‹ Le pancréasChapitre 51 sur 79 · ZONES PÉRI-INSULAIRES · texte numérisé non relu

ZONES PÉRI-INSULAIRES

Vaisseaux des îlots. — Les îlots de Langerhans ont une vascularisation toute spéciale et caractéristique, dont il nous faut par conséquent parler dès maintenant.

\oN Ebner (iS^a) remarqua simplement qu’aux alentours des amas (in der Umgebung) on observe souvent de larges vaisseaux qu’il considère à cette époque comme veineux.

Revaut le premier (1879) a plus spécialement attiré l’attention sur eux. Autour du « pseudo-follicule », dit-il, « les vaisseaux forment une couronne caractéristique sur les injections, et d’où partent des ances hélicines convergentes analogues à celles d’un follicule clos ».

Mais cette phrase précisément ne les différenciait pas suffisamment de ceux des follicules clos, et a prêté à de fausses interprétations. C’est surtout en 1882 que Kühve et Lea ont donné d’emblée de ces vaisseaux la description complète, et à peu près définitive. Chez le Lapin, apres injection artificielle (bleu de Berlin soluble), on remarque, disentils, la présence de « sortes de glomérules », non encore décrits. A un laible grossissement, « on aperçoit que de nombreux points de l’arbre vasculaire se distinguent par la présence de capillaires remarquablement larges et courts, dont les uns décrivent des figures, [anses] à peine indiquées, ou au plus une courte S, ou des formes semblables, tandis que d’autres forment des circonvolutions nombreuses {Convotufe) méritant complètement le nom de glomérules ». Ils apparaissent d’autant mieux que l’injection est moins complète, et a rem-

Vascularisalion toute spéciale des îlots.

Kühne et Lea établissent que

leurs capillaires sont

nombreux, larges, tortueux, glomérulés.

VAISSEAUX DES ILOTS

Confirmations.

io4

pli seulement les premiers capillaires an ùe\h des artères (par exemple injection de mercure par l’aorte sous pression de 3o millimètres) (i). Ces glomérules ne se rencontrent que dans les amas de cellules troubles, auxquels ds appartiennent « en propre ». Küiixe et Lea en donnent plusieurs figures très démonstratives, chez le Lapin et chez le Chien (y?9r. 54 et 35). Ils les retrouvent également chez le Chat. « Les glomerules consistent en vaisseaux de la structure des capillaires, ajoutent-ils, très larges, très tortueux, et proviennent, semble-t-il, en parPe seulement d’artères terminales, en partie de courtes branches capillaires de ces dernières, dont plusieurs pénètrent souvent dans le territoire à capillaires élargis. La sortie du sang du côté veineux est d oïdinaire tout aussi dilTuse ; il existe en elTet de nombreuses communications avec le réseau capillaire ordinaire du pancréas, et de plus courtes et plus larges avec les veines voisines. » La présence de ces glomeiules spéciaux leur parait tellement inexplicable, que les deux auteurs seraient tentés d’y voir un produit artificiel, s’ils ne les apercevaient déjà sur le vivant.

C était repondre d avance à une objection de Lewascheav (1886), qui explique de la façon suivante l’abondance et la largeur des vaisseaux. 11 croit simplement que la pression moindre exercée sur les vaisseaux par les éléments de l’îlot permet à l’injection de les gonfler davantage, et les lait paraître plus gros, tandis que l’amoindrissement progressif des culs-de-sac a resserré le réseau (2).

Schæfer(i882, in Qaain’ s Anatomy), Gibbes (i884),Dogiel (i8g3), signalent de même dans les îlots un réseau vasculaire spécial, à capillaires plus nombreux et plus larges, dit le second. Il est également décrit par la plupart des auteurs plus récents (L., i8g4-c etigoo-achez l’Homme, i8g5-c, embryon de Mouton, igo2 chez la Couleuvre, — Diamare, i8gg-a, Téléostéens, Mammifères, — Renaut, i8gg, — Opie, igoo-a. Chat, — Gentes, igoi. Mammifères, — von Hansemann, igoi. Vertébrés divers (3), — Richter, igo2, Amphibiens, — Pensa, igo4. Vertébrés en général, etc.). 11 a été figuré de nouveau, après injection naturelle ou artificielle, par Laguesse chez l’embryon de Mouton

(i) Opie (1900) fait de même remarquer plus lard que par les injections granuleuses peu pénélranles les îlots se remplissent seuls. Tous ceux qui ont injecte les arteres du pancréas ont également constaté la réplétion plus facile de l’appareil vasculaire des îlots.

(a) Il faut rappeler, pour expliquer ces phrases, que I.ewasciiew considère les îlots comme formés par un groupe d’acini épuisés.

(3) Vo.N Hansemann fait du « peloton capillaire » (Capilarknœuel) la base de la description des îlots qu’il appelle « îlots vasculaires » (Gefæssinseln) », et qu'il compare au glomérule rénal.

VAISSEAUX PES ILOTS

io5

(1895-c), puis chez l’Homme adulte (rpoo-a), par Rexaut (1899) chez le Lapin), par von IIanseaiann (1901) chez Jlaltomys æcjypliacus, par Pensa (1904) chez le Chat et chez l’Anguille [firj. 40, 55, 56, 57).

Fig. S5. — Vaisseaux des îlots, après Renaut (1899, Histologie).

« Vaisseaux des points pseudo-folliculaires et du parenchyme sécréteur du pancréas du Lapin, injectés avec une masse à la gélatine et au carmin. Conservation dans e baume du Canada. Faible grossissement. — v, vaisseaux artériels de distribution, d ou part une des artérioles aflërentes du pseudo-follicule inférieur ; elle se termine par un larg-e capillaire festonné recevant par son extrémité opposée une autre arteriole; — i, réseau vasculaire glomérulé de deux pseudo-follicules; — rt,arteriole destinée au parenchyme pancréatique: — 6, capillaire sanguin intertubulairc de ce même parenchyme. »

L expression « capillaires élargis » revient sous la plume de tous ces auteurs ; ils ajoutent généralement « tortueux ». (Sur les dessins les mêmes caractères se retrouvent.) Chez l’embryon do Mouton (1895-c), nous faisons remarquer qu’ils forment d’abord une résille autour des îlots primaires, qu’ils pénètrent en général dans les dois secondaires seulement. Dilatés, variqueux, ils peuvent admettre deux

Capillaires de l’Homme.

Caractères moins tranchés chez

les Vertébrés inférieurs (Pe.nsa).

h quatre hématies de front, parfois six, tandis que les voisins n’en laissent passer qu’une seule (fœtus de 25 centimètres). Çà et là, on voit de larges dilatations secondaires {Jig. ^0).

