Importance des intérêts allemands en Turquie
Depuis vingt ans, l'amitié avec les Ottomans est devenue, pour la politique allemande, le plat qui n'est servi que pour la montre. Dans ces derniers temps, même quand on avouait d'autres échecs nombreux, avec hésitation ou sans détours, on ne cessait néanmoins, avec la certitude de la victoire, de montrer les magnifiques exploits accomplis en Turquie. Jusqu'à présent, on ne s'est [loint lassé de faire caracoler ce cheval de parade; et certainement, si l'on embrasse du regard ce que les Allemands, dix années encore après Gravelotte et Sedan, étaient en Orient en gé'néral et à Constantinople ou à Smyrne en particulier, la rareté avec laquelle les marchands et les touristes allemands y apparaissaient, l'insignifiance complète des capitaux travaillant en Orient, à
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l'inverse d'aujourd'hui où la Turquie est entièrement inondée par nos compatriotes, où déjà un milliard de nos capitaux est placé, on ne peut s'empêcher de concéder que notre influence a augmenté d'une fa<;on énorme dans l'empire ottoman. Rien qu'à (iOnstantinople liabitcnt plus de trois mille de nos nationaux. Le commerce allemand avec les Ottomans s'élève à loô millions de mark et occupe la quatrième place parmi les nations; le trafic de nos armateurs occupe un rang honorable dans la navigation de la Méditerranée orientale. Une grande ligne, que l'on peut égaler en imjtorlance aux gigantesques voies transcontinentales de l'Amérique, de la Sibérie et de l'Afrique, est exécutée par notre haute banque et déjà à moitié construite.
L'Analolie et la Mésojjotamie seront mises en valeur par nous. Enfin, nos instructeurs militaires, parmi lesquels se trouvent nos premiers stratèges, ont porté l'armée turque à la hauteur imposante de l'éducation moderne.
Depuis igtK), la Turquie est un pion d'une importance particulière sur l'échiquier de la jxdilique moiuliale allemande ; et, pourtant, il semble que notre amitié demande à être mise à l'épreuve, et la question est de savoir s'il peut en découler un aussi grand profit que celui (ju'on escompte généralement. Il y a (|ueli|ue temps, le nu'illeur connaisseur lui-même, von dei* (ioltz, a déjà fait retentir un cri «l'avertissement. Il était d'avis que nous n'avions nulle raison de nous engager ainsi sans réserve ])our des inl«-rrls étiaiigers, pour des iiiténHs turcs. Si, d'un côté, on fait ressortir qu'une triple alliance de l'Allemagne, de r.Vulriclie cl de la Turquie constitue un bloc de granit t<jiilre letiuel viendraient se briser les attaques <les puissances hostiles, de l'autre, on doute — même les instructeurs'd'uutrcfois — que l'éducation moderne aitdéjà pénétre réellomont les matises de l'araKc t>t que les troupes
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ottomanes soutiendraient l'attaque contre un adversaire <le première valeur sur un tliamp de bataille européen.
Tilrkei — Oesterreich — Deutschland (La Turquie — l'Autriche — l'Allemagne), i4)i2, p. 20-ai.
.. Vanité des espérances fondées par V Allemagne sur un mouvement panislamiste.
