‹ Le pangermanisme colonial sous Guillaume II;Chapitre 2 sur 84 · LES · texte numérisé non relu

LES

PLANS COLONIAUX DU PAN(iEIlMANISME

Il y a eu clans la propajçande du panji:t'rinauisnu* depuis (iuillaume H une oseillation violente qui eu a rendu rintelligence difficile aux profanes. Les doctrinaires et les Ligues du pangermanisme sont revenus, dans les quinze dernières années, à des plans continentaux anciens que l'on pouvait croire oubliés (i). Ils avaient commencé par des plans coloniaux qui, dans les dernières années, n'ont fait que s'élargir. Les deux sortes de plans étaient-elles inconciliables? Ils n'étaient pas l'd'uvre des mômes hommes. A l'origine, quand on était encore rapproché du temps où Bismarck voulait épargner à r « Allemagne saturée » le danger des coalitions dont il eut toujours le cauchemar, la première expansion possible au dehors (après les annexions de 1864, de i8l>() et de 1870) fut l'expansion coloniale. Bismarck, pour se faire une alliée de l'Autriche, lui

(I) Voir notre volume sur les Origines du Pangermanisme.

avait permis de s'accroître sur le continent, parl'occupation de la Bosnie et de l'Herzégovine; mais il la modéra toujours depuis lors; et il affirma le désintéressement total de l'Allemagne aux Balkans. En revanche, pour satisfaire aux remuants besoins de la nouvelle Allemagne, il laissa de hardis novateurs courir quelques aventures en Afrique et dans le Pacifique. Pendant les négociations relatives à l'Afrique occidentale, il mystifia la diplomatie anglaise par des bluffs dignes de ses plus beaux jours. L'opinion allemande prit goût à cette sorte de sport diplomatique. Quand, avec Gaprivi, les préoccupations balkaniques reprirent le dessus et que la stagnation coloniale commença, ce fut une déception douloureuse. Le mécontentement pangermaniste date de là. Ses premières ambitions insatisfaites sont des ambitions coloniales. Les difficultés de la rivalité avec l'Angleterre ont, depuis, rendu de la force aux appétits continentaux de l'Allemagne; et les plans sur l'Asie Mineure ont permis de compléter l'une par l'autre la préoccupation balkanique de Caprivi et les préoccupations coloniales des anticaprivistes. Il est né ainsi un pangermanisme intégral, également redoutable à ses plus proches voisins d'Kiirope et aux plus lointains continents d'outremer, (^est le mouvement colonial qui cepcntlant a entretenu dans le public allemand les rêves de proie grandioses et lui a donné l'habitude, nouvelle en Allemagne, des critiques maussades et des révoltes <r()[)ini(>n.

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