Chez V Homme adulte nous trouvons autour de l’îlot, puis entre les cordons, une série « d’anses capillaires glomérulées, très dilatées, variqueuses, avec par places des terminaisons en cæcum » (igoo-a), des rameaux extraordinairement larges , sinueux, irréguliers, si on les compare à ceux du tissu sécréteur ordinaire avec lequel ils sont en continuité; « l’ensemble forme une sorte de glomérule vasculaire »

Pourtant les capillaires n’offrent point dans toutes les espèces des caractères aussi spéciaux et aussi tranchés. Ainsi, chez la Couleuvre (igo2-r/), nous trouvons encore un réseau capillaire plus serré (rapport du simple au double), des capillaires plus larges (souvent de deux à trois fois), mais moins

dilatés pourtant; et surtout le réseau est beaucoup plus régulier, les vaisseaux sont moins tortueux, leur calibre plus égal. De même Pexsa ( igo4) ne retrouve un réseau à capillaires très larges, très tortueux et très variqueux que chez les Mammifères >57), et (un peu moins) chez les Oiseaux. Chez les lleptiles et les Amphiblens, il décrit simplement le réseau plus touffu que dans le reste de 1 organe, les vaisseaux de même calibre ou légèrement plus gros. Chez les Poissons, et^

Firj. 56. — Ilol de Langerhans injecté, pancréas de rHomme (supplicié). — (L., 1900, in Anatomie de Poirier et Charpy.)

iL, Ilot réservé en clair, vers le coin d’un lobule; — ar, artériole afférente principale; ag’, anses glomérulées dilatées, tortueuses, de l’îlot. en continuité avec le réseau capillaire ordinaire rc\ — la coupe est un peu épaisse, pour permettre de suivre les anses glomérulees dans plusieurs plans.

tj

VAISSEAIIA DES lEOTS

particulièrement chez les Téléosléens (Anguille), le rapport est même inverse: les capillaires sontplus fins, les mailles seulement plus serrées et plus irrégulières.

Entre Ma mmifères mêmes on trouve des dilTércnces. Ainsi, toujours d’après Pensa, les vaisseaux sont relativement peu élargis chez le Cobaye; chez le Hérisson, les capillaires pénétrants deviennent plus amples, puis se. rcploient sur eux-mêmes en anse, pour ressortir et se continuer avec le réseau ordinaire ; de sorte r[uc dans l’intérieur de l’ilol il n’existe pas un véritable réseau capillaire, mais une série d'anses, arrivantpresquejusqu ’au centre, et ouvertes à la périphérie. C’est à rapprocher, comme on le voit, de la première description de Revaut.

Il existe quelques divergences entie les auteurs sur les liens de cet appareil vasculaire spécial avec la circulation du parenchyme voisin.

Nous avons vu que, pour Kühne et Lea, il peut être abordé par des artérioles qui viennent s’y terminer, mais aussi par les pi emiers capillaires nés de semblables artères ; le sang en sortirait en partie par de courtes branches plus larges allant directement aux veines {fig- 3^/ et 35). Diamaue (1899), chez les Téléostéens et les Mammifères, voit des artérioles distinctes pour les îlots, mais aussi continuation directe des capillaires avec ceux des acini. Revaut (1899) en fait plus formellement des formations artérielles. D’après lui (Lapin surtout), d uneartere de distribution allant plus loin se détache un rameau latéral volumineux et direct pour le « point folliculaire » {fig. 55). 11 peut en recevoir plusieurs provenant d’artérioles dilTérentes. « Au niveau de son pourtour, l’artériole ou les artérioles alférentes se résolvent en une

Fig. 57. — Mode de dislribulion des vaisseaux dans MT? Vo/ de Langerhans du Chai. — Caméra; Aoritska, oc. 3. obj. 6. — D’après Pensa (1904, Soc. medico-chirurg . di Pavia).

Variétés

chez

les Mammifères (Pensa).

Liaison

du

réseau capillaire des îlots

avec les vaisseaux du parenchyme exocrine.

Ce sont pour Revaut des formations artérielles, c’est-à-dire recevant

une ou plusieurs artères spéciales, et sans tien direct avec les veines.

roS

VMSSEAIJX DES îl.OTS

Gestes.

Opie.

Pessa.

série d’arcs curvilignes enveloppants et communiquants, d’où partent vers le centre des capillaires tortueux, très larges, de calibre d’ailleurs irrégulier, et présentant souvent des élargissements fusiformes. Mais ces capillaires, au lieu de former des boucles, comme au centre d’un follicule lymphatique, se terminent chacun par un petit bouquet papllliforme à anses glomérulées. » Souvent le glomérule est formé par un capillaire élargi, bosselé, contourné en crosse, mais terminal, en cæcum (i). Le centre semble donc indiqué par un petit système érectile artériel. Les veines n’y prennent aucune part, et naissent du seul réseau du parenchyme tubulé. Du « cadre enveloppant » partent des capillaires qui vont se jeter dans ce réseau. Rexaut décrit en outre des follicules « rudimentaires, arrêtés dans leur développement, incomplets, parfois indiqués seulement par un mouvement hélicin partiel des vaisseaux au contact des tubules». Il répète encore (igoS), à propos des Ophidiens, que le dispositif sanguin est non « bipolaire veineux », mais presque exclusivement d’origine artérielle.

Gextes (igoi) va bien plus loin ; il décrit à l’îlot, chez la Souris, « une artériole » et une veinule spéciales, juxtaposées et pénétrant par (( un véritable bile ». « Au point de vue de sa nutrition, il paraît indépendant du tissu glandulaire qui l’entoure», puisque ces vaisseaux sont en relation directe avec les troncs des espaces interlobulaires (2).

Pourtant de nouveau Opie (1900), chez le Chat, insiste sur ce fait qu’on ne trouve pas un afférent unique comme au niveau du glomérule rénal (c’est ce que répète vox H.vxse.maxx, 1901), mais de nombreuses anastomoses rendant continu de toutes parts ce groupe de capillaires dilatés avec les capillaires voisins (3).

Pexsa (igo/i), qui consacre un travail spécial aux vaisseaux et nerfs du pancréas étudiés chez plus de trente espèces, arrive à la conclusion suivante : « Bien qu’il présente des caractères spéciaux, le réseau vasculaire des îlots est la continuation du réseau vasculaire du reste

(1) Xous voyons par places aussi de petites dilatations en cæcum sur les capillaires de l’ilol (Homme). Mavh (igoo) en décrit chez le Chien, aux coudes un peu brusques : d'après lui, ils seraient peut-être artificiels, dus à l’injection. 11 voit un ou plusieurs troncules pénétrants, qui se capillarisent aussitôt. 11 se demande si cet appareil particulier n’est pas destiné a réfçler la pression sanguine.

