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CHAPITRE PREMIER

RAPPORTS GÉNÉRAUX, ASPECT d’eNSEMBLE ENVELOPPE, LOBULES

Le pancréas est, par ses origines ontogénétique et phylogénétique, Dispositions une glande annexe de la première portion de l’intestin grêle (duodé- générales variât num). Chez quelques animaux (le Protoptère par exemple, Laguesse, " espece 1890; Parker, 1892), il reste même inclus dans la paroi intestinale, et s étale simplement en une masse aplatie, linguiforme, entre la tunique musculeuse et la tunique séreuse. Certains petits pancréas surnuméraires peuvent, jusque chez l’Homme adulte, se comporter encore d une façon analogue, mais en s’étendant de préférence dans la sous-muqueuse (Thorel, iqoS). Le plus souvent, dans la série des Vertébrés, le pancréas n’en reste pas là, il écarte les deux feuillets du mésoduodénum, entre lesquels il se glisse au loin, envahissant le mésogastre (grand épiploon) jusqu’au hile de la rate, tantôt sous la formée en nappe, « en feuille de fougère » (Cl. Bernard, Lapin) (i), tantôt^ sous la forme massive (Chien, Chat, etc.). Chez l’embryon humain il occupe encore cette position, mais secondairement, par

(i)(.hc.y. Ifis Poissons osseux, où longtemps il fut inéconmi il l'i

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inéconmi, il l'use encore l)icn plus

lANNKu.i, i8pi), ^foniiort- zool. italinnn,

supporté pur mésentère et épiploons, liy.nnt In veine porte dans ses racines, u’il peut enifaincr. — Ces rapports se et sont même légèrement indiqués

l’OUME, E013UE.\ïlON UU PANCUÉAS

Glande en grappe, composée, remaniée.

Les lobules.

Dcscriplions diverses de ; IIauius et Gow.

suite de la soudure d’une partie du mesogastre avec le mésocolon transverse et le péritoine j)ariétal, il devient bientôt, chez le fœtus, extrapéritonéal. (louché transversalement au devant de la colonne vertébrale, la tète renllée, tombante, enchâssée dans le fer à cheval duodénal, le corps prismatique Lriangulaiie plus ou moins aplati, la queue s’effilant à la suite, il est, chez l’homme adulte, appliqué par le péritoine contre la paroi postérieure de la cavité abdominale et immobilisé (sauf l’extrémité de la queue), recouvert par conséquent par la séreuse sur sa face antérieure seulement. Il n’a ni enveloppe séreuse complète, ni capsule propre; il gît au milieu d’une couche conjonctive plus ou moins abondante, souvent chargée de graisse et continue avec le tissu conjonctif interlobulaire.

Le pancréas est généralement classé parmi les glandes en grappe composée, dont il offre la disposition générale ; -néanmoins, certains remaniements internes sur lesquels nous aurons à revenir ont conduit le professeur Rexaxjt (i88i) à le ranger, avec le foie, dans un groupe spécial, celui des glandes conglobées. Mais il faut ajouter que ces remaniements sont infiniment moins marqués que dans le foie, de sorte que l’aspect général reste celui d’une glande en grappe composée (i).

D’une couleur gris jaunâtre, rosée lors de la congestion fonctionnelle, le pancréas est, à la façon des autres glandes en grappe, décomposable en d’innombrables lobules, qui en représentent les grains Faciles à voir chez le jeune, tant que le tissu conjonctit interstitiel qui leur forme gangue est encore abondant et gélatineux, ces lobules sont serrés chez l’adulte, se compriment et se déforment réciproquement. Néanmoins on les met encore assez facilement en évidence par la dissection, surtout sur l’organe préalablement bouilli, Icgerement macéré (2), ou fixé à l’alcool.

Les lobules, chez les animaux adultes, ont été décrits et coni|)ris

de façons un peu dilférentes.

IIarius et Gow (189/1) montré qu’ils sont de forme et de volume variables selon l’es])èce. Grands, irréguliers chez l’Homme, ils sont plus grands encore (mais bien moins limités) chez les Singes, petits chez le Chien, le Chat (la Grenouille), plus petits encore chez le Chien dingo, le Glouton, la Belette. D’après ces auteurs on pourrait groiqx'r les pancréas des diverses espèces en : — glandes à lobules petits et bien distincts (Chien dingo. Glouton...), — glandes à tissu seini compact,

(I) Nous ciilendrms par la unu B>aii(lc plus ou moins lobulcu, a ramilles, (|uclU: (pie soit la l'orme des cavités sécrclaiilcs ulUmes (al Dans l'alcool au tiers, l'eau aciduU':e, ou dans une solution

tartricpic comme l’indicpie IIe.naut (iSiip). ■

canaux excréteurs concentrée d'acidc

LOUULES PANCRÉATIQUES

c’est-à-clircà lobules plus larges et moins distincts (la majorité des animaux, y compris l’Homme), — glandes a tissu compact, presque sans indication de lobules : Ophidiens. Chez ces derniers, en effet, nous trouvons l’organe presque massif.