Que do lois n'avons-nous pas entendu dii-e que T Allemagne n'avait simplement qu'à soulever le monde mahoraétan, pour susciter aux ennemis de celui-ci les plus grands embari^as ! De l'Inde jusqu'au golfe de Ouinée, les disciples du Proj)hète se soulèveraient, en suivant en même temps les ordres de l'Allemagne. Certainement, le i)anislarai«me est un phénomène qui mérite absolument d'être pris en sérieuse considération ; néanmoins, des mouvements semblables ne se font pas avec une telle rapidité. Le christianisme a mis trois cents ans pour devenir une puissance mondiale. Sans doute, l'islam s'étendit comme un feu impétueux, mais il lui' fallut aussi plus de cent ans avant de soumettre, dans une certaine mesure, la lisière septentrionale de l'Afrique. De nos jours, les moyens de communication ont certes gagné intiniment en étendue et en caj>acité productrice; mais, d'une part, plus d'un pays étranger, comme le Maroc et l'Abyssinie, est resté, môme de nos jours, exactement <lans l'état où il était il y a trois cents ans ; nulle voie ferrée ne le traverse. D'autre part, il ne faut j^às oublier qu'autrefois, au temjîs de Mahomet et après lui, le mouvement de civilisation et de religion fut soutenu par une puissance politique et militaire formant un bloc, (ù'est ici ([u'est la difficulté. Est-ce que le panislamisme dispose de flottes? A-t-il seulement quelque organisation
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d'ensemble? Jouit-il d'une unité politique? En aucune façon! Le monde musulman est, i)olitiquement parlant, déchiré et émietté ; rAlghanistan est séparé du Turkestan, et la Turquie a un padischah comme la Perse. Il y a plus encore. Même à l'intérieur de chaque Etat, il ne règne aucune unité ; la main des Arabes est tournée contre les Turcs, et la main des Berbères contre les Arabes. Tout ce que nous avons vu, au cours des^ dernières générations, n'est qu'une dispersion sans cesse croissante, qu'une augmentation d'impuissance dans le monde islamique. Naturellement, les choses peuvent changer dans la suite. Il se peut qu'une guérison, un essor national, une concentration religieuse apparaissent, mais, jusque là, il passera encore beaucoup d'eau dans le Sebou et dans l'Indus. 11 importe de s'en rendre compte clairement; car, chez nous, on place réellement des espérances tout à fait extravagantes sur l'islam, en vertu d'une double illusion : d'une part, nous nous abusons sur lu force actuelle de l'islam et, d'autre part, l'islam, qui n'est rien moins (pie favorable au christianisme et qui n'a fait avec nous que des expériences mauvaises, voudra-t-il mettre délibérément à notre «lis])i)sitioii cette force qui n'existe pas?
^ Ibid., ii..a2-'-83.
'3. Possibilité d'une colonisation allemande en Asie- Mineure. — Erreurs de le^ haute banque allemande et du conservatisme a gr arien.
l'endaut «le htiigue^ années, ce lui un priiiciitc cluv. nous ([u'uiie colonisalioii alk>maii<le eM Tiiripiic d'Asie était imposHiblc. Le principe fut si souvent répété <|u'à la Un il devint un dogme, un article <le foi. ( '/était vérita-
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blement comme une hypnose des esprits. Et pourquoi donc, je vous le demande, serait-elle impossible? Est-ce jjar hasard à cause du climat? L" Anatolic présente pour le moins des conditions climatériques beaucoup plus favorables que le Maroc ou l'Algérie, où pourtant les chrétiens d'Europe sont fixés par centaines de mille.
En hiver, le thermomètre y descend bien au-dessous de o", dans le nord de l' Asie-Mineure jusqu'à — 15" et même davantage. D'ailleurs, n'avons-nous donc pas déjà depuis longtemjis des nationaux en Turquie d'Asie? Je veux parler des nombreux Souabes, qui depuis un demisiècle sont établis dans la brûlante Syrie. Il n'y tombe jamais de neige, et pourtant les Souabes réussissent et sont parvenus à l'aisance et à la 2)rospérité. Donc, encore une l'ois, pourquoi impossible? D'ordinaire, on répond par des raisons politiques. Il ne faut pas détruire nos bons rapports avec la Turquie! Mais les Templiers souabes n'ont jjas, que je sache, porté atteinte à ces raj)ports et, dans le Nord de l'Afrique, un million de chrétiens occidentaux sont fixés tranquillement parmi les mahométans. Pourquoi donc, en définitive, notre amitié intime avec la Turquie serait-elle détruite par une colonisation d'amis, alors que des colons de ce genre ne feraient qu'augmenter la capacité fiscale et la force de résistance militaire de la Turquie?
En vérité, la clef de l'énigme, c'est que la banque allemande ne veut pas de colons. Il imi)orte peu d'en scruter les motifs; il suffit ([ue ce point de vue ait des représentants tenaces dans la banque et qu'il soit encouragé avec persévérance dans la presse. En outre, c'est un fait bien connu que la langue de la conversation, sur la ligue de l'Anatolie et de Bagdad, n'est pas, comme on pourrait s'y attendre, l'allemand, mais le français et que, sous la direction du Suisse français lluguenin, des Allemands ont moins de chances d"y être employés que ceux qui appar-
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tiennent à une autre nationalité. La conclusion de tout ceci est claire : la ligne de Bagdad n'est qu'une œuvre de capitalistes qui n'a rien de commun avec un appui ou un accroissement de la nationalité allemande.
