ÉCARTER CES DISPOSITIONS SURANNÉES
Dî'S l'année 1894, le professeur D"^ Hasse, député, qui fut pendant de longues années président de la Ligue panfrermaniste, prit au Reichstag l'initiative d'une modification. D'après celle-ci, un Allemand fixé à l'étranger ne pouvait perdre sa nationalité que sur une proposition. (Quelques années jdus tard, lui et son ami, le D' Lehr, arrêtèrent tout un projet de loi. Jusqu'ici le Gouvernemeut imj»érial n'a jamais ro[)ris |»()ur son propre compte cette proposition de loi, malgré les raisons qui militaient en .sa faveur. Mais la conviction s'est établie peu à peu, chez tous les partis bourgeois du Heichstag, qu'une modification est nécessaire, et à chaijue session réapparaît une nouvelle proposition. Aussi la Ligue pangermaniste a-t-elle adressé en i<)i(> une nouvelle j^étition au ehance- \u'V iuiiK'i'ial |)our le prier d«' régler celte alfaii'c. Très prochainement, dit-on, un j)rojel de loi approprié sera déposé au Reichstag.
— Ou RÉSIDENT I.KS DIFFICULTÉS EN CKTIK M.VTIKRE?
Apimi'eminent dans les obligations militaires des Aile
IIRINRICH CAI,:\I15A(.H lOI
m.ands fixés à l'étranger, auxquelles nos autorités militaires, par simple esprit d'équité, n(^ croient pas pouvoir renoncer, mais qui pourraient néanmoins être l'objet de justes adoucissements. Quoi qu'il en soit, on aurait cru qu'il est tout aussi posî>ible d'arriver à une solution satisfaisante en Allemagne que, par exemple, en Angleterre.
Puissent les Gouvernements fédérés, d'accord avec le Reichstag, réussir au plus tôt à faire <euvre salutaire !
— Que peuvent faiur e.\ outue xos représentants OFFICIELS A l'Étranger, pour conserver ses fils a l'empire et au peuple allemand?
Ils doivent, en cas de nécessité et de danger, accorder leur protection aux nationaux alli'mands.
— N'est-ce pas un devoir qui \ a de soi ?
On pourrait le croire. Mais, autrefois, il a été souvent négligé. Au temps de la faiblesse des États allemands, le bras de la puissance politique de l'Allemagne n'était ni assez vigoureux, ni assez long, pour faire accorder cette jîroteclion à un degré suflisant. Car il arrivait souvent alors que ceux qui avaient besoin d'appui se plaçaient sous l'égide d'un l'itut puis.sant, par exemple, de l'Angleterre qui s'occupait de son pupille avec un certain air protecteur.
' — Quel effet produisait nécessairement a l'étranger cette circonstance que des Allemands avant besoin d'appui recherchaient le secours d'une puissance ÉTRANGÈRE?
Avant tout, le prestige des Etats allemands souffrait, quand ceux-ci en étaient réduits à donner ce conseil à leurs nationaux : « Humilité passe partout. » Il s'ensuivait que des Allemands qui émigraient, abandonnaient d'emblée leur nationalité et en même temps souvent
I02 LE PANGKRMANISME COLONIAL
aussi leur langue maternelle comme le sentiment de leur race. C'est ainsi que la faiblesse des petits Etats allemands marquait au dehors une déperdition croissante de force.
— Les choses ne se sont-elles pas améliorées cjuand Guillaume i"" et Bismarck firent une politique allemande ÉNERGIQUE ET, PAR LA FONDATION DE l'eMPIRE ALLEMAND, UN FORT POINT d'aPPUI n'a-T-IL PAS ÉTÉ DONNÉ A NOS NATIONAUX DU DEHORS?
Oui, les choses s'améliorèrent à ce moment. Bismarck ne professait pas cette opinion que les Allemands de l'étranger étaient des gens incommodes, n'amenant que desdiflicultés à leur Gouvernement. Il considérait comme un dei'oir d'honneur de l'État d'intervenir partout en laveur de ses citoyens menacés ou opprihiés. L'accomplissement de ce devoir lui était d'autant plus facile que le poids de sa parole était à même d'opérer des miracles. Car, à l'étranger, on avait un respect extraordinaire pour le poing ganté de fer du fondateur de l'empire.
— Les dépenses causées par l.v protection des Allemands a l'étranger ont-elles été en rapport
AVRC LEUR utilité?
