres y reposent ; leurs noms y sont inhérens ; ces champs ravagés furent défendus par leur valeur plus qu'humaine.
Portrait Le Vendéen respire, avec son air na-
ct y *morli l ^ > l es vertus , le courage et l'héroïsme <ics habitans • distinguèrent ces chefs. Ah ! si
de l'Ouest. ^ °
plusieurs d'entre eux forcèrent l'admiration de leurs bourreaux mêmes, quelle impression profonde,ineffaçable n'ont-ils pas dû laisser à leurs compagnons d'armes et de dangers , à ceux que leuç dévouement associa à leur gloire? Et que ne pouvait-on pas aussi attendre d'une
génération dont le berceau s'éleva près de ces tombes sacrées , à qui le respect pour la mémoire de ces héros , martyrs de la fidélité et de la foi , fut imprimé avec la vie, pour qui rengagement de suivre leur x noble exemple devint un dogme religieux, une obligation héréditaire?
Ce pays s'est conservé si pur au milieu des erreurs révolutionnaires ; les détails qui retracent ses ressources, son territoire , les mœurs et le caractère de ses habitans, offrent tant d'intérêt, qu'il est aussi naturel de céder au plaisir de les peindre, qu'il serait difficile de se soustraire au dèvoir de les faire connaître.
De même que les collines que renferment ces contrées ne tiennent à aucune chaîne de paontagnes , le Vendéen , par ses habitudes morales , ne semble tenir
en rien du reste des habitans de la France : quelques historiens lui croient une origine scythique.
Sa taille est moyenne; ses clreveux, d'un noir très-prononcé , rendent plus frappante sa pâleur naturelle ; l'ensemble de ses traits promettrait plus de bonté que d'intelligence, si ses yeusriètaient remplis d'expression.
Son esprit est susceptible de profondeur, mais il se développe lentement; son cœur, quoique irascible, est plein de générosité ; sa bonne foi dans les engagements est extrême , sa parole sacrée. Les procès sont, très-rares dans son heureux pays ; les crimes y sont inconnus.
Sans ambition comme sans paresse, le Vendéen préfère un travail modéré qui lui donne le nécessaire, à un labeur forcé
qui lui procurerait le superflu; étranger aux besoins du luxe , insensible aux jouis-* sances de l'orgueil; cbez ce peuple, si neuf encore, l'absence des passions violentes n'exclut point 1 énergie.
Quand il croit de son devoir d'exposer sa vie , il sait braver la mort avec un calme stoïque; et lorsqu'un sentiment vif le fait sortir de la sorte d'apathie qu'il porte dans les actes ordinaires de la vie , il est susceptible des efforts les plus sublimes.
Fidèles à leurs anciennes institutions > sentimew l'habitude d'obéir à leurs seigneurs rendit les Vendéens dociles, et en fit d'excellens soldats.
Les relations journalières et amicales des seigneurs avec leurs vassaux , sous la seule garantie d'une égale franchise , formant entre eux un double lien d'estime et
d'intérêt, unissaient leur sort, et leur rendaient communes les chances de la fortune; aussi les paysans s'attachèrent-ils à leurs pas, au moment du péril , comme ils avaient partagé leur bonheur au temps de leur prospérité.
Ils supportèrent avec douleur, mais avec calme, en 1790, les premiers actes qui changèrent la forme du gouvernement, parce qu'ils purent les éluder, en choisissant pour magistrats leurs anciens seigneurs.
Mais ils se soulevèrent tous, lorsqu'on voulut porter atteinte à leur culte et au trône ; ce fut le principe de la première guerre des Vendéens, qui ne séparent point le respect pour leur religion de leur attachement pour le Roi ; ces deux sentimens empruntent l'un de l'autre une
force nouvelle , ils les excitèrent en 1 792, ils les animèrent en 181 5 5 toujours les Vendéens suivront avec transport la ban* nière où seront écrits ces mots sacrés :
DIEUETLEROL
Aussi fut-ce moins pour exciter leur commaude-
, . , ment des
ardeur présente , que pour recompenser Proviuces leur ancien dévouement, que le Roi, de r ° ueil
conféré
dès les premiers instans de l'invasion h s. a. s. de Buonaparte , confia à Monseigneur d ^ B ll t ^Z le Duc de Bourbon le commandement des provinces de l'Ouest j ceux qui s associèrent par leurs sentimens et leur courage aux exploits glorieux des descendans du Grand -Condé, méritaient d'avqir à leur tête un Prince de cette illustre maison, lorsque le trône fut de nouveau menacé.