Nous reprochons au Banco di Roma d'avoir poussé, par égoïsme, à l'occupation de la Tripolitaine ; nous accusons la Société Schneider du Creusot d'être cause de la guerre du Maroc, et les milliardaires américains, d'avoir fourni l'argent pour les révolutions de Cuba et de Panama. Il en est exactement de même de la ligne de Bagdad ; l'impérialisme allemand en Turquie d'Asie n'est rien autre chose que la banque allemande. Au fond, il n'y a rien à dire là contre, car l'ensemble des résultats de la banque allemande tourne finalement au profit de la vie économique de la nation allemande et l'esprit d'entreprise impérialiste est également nécessaire. Mais deux choses donnent matière à protestation. D'une part, presque toutes les autres entreprises allemandes en Turquie, à Tripoli, en Albanie, en Arabie et ailleurs, au profit de la banque allemande, furent obstinément repoussées; dautre part, l'impérialisme de Schneider du Creusot et du Banco di Roma sert à l'extension des nationalités française et italienne, tandis que l'activité de la collègue allemande ne le fait pas dans la même mesure. La banque allemande a totalement oublié cet avertissement : « Charité bien ordonnée commence par soi-même. »
Les conservateurs, bien qu'ils aient devant les yeux l'exemple de la Russie et de la Grande-Bretagne, ne veulent pas comprendre purement et simplement qu'une extension tlu domaine colonial allemand est une nécessité inéluctable, (^omme pour le Maroc, les conservateurs ne veulent rien savoir de l'établissement de paysans allemands en Mésopotamie.
A coi égard, ce «jui fait pcuu'hcr la balance, c'est uniquement la crainte de la coiu-ui rciicc, tandis (|iic l'avan-
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tage, au point de vue de la politique mondiale, est tout à fait laissé de côté. Les agrariens ont calculé qu'une tonne de blé de Mésopotamie, sans droits de douane, coûterait 85 mark, donc environ la moitié du prix allemand, et ils ont déclaré que le danger de la Mésopotamie était plus grand que celui de l'Argentine. En conséquence, tout comme les gens ^e la Bourse, les agrariens sont des adversaires d'une colonisation allemande en Turquie d'Asie.
Ibid., p. a6-a
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D). — Le Kronprinz WILHELM
On ne savait pas grand'chose de la vie du kronprinz ^^'ilhehn, fils aîné de Guillaume II, si ce n'est qu'il travaillait peu, qu'il était pangermaniste, enlin qu'il était entouré d'une foule de jeunes hobereaux, officiers comme lui, et qui tuaient le temps avec lui, dans divers sports élégants. 11 est né en 188:2 à Potsdam. 11 a fait ses études secondaires à l'école des cadets de Plaucu ; lit comme lieutenant une année de service militaire dans le i"" i-égimcnt de grenadiers de la garde. Fin avril i()Oi, il s'en fut à l'Université de Bonn, comme tous les princes de Prusse. En deux ans de temps, il eut ap[)ris loi\t ce qu'un kronpriu/ d'Allemagne a l^esoin de savoir. Ce temj)s écoulé, il fit, avec son frère Eitel-Friedrich, un voyage en Orient (i9o3). Il revint par Rome, où il ("ut reçu jiar le Quirinal et par le Vatican. L'occasion la plus retentissante qu'il eut de manifester ses opinions en politique étrangère, fut l'algarade remar(juée (ju'il se permit au Ueichstag, à la. séance célèbre où Kiderlen-Waechler, en i«)ii, exposa les résultats des négociations franco-allemandes sur la cession du Congo. II ne trouvait pas suffisantes les concessions françaises. Auparavant, il avait entrepris un voyage aulour du monde «le i>lus d'un an, (jui avait pour but de l'initier à la Woltpolitilc allemande. Le récit que nous reproduisons est d'un voyageur allemand distingué, (pii séjourna aux Indes en même temps (pie le kronprinz. 11 témoigne des arrière-pensées avec lesquelles la diplomatie allenuuide organisa le voyage du prince-héritier.
La portée du voyage du Urouprinz aux Indes.