(2) 11 décrit Pilot commeétant souvent o piriforme », envoyant un prolongement ver.s les vaisseaux voisins d’un certain calibre; c’est par ce prolongement qu entreraient les vaisse.Tux propres. I.e hile, «représenté par le point de sa surface où arrive son artériole nourricière», ne serait donc pas ici une dépression, au sens ordinaiie du mot. Chez l’Homme, (Ikntes montre pourtant une dépression au lieu d’un prolongement.

(3) Ajoutons que, pour lui, les plus fines artères peuvent pénétrer dans le lobule (lobulin), chez le Chat, mais généralement se capillarisent avant.

VVISSKAIX DUS 11,0 TS

du pancréas. Dans la règle, ce sont des vaisseaux capillaires qui pénètrent dans leur intérieur ; dans quelques cas pourlanl, et spécialement dans les îlots de plus grande dimension que j’ai pu observer, chez l’Anguille, le Chien et le Cobaye, de petits rameaux artériels y entrent également. Parfois aussi de petites veinules y prennent leur origine. » Pour lui donc, le réseau spécial ne peut être considéré ni comme une formation exclusivement artérielle, ainsi que le croit Henaut, ni comme une formation veineuse, ainsi que l’avait d’abord compris von Ebneii chez les Amphibiens,

Nous croyons, avec IviiiiNE et Le.v, avec Pensa, qu’il y a une liaison, une continuité parfaite entre le réseau capillaire de l’îlot et celui du parenchyme exocrine, que le premier ne représente qu’une variation locale (nous ajouterons’ même temporaire) du second. Chez la Couleuvre notamment (1902-c?), nous ne trouvons pas, dans la règle, d’artérioles spécialement destinées aux îlots (1). L’existence chez tous les animaux de petits îlots desservis par une simple anse capillaire modifiée nous semble encore plus démonstrative. Mais, chez certaines espèces surtout, il est évident, comme y insiste Renaut, que les îlots ont tendance cà se cantonner à l’extrémité des petites artérioles ; leur facile réplétion suffirait à le prouver. Chez l’Homme par exemple, nos injections mettent ce faiten lumière {igoo-a, fig. U26) (2). « Une ou plusieurs artérioles abordent l’îlot », disons-nous simplement d’abord (1900-a). Nous ajouterons, après de nouvelles recherches, que généralement l’artériole, quand elle s’y termine, perd ses caractères distinctifs, c’est-à-dire ses fibres musculaires, un peu avant son entrée ou immédiatement après. Plus souvent encore une artériole passe simplement au voisinage (médiat ou ia nédiat) de l’îlot, et détache un ou plusieurs larges et courts rameaux collatéraux, possédant déjà la structure des capillaires, qui vont y pénétrer. Larges et assez directs, ils en imposent encore sur une coupe simplement injectée comme étant la continuation d’une artériole, mais généralement ils n’en possèdent plus la structure. Nous dirons donc que, chez l’Homme aussi, les îlots ont tendance à se cantonner vers les extrémités des artérioles, mais généralement ne reçoivent que les premiers larges

Le réseau capitlaire des îlots ne nous paraît représenter qu’une variation locale du réseau capillaire général,

avec lequel il est en continuité.

11 se cantonne de préférence pourtant à l’extrémité des artérioles.

(1) « Le réseau capillaire, ajoutons-nous, forme à travers le pancréas un tout continu, qui prend seulement des caracléres pai ticuliers au niveau du tissu endocrine » C’est ce que, dés le début (iSy.l-c), le développement nous a forcé d’admettre ; le réseau capillaire nous est apparu d’emblée modilié autour des ilôts, à une éi)oquê où il n’existait encore que de rares artérioles dans l’organe, où chaque îlot ne pouvait en recevoir une.

(2) Ileproduite ici ligure 56.

1 lO

VAIS.SKADX DES ÎlO'I'S

SirucLure de ces capillaires.

Présence du sang extravasé dans cerlains « (lots à hématies ».

capillaires issus de ces vaisseaux. Leur disposilif sanguin appartient au système capillaiie, mais surtout j\ des capillaires artériels. Quand l’ilut est un peu gros, plusieurs capillaires ordinaires plus petits en sortent ou y enirent en d’autres points do la périphérie.

Sur la structure des capillaires spéciaux de l'îlot, il n’exisie encore que peu d’observations. Chez l’embryon de Mouton (i8y5-c). nous constatons « un endothélium vasculaire un peu modifié, à noyaux plus gros, plus nombreux et moins aplatis qu’ailleurs, à caractères plus embryonnaires en un mot, et plus perméable ». Chez l’adulte, ces caractères n’ont pas complètement disparu. Nous pensons donc que la division en territoires cellulaires distincts n’y existe probablement pas. Chez la Couleuvre en effet, nous n’avons pu obtenir la nitratation ( J 902-6); mais nos imprégnations ont été trop incomplètes pour nous permettre d’être allirmatif. L’existence d une membrane propre adventice capillaire a été mise en doute, par vox Luxeii notamment (1899) et par Richteii (1902, chez les Amphibiens). C’est un point sur lequel nous allons avoir à revenir en parlant du tissu conjonctif.

Rappelons enfin que, chez l’embryon de iMoulon (1895-0), nous avons signalé l’existence de nombreux « ilôts à hématies », c’est-à-dire contenant au milieu même de Lur masse épithéliale, sans endothélium interposé, des hématies extravasées et sans continuité avec les vaisseaux. Ces formations, encore nombreuses et surtout volumineuses chez les fœtus âgés, diminuent peu à peu de nombre et tendent à disparaître chez l’adulte. Pourtant nous en avons retrouvé quelques-unes chez le Mouton adulte et chez l’Homme. (Giax\elli( 1898), chez le Rut, signale également par [ilaces une hématie isolée au milieu des éléments des cordons ) 11 est [lossible que chez l’adulte ces poches sanguines communiquent avec les vaisseaux. D autre part, les anatomo-pathob’gistes ont signalé souvent des hémorragies dans les îlots. Certaines de ces suffusions sanguines ne doivent pas être sans rapports avec les îlots à hématies normaux.

Giacomixi (1900), chez la Lamproie, a retrouvé des vésicules analogues contenant du sang. Pensa (ipoâ) se prononce contre ces observations : jamais il n’a pu voir le sang en contact direct avec les éléments épitbéliau.x. Chez laLam[>roie, il observe des lormations analogues à celles décrites par Giacomim; mais elles seraient lormces par une anse capillaire fortement dilatée, entourée par un cordon se re[)llant sur lui-même. Sur une coupe qui nous a été envoyée par Giaco.mi.m, nous constatons pourtant que le sang, en certains points tout au moins, est en contact direct avec les rangées de hautes cellules

rissi c.oN.io.NCTii' i'i;iu insi i,Ai«i:

prismatiques, qui l’entourent d’un cercle complet. Ailleurs la rangée forme un simple fer à cheval.