— Certainement. On api^rit à estimer et à respecter les Allemands qui abandonnaient la terre natale, comme |»ionniers du germanisme. Une protection énergique nous les conserva, à nous et à notre Etat. Mais il en résulta égalenu'nt d'autres conséquences éconoun(|ues. De inéinr qu'une luaison d'allaires envoie ses voyageui*s dazLA tous les pays pour y nouer des relations commerciales, ces m('mi)res île notre nalion conservés au germanisme eureul une acticm analogue. Non seulement la civilisatiim allemaiule fui connue et pi-opagée dans le monde, mais aussi les pnxluits de notre industrie renais
HEINRICH CALMBACII Io3
santc. Et ainsi, les débouchés du commerce allemaml s'accrurent dans la mesure même où ces pionniers lui frayèrent la route dans les continents ctrangers.
— Nos REPIUÎSENÏANTS OFFICIELS A l'ÉTRANGBR SONT- ILS TOUJOURS DISPOSÉS A REMPLIR LEUR MISSIOX DANS CE SENS ?
Pas tous. Beaucoup ont cette conception qu'ils font tout leur devoir en expédiant leur besogne de bureau. Certes, ils ont acquis une culture scientifique professionnelle, mais il leur manque souvent une vue exacte de l'importance nationale de leurs protégés.
Il faudrait donc que leur préparation fût complétée de fa<,'on à leur donner l'intelligence nécessaire des questions économiques cl commerciales. Ils devraient avoir le sentiment qu'ils sont moins des fonctionnaires que des conseillei's paternels «le leurs frères de race, dans toutes les questions nationales, économiques et scolaires.
— La mère PATRIE DOIT-ELLE DONC AUSSI PRENDRE SOIN DES ÉCOLES NÉCESSAIRES?
Oui, le plus possible. L'Empire allemand qui a l'obligation scolaire à l'intérieur de ses frontières, ne peut pas se soustraire à cette obligation, quand les communes elles-mêmes ne sont j^as à même de fournir les ressources indispensables. 11 faut convenir que celles-ci sont toujours prêtes à de grands sacrifices; mais là où ces sacrilices ne suffisent pas, il est nécessaire que l'Empire intervienne. L'Empire a donc élevé progressivement les sommes qu'il consacre aux écoles allemandes de l'étranger à yotî.ooo mark.
— Dans ce cas, l'aide des individus ou des sociktks nation.\les ne pourrait-elle pas intervenir?
C'est le cas dans une large mesure. En particulier, la Société des écoles allemandes (der deiitsche Schiilçerein),
io4 i-ï: pangermanisme colonial
appelée maintenant Société pour la propagation du germanisme à r étranger, consacre à cette lîn des sommes considérables. Il est vrai que l'argent destiné à des entreprises nationales semblables pourrait affluer en plus grande abondance encore. 11 ne s'agit de rien de moins, en effet, que de conserver et de fortifier le sentiment national dans notre jeunesse qui est exposée le plus à perdre son esprit allemand sous l'influence du milieu ambiant.
— L'influence d'écoles allemandes de ce genue ne
S'ÉTENDRA-T-ELLE PAS NON PLUS A d'aUTRES PEUPLES?
Certainement. Quand une école allemande, par exemple à Constantinople, est fréquentée par des Grecs, des Turcs, des Arméniens, des Bulgares, des représentants particuliers de ces peuples sont familiarisés avec l'esprit allemand et pourvus de connaissances allemandes. Sûrement ces élèves seront portés, dans la suite, à rendre davantage justice aux aspirations allemandes et à exercer une action dans un sens germanophile, bien que l'on ne puisse nier, d'un autre côté, que plus d'un de ces étrangers utilisera contre les Allemands les solides et hautes qualités qu'il aura acquises dans les écoles allemandes.
— Fauï-il donc que les non -allemands soient traités avec une certaine précaution dans les écoles allemandes de l'Étranger?
Oui, il ne faut ni les accepter tous systématiquciinent, ni se borner de parti pris à des Allemands. 11 conviendrait sans doute de faire un choix prudent. Car ces écoles sont créées, en première ligne, pour les enfants allemands.
— Mais les mesuiies phécitkes sufi isent-elles pouk conskrveil a l kmpine allemand les allemands
ÉMIGRÉS A l'kTRANGEH ET VIVANT SOUS UN DRAPEAU ORANGER?
IIEINIUCH CALMBACH Io5
A peine. Des hommes intelligents l'ont reconnu. C'est 13ourquoi au siècle précédent, en particulier dans les années qui ont suivi 1870, alors que l'émigration, grossissant d'une façon si extraordinaire, augmentait de plus en plus les pertes nationales, on a conçu l'idée de diriger l'émigration vers des colonies qui soient à nous et ainsi de conserver pour nous le germanisme désireux d'émigrer.
Alldeiilschcr Katechismiis (Catéchisme pangermanistei, Mayence, sans date, p. (i9-;4.