Henaut (1899) donne au lobule élémentaire isolable le nom de lobule cunéiforme, à cause de son aspect en coin. Il le montre indissociable, simplement divisible sous le microscope en îlots particuliers, limités par les vaisseaux de distribution (veinules surtout), et qu’il nomme « îlots pancréatiques », bien visibles à la périphérie après imprégnation (Poulet), et correspondant à autant d’ « unités glandulaires..., de branches de végétation de la glande ».

Opie (1900), trouvant que, chez l’Homme, les lobules sont comme dans le foie mal définis et par places fusionnés, prend pour type de description le pancréas du Chat. Ici, les lobules seraient bien limités par le tissu interstitiel, à la manière de ceux du foie de Porc. Pourtant il ajoute bientôt que les septa conjonctifs découpant le parenchyme en aires polygonales de taille et de forme variables sont incomplets, et que deux lobules voisins se confondent souvent en un point. Les lésions inflammatoires seules (ligature du canal pendant quinze jours à trois semaines) complètent ces cloisons et montrent que ces lobules sont bien des unités de structure. Chacun d’eux (dans la queue du pancréas seulement) (i) contient, vers le centre, un îlot de Langerhans, qu’on retrouve sinon sur chaque coupe, du moins en suivant la série. Mais de plus, autour de chaque canal interlobulaire de dernier ordre, accompagné d’une artère et d’une veine, ces lobules se rassemblent par groupes, plus facilement isolables, séparés par des bandes conjonctives plus épaisses. Dans le pancréas humain on peut reconnaître encore ces lobules et groupes de lobules, mais moins nettement définis et moins régulièrement arrangés. Les premiers varient beaucoup de taille et ne sont généralement pas clairement séparés l’un de l’autre. Il n’est pas constant d’y trouver l’îlot central. Les artères et les veines, qui sont côte à côte, n’accompagnent pas les condiiits dans le groupe de lobules.

D’après Feint (1908), les lobules sont également, chez l’Homme, bien moins régulièrement disposés que dans les glandes salivaires. A leur périphérie ils sont souvent comme lobés par les plis pénétrants d’une mince membrane conjonctive enveloppante, qu’il appelle la membrane limitante {Grenzmembran) . 11 n’y a pas de hile marqué; vais-

de Renaut.

d’OpiE.

de Plut.

(i) Ils sont pins rares ailleurs, surtout dans la portion descendante du pancréas (tête).

LOliULES PANCKICATIQUES

seaux cl canaux y cnlrent en des points très divers sans suivre de loi de ramificalion nette. C’est une unité structurale bien moins individualisée ( i). Comme Opie, Flint ne trouve pas toujours un îloten chaque lobule, meme au niveau de la queue. A l’inverse des autres auteurs, il réserve aux lobules élémentaires le nom de secondaires, donnant aux groupes d’OpiE celui de lobules primitifs. Il se base pour cela sur la date d’apparition bien plus précoce de ces derniers au cours du développement. Nous ne voyons que des inconvénients à ce mode de notation.

ftg. I. — Lobules pancréatiques du Chat adulte.

A et B, deux lobules pancréatiques moyens, isolables; - C, l’un des plus ffros; — c, c, canal intralobulaire 'accompagné des vaisseaux (artère et veine), parfois d’un peu dégraissé reservée en clair: — g, i. i, îlots de Langerhans. — En A, le lobule est compose de cinq lobiilins, les supérieurs très incomplètement séparés sur cette coupe, mieux individualises sur d’autres ; — en B, la plupart des cloisons de refend partent du centre; lobulins lusionnés à la périphérie, sauf un; — en C, nombreux lobulms, dont les deux supérieurs, l, P sont incomplètement séparés. - Loupe, environ lo diamètres, caméra.

Recherches

personnelles.

Chez le Chat.

Nous avions d abord parlé (189/1-6), chez l’Homme, de « lobules isolables de 2 à 5 millimètres, paraissant encore, sur les coupes, susceptibles de se diviser en parties plus petites ». En présence de ces dcscri|)lions divergentes, il devient évident que les auteurs n’ont pas envisage le même objet; nous avons donc repris ces recherches

Chez le Chat adulte (extrême queue du pancréas) nous pouvons

(i) Fl. INT eliidie les dinpositioms générales par une méthode originale, duc à .SrAi.TKiioi./,, et qu’il a décrile in fitill. John Ilopkinx llospilal, igna (vol. \III),enfaisanl digérer par la pancréatine de larges fr,Tgnienl8 de glande préalablcmriit lixés par le mélange de van Okiilt;iiten, puis en les observant par Iransiiarcnce.

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