Membranes propres et tissu conjonctif dans les îlots. — Nous touchons ici à une question secondaire peu étudiée, sur laquelle il n’existe que des observations fragmentaires, incomplètes, et très contradictoires.

On peut distinguer ; un tissu conjonctif périphérique ou périinsulaire, — un tissu conjonctif intra-insulaire, — des membranes propres autour des cordons et des vaisseaux.

En ce qui concerne l’existence d’un tissu conjonctif périphérique, nous trouvons de suite de grandes divergences. Harris et Gow (iSg/i, Mammifères divers), Massari (1898, Anguille), Jaroïsky (igoo), M.-B. Schmidt (1902. Homme), Rennie (igo3, Téléostéens), Flint (igo3. Homme), Fichera ( i go3, Chien'), Krüger (igo4, Téléostéens), admettent en termes exprès l’existence d’une « capsule » enveloppante. Quelques-uns font des réserves. Ainsi Harris et Gow ne se prononcent de façon formelle que pour les îlots de leur premier type (syncytial), pour ceux du Chien, etc. Massari dit seulement: parfois une capsule connective évidente (mais c’est pour lui un caractère important). Jaroïsky, Schmidt la décrivent mince, et le dernier la voit même discontinue. Krüger avoue que les îlots ne sont pas toujours bien limités. Fichera signale la capsule autour de beaucoup d’îlots; les autres sont très nettement limités.

D’autres auteurs ne prononcent pas le mot capsule, mais admettent plus ou moins nettement la chose. C’est Dieckhoff (i8g4), qui en figure une sur un des deux îlots qu’il représente (enfant); c’est Kasahara (1896, Homme), qui voit l’îlot entouré de quelques tractus conjonctifs plus ou moins épais. Von Ebner (1899) décrit dans la règle, notamment chez l'Homme, « une mince enveloppe conjonctive », parfois pourtant incomplète. Opie (1900, Homme) aperçoit le contour des îlots souvent accentué par un cercle délicat de « tissu fibreux » ; d autres fois leur contour est moins net, et leur corps accommodé à la forme des acini voisins.

D’autres enfin prononcent résolument qu’il n’existe « pas de capsule ». C’est Gibbes (i884), Giannelli et Giacomini Q896, Beptiles), Giannelli (i8g8. Rat), Renalï (1899), Diamare (1899 a), ScHULZE (1900), Mankowski (1901-a), Lagüesse ( 1 90 1 , Vipère, Mammifères en général), von Hansemann (1901), Ssoboleiv (rgoi, 1902), Richter (1902), Levi (igo4), Sauerbeck (igo4-4, Homme'). Il faut y

Tissu conjonctif péri-insulaire :

certains auteurs admettent une « capsule ».

D autres la nient.

Variations.

Diamare: ;

La capsule si marquée des Téléostcens n'est

qu’une apparence.

'•2 Ttssi (;üN.io>(;’rn- PF.ni-iNsn.Aiur. [‘i8ti|

joindre Stangl (igoi), qui ne voit pas, citez l’Homme, les îlots limités par une membrane, et Plcnat (i8j)ÿ), qui, chez les Oiseaux, les voit parfois seulement « entourés d’un tissu conjonctif assez délicat »; mais généralement ce tissu ne leur forme pas de « véritable paroi ».

Quelques-uns de ces auteurs ajoutent des détails intéressants, mais se rapprochent souvent par la de ceux des [tremiers groupes. Ainsi CiBBEs constate pourtant la présence d’un peu de tissu conjonctif à la périphérie (i): Ssobülew y voit par places un tractus conjonctif, mais le plus souvent les îlots touchent à la propria des acini, d’où la difficulté de les délimiter exactement. Pour Uichteu, il y a par endroits une sorte de memhrane épaissie ; pour Levi, pas de vraie capsule, c’est le stroma pancréatique. \ox Hansemak.n fait remarquer que les îlots sont séparés nettement du parenchyme, chez les carnivores au moins; mais c est chez le Loir (^Glis valgaris) qu’il les a vus le mieux séparés : ils sont ici tout a fait isoles, et entourés de tissu conjonctif. Pour Sauebbegk, s’il n existe pas normalement de capsule continue, du moins les cordons peu vent, à la périphérie, être séparés du reste du parenchyme de toutes parts par des « septa conjonctifs » analogues à ceux qui séparent les acini (2) les uns des autres ; l’ensemble de ces septa peut former l’image d’une capsule, constituée par une lamelle mince, fibrillaire, avec quelques noyaux allongés ; mais le contour de l’îlot n’est pas toujours fermé.

Dans les autres travaux, on ne spécifie en général rien pour ou contre l’existence d’unecapsule. Küiixe et Lea (1882), Dogiel(i893), disent seulement que les îlots sont nettement ou très nettement (Dogiel) limités. Gextes (1901) les voit le plus souvent «bien individualisés », grâce à la disposition en couche unistratifiée de leurs cellules périphériques. Fichera (1908, Chien) décrit un réseau de cellules plates formant capsule.

Deux auteurs seulement ont serré de plus près la question. C’est Diamaue et Flixt.

Diamaue (1899-a) constate bien chez certains animaux, chez les Téléostéens par exemple, l’existence fréquente d’une enveloppe conjonctive fibrillaire, généralement mince, en continuité avec celle qui enveloppe les acini. File est parfois épaisse. Mais il en explique en ce cas la véritable nature. Ce n’est pas une vraie capsule ; c’est une dispo-

( I, a) .Sou lignons a U passage ccs expressions, qui expliquent pourquoi bieii des auteurs introduisent tant de tissu conjonctif dans l’ilot ; c’est qu’ils en mettent aussi entre les acini. ür, le plus souvent, nous ne trouvons entre ces derniers que les deux membranes propres fusionnées en une mince lamelle sans tibrilles, ou pauvre en fibrilles.

[^87] TISSl CON.I()Nf;'riK INTKA-IINSUI,Aim': 118

sition liée aux conditions particulières dans lesquelles se présente souvent chez ces animaux le pancréas, égrené, dilTus à travers le mésentère. Dans les cas où il paraît le plus nettement encapsulé, l’îlot gît dans ce mésentère presque isolé ; et ce qu’on voit autour de lui, c’est le tissu mésentérique lui-même, refoulé, contenant souvent dans son épaisseur quelques cavités sécrétantes tubuleuses du pancréas, qui rampent à la surface de l’îlotet peuvent y pénétrer. La continuité des capillaires avec ceux du tissu voisin est contre la conception d’une capsule vraie. Chez les Reptiles aucune enveloppe conjonctive de ce genre n’existe. Chez les Mammifères le cercle limitant n est que le stroma pancréatique; il simule une capsule parce que l’ilot, libre ou semi-libre, est entouré par ce stroma de toutes parts, comme un petit lobule pancréatique. Il ne s épaissit que parfois et secondairement. On conçoit facilement comment une pareille description concilie des divergences qui paraissaient d’abord irréductibles.