Ce choix du Monarque honorait éga-
lement le Prince et ceux qu'il plaçait sous ses ordres, sur cette terre que le parjure ne souilla jamais.
Description
La Vendée . connue sous le nom du du orage. -g oca g e ^ indépendamment de l'esprit qui
anime ses habitans,est,plus quetoutautre pays, favorable à une guerre intérieure.
Des chemins qui se croisent en tout sens, sont creusés entre des haies trèsrapprochées, et forment des retranchemens naturels : pendant une grande partie de Tannée, et lorsque la crue des eaux fait de ces chemins de nombreux réservoirs, toute communication serait interceptée d'une habitation à l'autre, sans les rochers, dont les saillies servent de degrés pour les gravir, et facilitent aux Vendéens seuls les moyens de correspondre et de se rallier.
L'extrémité de chaque champ offre une telle uniformité, que l'habitant du Bocage lui-même est incertain sur la direction qu'il doit suivre , lorsqu'il perd son toit de vue. Ces difficultés, et le peu d'élévation des collines, qui ne perfcnet pas d'observer ses positions, rendent le Vendéen inexpugnable dans son pays, où Ton ne pourrait le poursuivre sans danger.
Privé des secours de l'art, son sol doit
tout à la nature; sa main libérale Ta pourvu de tant de productions diverses, que lé Vendéen trouve chez lui tout ce qui est nécessaire à la vie. C'est, des ha- •bitans de la France, celui qui peut le mieux se passer de ses voisins.
De gras pâturages nourrissent Une grande quantité de bestiaux qui font
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la richesse du Vendéen; cet avantage, uni à la fertilité de son territoire, le met à Fabri des privations auxquelles réduit partout ailleurs la prolongation de la guerre.
AirWce Aussi les ennemis du bonheur natio-
nal s'attachèrent-ils à dissimuler à Mon-
du Prince à Angers.
qu'il aurait pu tirer de la Vendée.
A son arrivée à Angers, Son Altesse Sérénissime prit les mesures les plus actives , pour mettre à profit les ressources vendéennes; mais tandis que le Prince agissait, les agens de Buonaparte prenaient tous les moyens de paralyser ses efforts , et d'acquérir la connaissance de ses prpjets, afin d'en empêcher l'exécu-% tion. Au défaut de la force, qui eût été impolitique dans un pays où elle fût devenue le signai d'un soulèvement gé-
néral , on employa la ruse et la perfidie.
Pour prévenir les levées d'hommes que le Prince aurait faites dans ces provinces, on entretint $a sécurité sur la fidélité des troupes de ligne qui se trouvaient dans la Vendée. •
Le général Travot feignit d'abord de vouloir servir le Roi, afin de faire échouer plus sûrement ce qu'on entreprendrait pour son service. Il se présente à Monseigneur le Duc de Bourbon , l'assure de son entier dévouement à la cause royale , cherche à captiver sa confiance par l'apparence du zèle le plus ardent, et tandis que ce Prince loyal l'admettait dans son intimité ainsi qu'à sa table, croyant honorer la valeur fidèle, Travot le trahissait !
Des troupes s'avançaient secrètement
du Pont-de-Cée et de la Flèfche, pour envelopper le Prince et le mettre au pouvoir de l'usurpateur.
Mais la Providence qui, dans ces jours mémorables, veillait avec un soin particulier à la conservation de tous les Princes de cette antique race de nos Rois , préserva Monseigneur le Duc de Bourbon de cet attentat; Son Altesse Sérénissime, avertie à temps, évita heureusement, en quittant Angers, dans la nuit du a3 mars , le piège qu'on lui avait tendu, séjour de Le Prince se porta sur Beaupréau , et Mgr. ic duc momentanément sa résidence chez la
«le Bourbon
i Bureau, maréchale d'Aubeterre.