Nous j)ouvons être convaincus que le voyage du prince héritier allemand aura également d'importants résultats jiositifs. Plus d'une fois déjà, des princes allemantls ont traversé i'intle t;n voyage — i>arexemi)h% legrand-duc de
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liesse, le prince Rupprecht de Bavière, comme d'autres encore — et toutes ces visites ont laissé leurs traces. Mais jamais encore, l'attention de l'Inde entière n'avait été attirée avec autant de force sur l'Allemagne que par la visite du fils de l'empereur allemand. Il faut savoir, en effet, que le j)rogramme d'études des écoles anglaises, en Angleterre et à plus forte raison dans l'Inde, est bien peu fait pour porter à la connaissance du peuple ne serait-ce que l'existence d'autres puissances commerciales mondiales. Un jour que je voulais remettre un télégramme à destination de « Oermany », un receveur de poste brahmane d'une petite ville ne me demanda-t-il pas, en feuilletant son regi.stre : « Is it a British Colony? » 11 se peut qu'une telle ignorance soit rare chez les Hindous cultivés; mais en tout cas, les élèves des écoles d'enseignement secondaire, qui savent l'histoire d'Angleterre sur le bout du doigt, ne connaissent pour ainsi dire rien de l'empire allemand. En ce qui concerne la connaissance du monde non britannique, c'est encore chez les mahométans que la situation serait la meilleure, car ceux-ci s'intéressent davantage à la politique mondiale et voient dans l'Allemagne une sorte d'alliée tacite. Or, par la visite du ki-onprinz allemand, le nom de l'Allemagne est venu sur toutes les lèvres, et l'effet sur le commerce allemand ne se fera pas attendre. De même, le nombre des étudiants de l'Inde s'élèvera dans les universités allemandes et témoignera de la prise de contact de l'Inde civilisée avec l'Allemagne. Jusqu'ici il n'y eut de contact de ce genre que dans le domaine des études de sanscrit.
Il nous reste encore à parler de la partie du programme de voyage, à laquelle le krouprinz a consacré le plus de temps et la plus grande attention : les études militaires. Déjà la grandiose revue de Sikanderabad, avec ses brillants régiments européens et indiens, avec son artillerie attelée en partie d'éléphants, n'a pu manquer d'être du
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plus haut intérêt pour le fils des Hohenzollern et les officiers allemands. Et, d'autre part, quelle aura dû être la fierté de ces vaillants guerriers, et combien leurs yeux auront brillé, en défilant devant celui des princes européens qui sera un jour le chef suprême de la première armée de la terre !
Un officier mahométan me disait un jour : « Si les Allemands et les mahométans étaient ensemble, ne pensezvous pas que nous vaincrions le monde? » Tel est l'esprit qui anime les mahométans. Mais les ti'oupes indiennes, elles aussi, en tant que soldats de métier, se donnent corps et âme à leur tâche. Elles peuvent soutenir la comparaison, pour l'esprit guerrier, avec plus d'une armée européenne, et dans leurs camps règne un oivlre modèle, quoique beaucoup de soldats soient mariés et aient avec eux leurs femmes et leurs enfants.
Le kronprinz a visité ces camps; au Nord, il est resté des journées entières dans les villes de garnison et a passé nombre d'inspections. En même temps, il a appris à connaître à fond la situation militaire ; et bien que pour faire bonne figure devant des yeux allemands, on se soit préparé longtemps à l'avance à ces inspections, cette préparation à la guerre de l'armée anglo-indienne n'en a été que renforcée. Si pourtant il existait des défauts de quelque importance, il aura été difficile de les cacher au lironprinz. Le ])oint culminant de cette partie militaire du voyage du kronprinz résidait dans la visite du col de Khaïber. ('/est ici que le Ilohenzollcrn franchit un lieu véritableraent classique dans l'histoire des migrations des peuples; des hauteurs que de son regard d'aigle scrutateur, le grand .\lexandre avait jadis domin»'cs et que ce Macétionien fut le premier Européen à prendre d'assaut, les forts des Anglais et les jKJstes de surveillance des Afridis, restés aujourd'hui tout aussi farouches et belliqueux (|uo leurs ancêtres, saluèrent le Uronprin/. aile-
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mand. Ce col, avec ses défenses, produisit sur le kronprinz, à n'en pas douter, une forte impression; il lui fournit une base d'appréciation, au sujet de la situation des Anglais dans l'Inde, qui est également d'une grande valeur pour la politique allemande. A la vérité, c'est une auti*e question de savoir s'il a été tout aussi agréable aux Anglais que le futur empereur connût de ses propres yeux cette position la plus imijortante de toutes. Mais aurait-on bien pu lui refuser la visite de ce col?
Cependant l'effet que cette visite du col de Khaïber a fait sur les Indiens ne peut manquer d'être plus vexant encore pour les Anglais. Car les premiers ne voudront jamais croire qu'un intérêt militaire et historique purement objectif y ait conduit le kronprinz allemand. Que peut bien avoir en tête le futur empereur d'Allemagne? Voilà ce que se demande l'Inde entière.
Et la réponse que de Cachemire au cap Comorin on se chuchote à l'oreille ne saurait être douteuse pour quiconque connaît la mentalité et les secrètes espérances des Indiens, des Hindous comme des mahométans.
Hermann von St.vden, Der Deutsche Kronpjnnz in Indien (Le Kronprinz allemand aux Indes), dans Sud dealsche Monatshefte, avril 191 1, p. 5a6-5a8.