Flint (igo3) continue pourtant à soutenir une opinion diflèrente. Il étudie le pancréas humain par la méthode des digestions artificielles surtout. Autour de l’îlot, il trouve une « capsule fibreuse distincte », qui, comme le reste du réseau de soutien de la glande, se laisse résoudre à un fort grossissement en « milliers de fines fibrilles ». Bien que ces fibrilles, irrégulièrement disposées, aient une certaine tendance a s ordonner en faisceaux, elles se fusionnent pourtant rarement en tractus bien tranchés et vivement colorables. Cette capsule est si marquée qu’il est impossible de la confondre avec la charpente voisine du lobule ; les septa interacineux qui en divergent sont d’abord plus épais que dans le r-.te de la glande; il y aurait donc la une condensation toute spéciale de la charpente glandulaire (i).

A l intérieur de l îlot le tissu conjonctif est encore moins développé qu’à la périphérie, et beaucoup d’auteurs n’en font pas mention. En 1895 (c), chez le fœtus de Mouton âgé, nous disions simplement :

(c dans quelques-uns de ces tunnels (vasculaires) pénètrent quelques éléments conjonctifs, mais, le plus souvent, le vaisseau est directement au contact de l’épithélium ». Diamake (1899-a), est pour ce contact immédiat. Ssobolew (igoi-1902) déclare nettement que les îlots n’ont pas de stroma conjonctif, tout au plus parfois quelques fibres qui accompagnent les vaisseaux pénétrants : les cordons louchent l’endothéhum. Levi (190/i) admet le même contact direct. Pischingeh (i8g5)

(1) Nous dirons notre opinion vers I.t lin du chapitre.

Fumt : il y aurait au contraire, chez 1 Homme particulièrement, une capsule distincte et fibrillaire.

Tissu conjonctif intra - insulaire.

Très peu abondant pour beaucoup d'auteurs.

TISSU CONJONCTIF INTUA-INSUUAIRE

Bien marqué pour d'autres.

Il serait abondant chez l’Homme.

. « Pédicule et axe vasculoconjonclif s »

de Gentes.

parlait seulement de quelques fibres conjonctives accompagnant les capillaires; von IIansemann (1901) s’exprime à peu près de même.

Mais d’autres auteurs font jouer un plus grand rôle au tissu de soutien. Ainsi Renaut (1879) voit le centre formé de tissu réticulé à larges mailles. Peudiugeat et Tuibondeau (1900) décrivent aussi du tissu réticulé séparant les indexions des cordons. KüHNEet Lea(i882) trouvent à l’intérieur de l’îlot des figures fusiformes représentant sans doute les noyaux et les trabécules d’un tissu conjonctif délicat formant une charpente et des séparations {Gerüstc and Ablheilangen). Pour Lewaschew (1886, Chien), dans les gros îlots seulement existent des faisceaux conjonctifs, les séparant en amas secondaires; pour Richtek (1902, Amplilbiens), peu de tissu conjonctif, représenté par de fines fibrilles, et divisant la masse par places. Pour Gentes enfin {1901), on voit, chez le Rœuf, pénétrer un pédicule vasculo-conjonctif qui forme un arc central, puis s’arborise.

Mais c’est chez l'Homme qu’on a décrit la formation conjonctive la plus marquée. Harris et Gow (1894) font une variété à part de ses îlots (leur troisième type), comme étant composés, et divisés en lobules par de fines cloisons connectives. Dieckhoff (1894) les voit parcourus irrégulièrement par de délicats « tractus conjonctifs » avec noyaux, circonscrivant des « espaces acineux (acinœse Ilohlræume) » (i). Kasahara (1896) emploie des termes presque Identiques. Yon Ebner (1899) voit par places seulement pénétrer avec les vaisseaux du tissu conjonctif qui divise l’îlot ; ailleurs il y a contact immédiat avec les capillaires. Pour Gentes (1901) Pilot rétracté (par simple agrandissement de l’espace circulaire, qu’il croit normal et compare à une véritable séreuse revêtue d’une ébauche d’endothélium,) reste suspendu au niveau de « son hile », comme le glomérule de Malpighi, par un pédicule formé par « ses vaisseaux accompagnés par une petite quantité de tissu conjonctif )>.Ce « pédicule vasculo-conjonctif», après avoir pénétré dans l’îlot, lui constitue une sorte d’ « axe n . Du tronc vasculaire axial part une riche arborisation ; « c est autour des derniers ramuscules que se disposent les cellules ... » Dans la vieillesse, le tissu conjonctif augmenté forme autour des îlots « une véritable coque, qui les isole totalement des acini. H envahit d ailleurs la substance de 1 îlot elle-même en suivant le pédicule ». De même, dans un cas de diabète maigre, Gentes trouve « le pédicule vasculo-conjonctif plus développé que normalement, ainsi que les arborisations dans 1 intérieur du coi-

(i) Il l’aul noter qu il s’agissait d’organes

aireclés d’un certain degré de sclérose.

:\IliMllUANKS PUÜI’llKS

puscule » ; plusieurs îlots sont presque complètement étouirés par la sclérose (i).

M.-B. Schmidt (1902) disait simplement que les cordons sont souvent disposés en roue autour de capillaires rayonnant d’un vaisseau central. Il constatait donc la même architecture générale, sans insister sur 1 clément conjonctif.

Pour Fli.\t (1908, Homme), le tissu conjonctif qui forme la char- << Sepia» pente intérieure, comme celui qui entoure les îlots, fait contraste avec celui du reste du lobule par sa plus grande netteté. De la capsule partent des « septa » qui partagent la cavité qu’elle limite, et qu’ils traversent de part en part, en cavités plus petites. Généralement il y a un septum médian longitudinal, et plusieurs transversaux, partageant 1 îlot en deux rangées de plus petits espaces. Les trabécules émanées de la capsule ont la meme structure fîbrillaire que celle-ci.

Pour Sauerbeck (1904-6, Homme), « Pîlot consiste en une tige h Tige conjoncilve » conjonctive conduisant les vaisseaux, et plus ou moins richement et Sauerbeck. délicatement ramifiée avec eux ». C’est autour de cette tige, seule existante dans les îlots simples, que la masse épithéliale s’infléchit parfois en « gastrula ».

^ Membranes propres. — Pour en finir avec le tissu conjonctif de 1 îlot, réunissons ce qu’on a dit des membranes propres des cordons et de celles des vaisseaux. Cela se réduit à peu de chose.

