‹ Le pangermanisme colonial sous Guillaume II;Chapitre 48 sur 84 · NATAL EST-IL VRAIMENT UN I'HÉ.NOMÈNE DES TEMPS MO- DERNES · texte numérisé non relu

NATAL EST-IL VRAIMENT UN I'HÉ.NOMÈNE DES TEMPS MO- DERNES

L'émigration est un phénomène (jui se jioursuil à liavers toute riiistoiro de rAllenia^ne. Les Cinibrcs el h's Teutons ont été le premier exenii»le historique de «•elle éini^M'alion. I^ors de la i;-raiule migration des pcui»/i's (invasions barbares), les tribus allemandes se mirent en mouvement et submergt'cent r<>iii|)ire romain. IMns laivi se pr«jdtiisit un mouvement de mij^ration vers l'est, soil jKJur regagner de vieilles terres allemandes, soit pour

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s'étendre, en descendant le Danube. En dernier lieu, suivit le grand exode par delà les mers, i)rineipalenient dans la direction de l'Amérique.

— Quelles ont été, pour la nation allemande, les conséquences de ces migrations?

Les vieilles peuplades des Cimbres et des Teutons, les Ostrogoths et les Wisig^oths, les Lombards et les Vandales, les Burgundes et une partie des Francs ont sombré dans la masse des populations latines. Pendant un certain tem[)s, ils formèrent comme une couche de maîtres et de conquérants, mais ils ne tainlèreiit pas à succomber sous l'influence de la civilisation romaine supérieure qui les entourait. Et tel sera aussi le ^ort des emigrants ^avvls plus tard, si Von ne réagit pas contre cette ruine menaçante.

— N'eST-IL DONC PAS l'AIT DANS CE SENS TOUT LE NÉCESSAIRE?

Non ; avant tout, c'est à la mère patrie qu'incomberait la tâche de prévenir ces pei-tes, dans la mesure du possible, non pas pourtant en interdisant l'émigration, mais en montrant, par des prescriptions légales comme par la conduite de ses représentants oiTiciels, que les fils et les citoyens de l'Allemagne lui restent chers, même après avoir quitté la terre d'Empire.

— Est-ce que cela ne se fait p.\s ?

Nous avons encore une loi de nationalité de 1870 stipulant qu'un Allemand, après un séjour ininterrompu de dix années à l'étranger, perd sa nationalité, s'il ne se l'ait pas inscrire sur le registre matricule des citoyens de l'Empire chez le consul auquel il ressortit. Un député de cette époque, devenu plus tard ministre dos Finances de la Prusse, Miquel, a déclaré à ce sujet quil n'y avait i)our agir ainsi qu'un peuple et un État qui ne se respectent pas.

lOO LE PANGERMANISME COLONIAL

On considérait alors les Allemands de l'étranger comme un ballast qu'il fallait jeter dehors le plus tôt possible.

— N'y a-ï-il donc jamais eu de motifs de uéformeh,

SUIVANT l'esprit DE NOTRE TEMPS, CETTE LOI MANIFESTE- MENT SURANNÉE?

I*lus qu'il n'en fallait. Car justement cette loi est une des causes que tant d'Allemands aient jierdu ou abandonné leur nationalité ; des pertes ont été iûflig-ées inutilement à notre corps national, attendu que les Allemands ne pou vaient remplir les obligations voulues qu'au prix de sacrifices considérables d'argent et de temps, en raison des voyages qu'elles nécessitaient.

Des TENTATIVES n'ont-elles pas été FAITES POUR

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