Des moyens de protéger les intérêts allemands au
Brésil.
Après ce coup d'œil d'«!nsemble sur les avantages et les dangers du marche brésilien, il reste, en dernier lieu, à inentionuei" les moyens qui se présentent pour y sauvegarder el y l'aire progresser nos intérêts. Dans le domaine politique, il y aurait lieu de considérer, tout d'abord, la conclusion d'un traité de commerce el de navigation qui nous accorderait des garanties conti'e des surprises désagréables, relativement à la politique commerciale des Américains du Nord ou contre des cliangemenis incalculables et des majorations volontaires des tarifs douanici's brésiliens. Le vœu essentiel <le l'Allemagne d'être traitée sur le pietl de la nation la plus favorisée se heurte, sous cette forme générale, au refus du (louvernement brésilien qui désire conserver les mains libres pour des traités de réciprocité ; quant à un traité de tarifs spéciaux entre l'Allemagne et le Brésil, avec fixation de certains droits de douane, on n'est pas davantage tlisposé à Uio à en conclure, tant que les rapports commerciaux entre le Brésil et les l'épubliques voisines du Sud de l'Amérique n'auront pas été réglés par traité. Presque aussi défavorables sont les chances de conclure une convention consulaire, au sujet de laquelle rAllemagne a engagé, à diverses reprises, des négociations, principalement pour garantir par traité les pouvoirs des consuls, en vue d'en faire des représentants et des protecteurs efficaces de nos immigrés au Brésil. Des traités d'émigration spéciaux, dont il a été question occasionnellement, appartiennent à l'empire des doux rêves qu'on ne saurait réaliser. 11 n'est
4a I-E PANGERMANISME COLONIAL
pas jusqu'aux ellbrts faits par voie de convention consulaire pour proléger quelque peu l'immigration, qui n'aient rencontré une forte méfiance de la part du Gouvernement brésilien, lequel, comme tous les Gouvernements faibles, veille avec un soin particulièrement jaloux à ce que même l'apparence d'une limitation de ses pouvoirs souverains soit évitée. Peu de temps avant la chute de l'Empire, le Bi*ésil avait dénoncé toutes les conventions consulaires avec les puissances étrangères, à l'occasion de dilférends avec les consuls jtortugais dont les réclamations étaient devenues très gênantes, par suite (lu cliiil're élevé de la population portugaise. Quoique cette mesure n'ait nuUeuient empêché les consuls de représenter, après comme devant, les intérêts de leurs compatriotes en face des autorités indigènes, sur la base de la situation consulaire reconnue par le droit des gens, le Gouvei'nement brésilien ne s'en est pas moins jusqu'ici refusé à remettre en vigueur les conventions consulaires. Dans le but d'assurer une meilleure protection de ses nationaux et de ses intérêts au Brésil, l'Empire alleuiaud y a augmenté récemment le nombre de ses consuls de carrière, et cela non pas seulement dans les localités où les besoins du commerce et de la navigation l'exigeaient, comme à Bahia et Sào-Paulo, mais aussi là où c'est la tâche principale des consuls «le s'occuper des all'aires des Allemands immigrés et de leurs successeurs futurs éventuels. La création de consulats de carrière pour les Etats <le Parana et SanUi (]atharina a eu lieu, comme il est bien permis de le prétendre, principalement dans l'intérêt <le l'immigration allemantlc et des cnlreprises <|ui s'y raltattlicnl.
Ibid., p. Q7.
RICHARD KRAUEL 4^