Julius Patzelt, ojD. cit., p. 18G
nalen 1889-1890. En Styrio, situation slationnaire : 16 Allemands-Nationaux, appartenant à la majorité, sur 63 membres en 1888, mêmes cliillreset memeatlitiide politique en 1889-1890. En Carintliie, en 1888, nous n'avions pas eu à signaler d'Alleuiands-Nationaux; en 1889-1890 il y en a 3 qui font partie de la majorité sur 37 membres du Landtag, proportion, par conséquent, encore peu inquiétante. En Bohême, les Allemands-Nationaux, formant le groupe le plus acharné de l'opposition, comptaient, en 1883, 36 représentants; en 1889-1890-1891, ils sont encore 35, toujours aussi irréductibles d'ailleurs. Leurs pertes, dans cette province, sont donc insignifiantes. En Moravie, nous voyons subitement surgir en 1889-1890-1891,9 Allemands-Nationaux, appartenant à la majorité, sur 100 députés. EnSilésie,enfin,il nous faut signaler un progrès assez sensible du parti national-allemand, puisque de 3 représentants qui font partie de la majorité sur 31 membres en 1883, il a passé, sans changer d'attitude politique, à 5 sur 31 en 1889-1890-1891.
Pour résumer tout ce tableau forcément un peu aride et un peu compliqué, on peut dire que les Allemands-Nationaux et les Schœnerianer semblent avoir perdu du terrain en Basse- Autriche très nettement et en Bohême très légèrement; leur situation est restée slationnaire en Styrie, et ils ont au contraire gagné du terrain en Haute-Autricbe et en Garinthieunpeu, en Silésie et en Moravie sensible-
ment; mais il est assez curieux de constater que c'est précisément dans les provinces où la lutte est très ardente, comme en Bohème et en Basse- Autriche (province très importante à cause de Vienne [ui en est la capitale) que le parti national-alleland semble forcé de reculer, et ceci est un symptôme fâcheux pour un parti qui, comme celui-là, levait au contraire jusqu'ici une grande partie de 5es succès à l'état de crise qui avait présidé à sa naissance.
Si nous prenons maintenant le total des représentants du parti national-allemand aux Landtage des Provinces que nous avons examinées en 1883 et en .889, nous trouvons que les Allemands-Nationaux Lvaient 70 représentants sur 591 en 1883 et en ont T) sur 595 en 1889. En 1889, par conséquent, sur >95 députés aux Diètes dans les provinces étudiées >ar M. Patzelt, le parti national-allemand en comp- (ait75, ce qui nous donne la proportion assez consilérable sans doute, mais encore peu inquiétante de l2,6 0/0. Voilà, en somme, la situation du parti foational-allemand à cette époque, telle qu'elle se i^dcgage de l'examen des assemblées provinciales.
En regard de ce tableau du mouvement pangerlaniste dans les provinces de hi Gisleithanie, il [est intéressant de voir ce qu'une institution, qui travaillait à l'œuvre de germanisation sans doute (elle ne s'en cachait d'ailleurs nullement), mais sans violence et qui avait refusé le patronage de Berlin,
le « Deiitschor Schulverein » (l'association scolaire allemande), dont nous avons va la création en 1880, avait fait depuis cette époque. Eh bien, cette institution, purement autrichienne, a prospéré d'une manière vraiment remarquable, puisqu'en 1890 le Deutscher Schulverein se trouve avoir fondé en dix ans (nous donnons ces chiffres d'après M. Auerbach ^) 1 .029 groupes locaux et posséder 65 établissements à lui. Et. en toute impartialité, il nous semble qu'on peut affirmer qu'en ce faisant, le Deutscher Schulverein avait mieux servi la cause allemande en Autriche que n'avaient su le faire toutes les violences de langage et autres des pangermanistes.
La cause allemande allait, d'ailleurs, remporter en 1891 un succès tout à fait inespéré. En Bohême, en effet, avait surgi un parti nouveau, le parti des Jeunes Tchèques, qui accusait le célèbre groupe des Vieux Tchèques d'être trop modéré et de ne pas mener la campagne en faveur des droits des Tchèques avec toute l'énergie voulue. La crainte commune qu'inspira aux Allemands et aux Vieux- Tchèques ce parti jeune et plein d'ardeur fut assez forte pour amener, fait invraisemblable, un accord momentané entre ces deux partis, et, grâce à cet accord, les Allemands rentrèrent à la Diète et manœuvrèrent même assez habilement pour y ressaisir la majorité. C'était là un succès important,