Pi*n Son Altesse Sérénissime arrêta un plan d'opération, d'opérations aussi vaste que sagement
conçu.
L'occupation des villes d'Angers , de
Nantes et de Saamur , par les premiers Vendéens armés > fut résolue.
Le général Dupont, avec les volon* taires royaux et les troupes qui se trouvaient sous son commandement, devait s'emparer de Tours et de Blois ; et tandis que le maréchal Gouvion-St -Cyr maintiendrait Orléans, et s'assurerait du cours supérieur de la Loire , la Rochelle , sous le commandement du lieutenant général llivaux , serait devenue l'arsenal de l'armée royale.
Pour imprimer un mouvement général, Son Altesse Sérénissime fit une proclamation dont l'effet, dans les lieùk où elle parvint , fut aussi prompt que satisfaisant.
Parmi les officiers supérieurs qui se montrèrent les plus zélés pour la cause royale, on distingue MM. de Chante-
reau, chevalier de Saint-Loûis , et le maréchal de camp de Chasseloire , inspecteur de la garde nationale de la Loire Inférieure ; ce dernier offrit de mettre six mille hommes à la disposition du Prince.
Monseigneur le duc de Bourbon donna des pouvoirs aux chefs vendéens , qui , au premier moment du danger, s'étaient
rendus dans la Vendée , pour assurer des défenseurs au trône.
Le comte d'Autjchamp se trouvait naturellement placé dans ce pays , où il commandait une subdivision militaire.
Le Prince de la Trémouilie fut dirigé sur Narftes , et de là sur Rennes; le lieutenant général de Sapin eau, les maréchaux de camp de Suzanet, Duperrat et Auguste de La Roche-Jaquelein , sur la rive gauche de la Loire; le lieute-
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nant général Cannuel , dans le département de la Vienne ; sur la rive droite, le chevalier d'Andigné, les comtes d'Ambrugeac et de Coislin.
Dans la Bretagne, le comte * de Solde-Grisolle.
Tous reçurent leurs pouvoirs du Prince ou de ses délégués en chef.
Négocians , magistrats et capitalistes offraient d'ouvrir un crédit proportionné aux besoins , on rivalisoit de générosité ; madame de Montagnac, riche propriétaire , s'inscrivit pour cautionner de toute sa fortune , les avances que Ton ferait aux mandataires du Roi.
Au cri d'alarme , excité par l'entreprise de l'usurpateur , les Vendéens avaient répondu par le cri , aux armes!
Ces hommes simples, mais énergiques,
faisaient sans effort , comme sans ostentation , les plus généreux sacrifices, et ne présumaient pas même qu'ils pussent leur mériter des récompenses ; ils regardaient comme un devoir sacré de voler de nouveau à la défense de tous les objets de leur culte : dans leur touchante confiance , ils ne songèrent point à s offrir, ils
se bornèrent à se tenir prêts Mais le
système de défection qui avait ouvert un chemin si facile à Buonaparte, ne pouvant être suivi dans l'Ouest , il fallait tromper ceux qu'on ne pouvait corrompre. Comment en effet espérer de tenter des hommes fidèles et vertueux par religion et par choix ? . . .
système Les précautions les plus sûres , les plus
j trahison. • r , 1 t •
minutieuses , furent employées, pour intercepter les correspondances du Prince,
et pour prévenir toute communication avec la campagne. Dans les villes , et no- < tamment à Angers, des hommes autorisés par l'administration , et placés à dessein pour induire en erreur Sou Altesse Sérénissime sur l'eprit de ces provinces, formaient déjà un pacte fédératif, et prenaient pour devise , Patrie, Liberté, Empereur , en même temps qu'ils empêchaient d'arriver jusqu'à Monseigneur le Duc de Bourbon , le cri vendéen, Dieu, Vhônneur et le Roi! qui n'a cessé de retentir dans toutes, les parties de l'Ouest.
Les généraux vendus à l'usurpateur , et Sédition, les troupes soumises à leur commandement, après avoir paralysé momentanément, par de secrètes menées, les moyens de défense prie par Monseigneur