Chez l’embryon de Mouton (iSqh-c), nous avons constaté l’existence d une mince membrane propre contenant des noyaux aplatis, sur les tubes pancréatiques primitifs d’abord; puis, dès l’origine, sur les îlots primaires, qui en sont de simples bourgeons. Les capillaires sont généralement « immédiatement accolés en dehors de la membrane propre^ ou à très peu de distance d’elle. Plus l’embryon grandit, plus ce rapport paiaît intime ». Dans les îlots secondaires, nous voyons « dans quelques-uns des tunnels (vasculaires) pénétrer quelques éléments conjonctifs; mais le plus souvent le vaisseau est direclement auconlacL de l’épithéliam.U sang contenu n’est donc séparé de ce dernier que par 1 épaisseur d un endothélium vasculaire un peu modifié... »

Gk.ntes jusque sur le terrain anatomo-pathologique, parce qi delLIèrnêrnél^^^^^^^ ""'■'"‘i''" par lui. OP.E*VenaiMans sc

la pénétration Hn a cette époque de üentes, de décrire égalemei

pagnfle diTèl^^^^ n • a """J""" “ vaisseaux, dans la sclérosé qiü acco.

huait plus d’iinn/.pi^'"* pas nus en évidence la disposition normale, et atti Okntes et coinmp l' ** t” peri-insulaire. Ür, comme y insiste le premii

insulaire oui tWino iigure, c’est, souvent au moins, la sclérose inlr

(I9o5). ^ c°'“'nenee. Voir sur ce point le mémoire de Gnu

Membranes

propres.

Une membrane propre

chez l’embryon.

Dans les îlots secondaires, les vaisseaux pénétrants sont directement au contact

de l’épithélium.

MEMUIIANES l’IlOIMlES

VoM Eiineu ;

ni propria ni aduenlilia.

Diamarb :

pas lie propria.

Recherches personnelles sur les

membranes propres et le tissu conjonctif de l'Homme adulte.

Le cordon épithélial est au contact du capillaire; mais celui-ci possède une gaine amorphe généralement épaisse.

IIahuis et Goav (iiSg/i) dccrivenl cl figurent entre les cordons des espaces vides (vaisseaux) qu’ils croient voir, par places au moins, limités par un endothélium. Vox Ebxek (1899) met les cellules des cordons en contact avec la paroi du ca[)illaire « sans interposition de quelque tissu que ce soit, correspondant à une Membrana propria ou à une Adoenlilia capillaris ». Eiguteu (1902) le répète presque dans les mêmes termes.

Dia.maue (1899-a) fait remarquer que, dans ses deux premiers travaux (1895 et 1896) sur le corps interrénal des Sélaciens et les surrénales des Téléostéens, il a établi que les cordons pleins sont dépourvus d’une membrane propre. La ligne qui les sépare du sang sur la coupe est la section de la paroi même du capillaire, contenant les noyaux de l’endothélium. Il applique la même description aux cordons des îlots de Langerhans.

Ssobolew enfin (1901, 1902) dit que l’endothélium des capillaires louche les cellules des cordons.

Parfois, d’autres auteurs emploient le mot de membrane propre, mais sans autre explication, et plutôt, semble-t-il, comme synonyme de ligne de contour limitant le cordon (ligne qu’ils ne cherchent pas à distinguer de la paroi des capillaires), que pour affirmer l’existence d’une véritable propria distincte.

Chez les Ophidiens (1902-d), nous croyons voir par places persister une telle membrane, mais avec quelques réserves.

Il était intéressant de chercher à préciser davantage, et de voir si dans les nombreux points où le contact avec les capillaires est immédiat, cette membrane a bien complètement disparu. C’est ce que nous venons de faire chez l’Homme (igo5-ô).

’l’rès souvent, dans les simples fixations à l’alcool surtout, les cordons épithéliaux subissent un retrait très accentue. Leur périphérie est souvent alors comme déchirée : elle n’est jamais marquée par une ligne régulière contenant des noyaux. Ils n entraînent donc pas dans leur retrait de membrane propre à leur surface, et une seule chose sépare celle surface du sang contenu dans les vaisseaux : c est la paroi des capillaires. Mais celle-ci présente, chez l’Homme surtout, un aspect tout à fait spécial. En certains points elle est très mince encore, réduite, semhle-t-il, à un simple trait; le plus souvent au contraire elle est d’épaisseur considérable quoique très inégale, et d’un aspect singulier, bien fait pour dérouler l’observateur. Celle épaisseur est surtout marquée sur le Ironcule vasculaire principal.

I']n (‘ll’et, on rencontre très souvent ici, surtout dans les dots un peu

MKMItUANES PROl'UKS

gros, la disposition décrite par Gentes, Scu.miut, Saüeruegk, c’est-àdire un vaisseau central pénétrant, un troncule formant axe, et sui' lequel se branchent les vaisseaux secondaires, bientôt anastomosés. Mais on peut trouver aussi plusieurs de ces troncules ; ce sont en général, comme nous l’avons dit plus haut, des capillaires (collatéraux ou terminaux) provenant directement d’une artériole, mais n’en possédant plus la structure.

La paroi du troncule et des vaisseaux principaux est donc particulièrement épaisse, et l’idée vient de suite qu’elle est dédoublable en une couche endothéliale et une gaine conjonctive, assez irrégulière et assez épaisse, où l’on aperçoit des noyaux et de vagues stries longitudinales : d’où les descriptions de la plupart des auteurs, le « pédicule vasculo-conjonctif » de Gextes, la « tige conjonctive >> de Sauerbeck.

Mais il faut étudier de plus près cette gfiine conjonctive des capillaires, avec un bon objectif, et en employant des méthodes de coloration électives telle que celle de van Gieson par la picrofuchsine (procédé de Hansen), celle de Mallorï par le bleu d’aniline-orangé, et surtout certains excellents succédanés très foncés de la fuchsine acide (noir naphtol, bleu diamine) préconisés par notre collègue Cuutis {Société de Biologie, juillet i9o5)(i). On peut, par la safranine par exemple, colorer en rouge pcàle l’endothélium, dont les minces plaques sont par places soulevées, et en rouge foncé ses noyaux. Et l’on voit bien alors en dehors d’eux la majeure partie de la paroi, plus ou moins fortement colorée en violet foncé (picro-noir naphtol de Curtis), représenter une gaine conjonctive, mais de nature toute spéciale. Rarement on y rencontre quelques fihres connectives fines - ai moyennes, sur le troncule principal ; le plus souvent, c’est simplement une couche épaisse de substance amorphe (L. , igo5-6), contenant de place en place des noyaux plus ou moins aplatis, souvent irréguliers, souvent aussi par groupes de deux ou trois, assez généralement entourés d’un très mince endoplasme clair, non granuleux, peu ou point colorable. Cette gaine est d’épaisseur très inégale, réduite parfois à un mince liseré sur un côté du capillaire, très marquée au contraire sur l’autre ; elle présente des crêtes et des dépressions longitudinales à sa surface externe. Ces différences d’épaisseur la font paraître vaguement striée, mais de stries larges, courtes, irrégulières, ou filant obliquement quand on fait varier la mise au point, et montrant ainsi qu’il s’agit do simples accidents de surface. Ce ne sont point des fibres.

