‹ Le Pangermanisme en AutricheChapitre 10 sur 37 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

SoMMAiiu:. — Lesélémenls du problème : géographie, ethnographie, statistique.

Le mouvement pangermaniste, en Antriche, a pour but, jadis caché, anjourd'hui plus ou moins cyniquement avoué, d'amener l'absorption dans l'Allemagne impériale des provinces allemandes d'Autriche. Que veut donc dire ce terme que nous retrouverons si souvent « provinces allemandes d'Autriche? » Sans nous demander pour l'instant ce (ju'il désigne en réalité, qu'il nous suffise ici de dire que, sous cette dénomination, le mouvement pangermaniste vise non seulement les provinces purement allemandes de l'Autriche, non seulement celles de majorité nettement germanique, mais aussi les minorités allemandes plus ou moins importantes de certaines provinces mixtes. Il est donc indispensable qu'avant de pousser plus avant, nous

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doterminions bien nettement quels territoires la race allemande occupe réellement en Autriche et ensuite quel est le nombre total d'individus qui font véritablement partie de ce u Deutsches Fleisch», de cette chair allemande qui, à en croire les grands chefs du pangermanisme, ne cesse de réclamer sa constitution en un seul corps.

D'après M. Auerbach^, nous trouvons en Autriche une masse allemande compacte, s'étendant sur le Vorarlberg, le Tyrol, la province de Salzburg, la Haute-Autriche, la Basse-Autriche, la Styrie et la Garinthie. Et, en etïet, d'une manière générale, telle est bien la situation : c'est bien là qu'est campé le gros de la race germanique en Autriche. Evidemment, nous le verrons un peu plus loin, il n'y a guère que la Haute-Autriche, la Basse-Autriche et la province de Salzburg, dont on puisse dire que ce sont des provinces presque exclusivement germaniques, et c'est là que se trouve le noyau central allemand. Dans les autres provinces citées plus haut, nous trouvons en face des Allemands des minorités souvent importantes appartenant à d'autres races, de môme que, d'autre part, la race germanique constitue elle aussi, par exemple dans les provinces slaves de l'Autriche, une minorité souvent imposante. Toujours est-il que nous avons là une masse allemande qui s'étend du lac de Gons-

1. Bertrand Anerbach, les Races et les NationaU/és en Aulriche- Hong)ie, 1898.

tance à l'Ouest jusqu'à l'entrée de la Puszta Hongroise à l'Est, des plateaux subalpins au Nord jusqu'aux coupures de l'Etsch et de la Drave moyenne au Sud. A l'Est, en effet, nous trouvons les Allemands jusque sur le versant oriental des hauteurs qui s'abaissent sur le lac de Neusiedl et le Raab, tandis qu'au Sud la population allemande a ses avant-postes sur les massifs qui bordent la Muret la Drave, de Radkersburg à Marburg. Puis, la frontière de la langue allemande longe plus ou moins exactement le cours de la Drave jusqu'à Klagenfurt, point important oii est installée une puissante colonie allemande. Au delà de Klagenfart, la ligne de démarcation franchit la Drave, atteint la croupe du Dobratsch et les Alpes Garniques et sépare à la fm de son trajet les Allemands des Ladins du Val d'Ampezzo. En un mot et pour résumer succinctement cette délimitation, telle que nous la donne M. Auerbacli ^ on peut dire que l'avant-garde de cette sorte d'armée allemande atteint comme points extrêmes, au Sud-Est Marburg en Styrie, an Sud Klagenfurt (Gelovec) en Garinthie et au Sud-Ouest Neumarkt en Tyrol.

Voilà donc où campe le gros de la race germanique en Autriche ; nous en parlions plus haut en le désignant sous le nom d'armée allemande, et ce nom lui convient assez, puisque les pangermanistes

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