Elle ne renferme que par places quelques fines fibres rares :

c’est de la substance conjonctive amorphe.

(i) Et surtout Archives de Médecine expérimentale, igo,^, p. (io3.

Vt K I) ENSKMIU.K HL' TISSU CON,K)NGTIF

G’csl la

gaine adventice amorphe des capillaires fusionnée à la propria des cordons et épaissie.

Formant pseudo-capsule autour de l’ilot.

Le tissu conjonctif de l’îlot

est généralement réduit à ce système de membranes amorphes, lieu d’élection pour les lésions.

Dans le parenchyme exocrine voisin, les capillaires sont entourés d’une très fine membrane propre amorphe, qui se détache comme un trait foncé par les colorants précédents. Mais elle est si mince qu'elle fait

corps aveclevaisseauetse distingue assez diiïicilementdel’endothélium,

dont les noyaux sont pourtant nettemen t en dedans. La propria des acini est, comme nous l’avons vu, généralement amorphe, contenant de place en place des noyaux aplatis. Quand un capillaire se trouve serré entre deux acini dont les membranes propres sont confondues en un mince pellicule unique, on voit à son contact cette pellicule se dédoubler, l’entourer, et se reconstituer au delà ; elle ne fait qu’un avec la propria ou vitrée du capillaire.

A l’entrée de ce dernier dans l’îlot (L. , i go5-6) nous voyons simplement cette gaine amorphe s’épaissir assez soudainement et irrégulièrement, mais séparer seule l’endothélium des éléments épithéliaux du cordon. Nous devons donc la considérer comme formée par la fusion de la propria du cordon avec celle du capillaire. Nous verrons que la théorie du balancement et de la variabilité des îlols rend facilement compte de son épaisseur particulière.

Il en est de meme autour de l’îlot. Souvent en effet, en suivant un capillaire, nous voyons la gaine quitter ce capillaire à sa sortie pour se réfléchir a la surface de 1 îlot et lui former une sorte de pseudo-capsule, c’està-dire une membrane propre amorphe qui n’est souvent pas plus épaisse que celle des acini voisins, avec laquelle elle se confond. Mais souvent aussi, par places au moins, elle s’épaissit irrégulièrement, et peut contenir d’assez nombreux endoplasmes nucléés, sous forme parfois d’assez larges cellules plates, ovalaires ou fusiformes, facilement reconnaissables (i). C’est seulement alors que la membrane mérite ce nom de pseudo-capsule. On y trouve fréquemment, mais non toujours, quelques fines fibres conjonctives.

Nous conclurons donc que l’étude des membranes propres donne la clef de la constitution de la charpente conjonctive del’îlot, que celle-ci se réduit généralement chez l’ Homme à un système de membranes propres spéciales, épaissies, fusionnées à celles des vaisseaux, et à la périphérie à celles des acini voisins, et que les fibres conjonctives ne s’y présentent qu’à l’étal sporadique (2). Mais on comprend sans peine

(i) Ce. doivent être elles (|ue Fichhra décrit chez le Chien, lorsqu’il dit que la capsule est forince de cellules aplaties.

(a) Nous ne retrouvons donc pas les nombreuses libres décrites par Flint. I.a méthode des digestions artilicielles, qu’il a surtout employée, conserve aussi bien la substance amorphe que les libres, souvent en outre elle la rétracte, la plisse, d’ou un aspect strié plus marqué encore, et qui peut être source de confusion.

VUE D ENSEMItUE OU TISSU C.ON.IONGTll’

que ces formations amorphes, exceptionnellement épaisses et d’aspect quelque peu embryonnaire, soient un terrain très favorable au développement de la sclérose ou de la dégénérescence hyaline. Elles représentent pour nous les exoplasmes de cellules conjonctives un peu spéciales, fusionnés en un tout continu.

Puisque dans l’intérieur de l’îlot nous ne les trouvons en général que sous forme de gaines tapissant le tunnel vasculaire, l’épithélium du cordon reste en somme, chez l’adulte comme chez l’embryon, séparé seulement du sang par la paroi du capillaire, la gaine amorphe représentant la membrane propre commune du capillaire et du cordon. Ajoutons que, chez la plupart des espèces, cette propria commune est beaucoup plus mince que chez l’Homme, et plus difficile à voir.

Nous ne trouvons donc pas, à la façon de Harris et Gow et surtout de Flixt, tout un système de septa cloisonnant l’îlot. Une coupe isolée peut faire croire que telle ligne représente la section d’un septum: une série de coupes détruit cette impression. Ou plutôt, nous ne retrouvons qu’exceptionnellement ces septa, entre deux ou plusieurs lobes de certains gros îlots composés.

En général par conséquent, les îlots ne sont pas réellement divisés en lobules. Même dans les îlots composés, toute cloison disparaît le plus souvent au moment où la fusion devient intime. La lobation, peu accentuée d’ailleurs, qui apparaît à la surface de Fîlot rétracté, est due à la saillie de chacun des cordons entre les orifices d’entrée ou de sortie de deux capillaires voisins, saillie exagérée par cette rétraction. D’ailleurs le mot a été employée par les auteurs en des sens très différents. Ainsi Gextes (1091) dit que .l’îlot montre une lobulation très accentuée chez le Chien (comparé aux Rongeurs); mais il explique plus bas ce qu’il entend par là : c’est que, les capillaires étant bien plus nombreux et plus dilatés, « l’îlot est pour ainsi dire percé à jour ». Les lobules de Gextes ne sont donc autre chose que les cordons. Giannelli (1898) emploie le mot dans un sens analogue, puisqu’il appelle îlot composé, chez le Rat, un amas qu’il figure formé de trois fins cordons parallèles, séparés par des capillaires à paroi fine et adhérente. Au contraire, Harris et Goav (189/1), (1908) entendent

par lobules des segments séparés par de véritables cloisons.

Dans les gros îlots de l’Homme, nous avons souvent trouvé un certain nombre de vésicules adipeuses, très rarement incluses, plus généralement accumulées sur un point entre lui et le tissu voisin. Il est probable que ces cellules se développent pour combler le vide que cause, au niveau de l’îlot, le retrait graduel de ses éléments à mesure qu’ils se vident.

Pas de septa.

Rarement de vrais lobules.

/ONKS ACINKUSKS l‘KHI-INSUI,A IBES

.Iahotsky :

existence autour <lcs îlots, chez la Souris inanitiéc, il’nno ceinture (1 acini |iln$ riches en grains de (-il. Keiix.xud.

Nous trouvons ces zones péri-insulaires très marquées chez les Ophidiens,

Zones péri-insulaires. — Jarotsky (1899) a signalé le premier une parlicularité singulière, que nous avions déjà remarquée chez les Ophidiens, mais dont nous n’avons parlé que plus tard. Chez la Souris a jeun depuis un assez long temps, les cellules du parenchyme les plus voisines des îlots, dit-il, prennent un aspect tout particulier. Cela consiste en une augmentation de volume de ces cellules, et une forte accumulation de grains de zymogène; elles en sont littéralement bourrées {vollgeslopft), et, après emploi de l’éosine, les îlots semblent entourés d une véritable ceinture rouge.

Diamare (1899-6) répond qu’il voit des îlots dans des parties très riches en zymogène, comme en d’autres au contraire très pauvres ; il pense donc que la richesse en grains observée parfois au contact des îlots est un fait accidentel.

Chez les Ophidiens pourtant, nous retrouvons cette disposition avec une grande régularité (1902-^) dans des circonstances analogues à celles signalées par Jarotsky. Sur certaine Couleuvre par exemple, à jeun depuis plus de quarante et un jours, « dans la plupart des acini, les grains de zymogène très petits ne constituent plus qu’un semis apical très discret, ou sont dispersés en petit nombre dans tout l’élément. Au contraire, au voisinage immédiat des îlots et à mesure qu’on s’en approche, ces grains augmentent rapidement de taille et de nombre, si bien que la dernière rangée de cellules acineuses principales, contiguë à l’îlot, est généralement bourrée de gros grains, remplissant tout le corps des éléments. . . 11 en résulte que chaque îlot, à un faible grossissement (après liquide J., safranine-gentiane-orange) (i), se présente comme une tache de fine poussière violette, occupant le centre d’une tache rouge plus large constituée par un semis Je gros grains, et lui formant par conséquent une ceinture complète (2). Cette zone, nettement limitée du côté de l’îlot, va en se dégradant extérieurement, les grains devenant plus petits et moins nombreux, et se relie ainsi graduellement au re.ste du tissu exocrine. 11 est donc assez difficile de préciser ses limites. Pourtant on peut dire que la modification n’est bien accentuée que sur la largeur de un à trois acini. Au delà ce n’est plus qu’une sorte de pénombre... Enfin notons que les paranuclei, qui sont en général très épais dans les cellules acineuses ordinaires, sont minces dans les cellules les plus voisines de l’îlot, ou peuvent même faire complètement defaut » (1902-dj.

(1) Surraiiine et piero-indifço-c.annin donnent aussi d’excellents résultats apres fixation au sublimé.

(2) ('ne ceinture sur lacoupe,une coque en réalité dans l'espace, coque pcri-insulairc.

ZONES ACINEUSES l’ERl-INSUI, AIRES

Ces zones pérl-insalaires, comme nous les avons nommées (igo2-(/), ne sont bien nettes qu’à la suite d'un jeûne prolonge, et se modifient si l’on se rapproche ou s’éloigne davantage du dernier repas. Si l’on donne à manger à un animal laissé quelque temps à jeun, des les premiers stades de la digestion (au bout d’une heure et demie) on ne retrouve plus les zones qu’à l’état de vestiges et incomplètes. Souvent même les cellules les plus voisines de l’îlot sont alors plus pauvres en grains. C’est seulement au bout de quarante-huit heures, c’est-à-dire vers la fin de la digestion, que nous avons vu reparaître ces zones, d’abord peu marquées. C’est seulement après un assez long jeûne (un à deux mois), qu’elles prennent l’accroissement considérable et typique d’abord décrit. Puis elles diminuent à mesure que diminue le zymogène dans l’ensemble du pancréas. Au bout de deux mois et demi et trois mois, alors que le zymogène a complètement disparu dans le reste de l’organe, elles ne représentent plus qu’une ceinture mince et souvent incomplète d’acini, différents des autres parce qu’ils contiennent encore un peu de grains. Mais il est fort remarquable qu’elles soient constituées par les dernières cellules pancréatiques qui en contiennent encore à cette limite extrême, à une époque où l’organisme est épuisé, et où la plupart des animaux succombent (i).

Jarotskt incline à conclure que les acini des zones péri-insulaires sont plus riches en grains de Cl. Bernard, parce qu’ils reçoivent par diffusion une substance élaborée par les îlots, substance qui contribuerait à la formation de l’un des ferments du suc pancréatique, celui des graisses de préférence. Mais c’est en désaccord avec les çlerniers faits que nous venons de noter. Par quelle sorte d’aberration la cellule d’îlot continuerait-elle à contribuer à l’élaboration du suc pancréatique chez des animaux dont la glande est au repos depuis trois mois, dont les canaux sont vides, dont les cellules acineuses ordinaires, réduites de moitié en volume et en voie d’atrophie, ne contiennent plus trace de grains? Il faudrait que ces cellules des îlots n’eussent aucun lien avec celles des acini, ni avec le système nerveux I Or nous savons les îlots très richement innervés.

Ces mêmes faits prouvent au contraire que ce sont non les îlots qui travaillent pour les acini voisins, mais les acini qui travaillent pour les îlots. Les zones conservent leurs grains comme les îlots, dont la fonction est continue même quand le tube digestif a suspendu les siennes. Les zones péri-insulaires nous semblent essentiellement

Leurs variations fonctionnelles.

Opinion de Jakotsky :

ce seraient des acini plus riches, parce qu’ils reçoivent une substance élaborée par les îlots.

ISotre opinion :

ce sont

au contraire les derniers acini qui conscrvotil les gi-ains daris l’inanition.

(i) En hiver et en captivité tout au moins.

ZONES ACINEUSES PÉIIl-INSL UAIHES

au bénéfice des ilôts qui les emploient.

« caractérisées » par « un retard dans la régression » résultant du nonfonctionnement, régression qui frappe, dans l’inanition prolongée, tout le tissu exocrine. Non seulement elles conservent leurs grains de zymogène et les augmentent de volume (c’est là que sont les plus gros), mais elles en produisent même de nouveaux, comme l’indique la disparition fréquente des paraimclei. a C’est donc que le voisinage des îlots exerce une action excitatrice sur ces cellules indépendamment de tout acte digestif. Ce ne peuvent être... les acini qui ont besoin delà sécrétion des îlots, ce sont donc les îlots qui ont besoin de la présence du zymogène autour d'eux. »

On le comprendra mieux quand on verra plus tard (d’après nous tout au moins) les îlots se former et s’accroître incessamment au dépens des acini, et utiliser, en le modifiant, le matériel de sécrétion que ces derniers ont mis en réserve. Mais il est fort possible aussi que, par une diffusion en sens inverse de celle admise par Jaiiotsky, ils puissent céder lentement une partie de ce matériel aux îlots.

Page 1