D' Gustav Kohn, op. cit.j p
d'abord en Bohôme, ensuite dans le reste de la monarchie, sa suprématie traditionnellement maintenue jusqu'alors. Les règles édictées par l'ordonnance Taafl'e-Stremayr sur la langue à employer dans les contestations administratives et judiciaires, l'usage des deux langues rendu obligatoire pour les fonctionnaires en Bohême, c'étaient là deux coups sérieux portés à l'influence allemande, par ce fait surtout qu'ils s'appliquaient directement à cette province de Bohême, sur laquelle, dès 1880, les pangermanistes concentraient tous leurs efforts.
Le « Deutscher Verein » s'émut et nomma une commission, qui fut chargée d'examiner l'état exact des limites de la langue allemande en Autriche. Bien plus, au même moment, le député Pernerstorfer^, montrant parla clairement quelles inquiétudes régnaient dans le camp allemand sur l'avenir du germanisme, émettait l'idée bizarre de créer en Autriche une société protectrice des Allemands. En même temps, le 3 mai 1880, se fondait, autre manifestation nationale, le « Deutscher Schulverein » (Association scolaire allemande). Mais il n'est que juste de reconnaître que ce nouveau groupement, tout en ayant un caractère essentiellement national, répudiait, en somme
i. Pernestorfer (Engelbert), né à Vienne le 27 avril 1850. Comme député, il siège d'abord au groupe national allemand, puis, après 1891, devient un des chefs du parti socialiste.
LA CRISE : LE PANGERMANISME ACTIF i41
rès nettement, l'idée pangermaniste. Il se garda ien, en effet, de se laisser englober dans V « Allgeleiner Deutscher Schulverein » (rAssociation gênéaie des écoles allemandes) de Berlin, organe très uissant, dont on se défia d'ailleurs immédiatetient en Autriche. Au contraire, ce « Schulveein » allemand-autrichien prospéra fort rapide- Qent, et, d'après M. Rauter*, encaissa, sous la igoureuse impulsion que lui imprimèrent en pariculier le D'' Moritz Weitlof et le D"^ Victor RiUer ron Kraus, plus de deux millions de florins pendant îBs dix premières années d'existence, c'est-à-dire le 1880 à 1890.
En même temps, au point de vue parlementaire, 'opposition allemande libérale et progressiste constituait un groupe compact et adoptait comme ignal de ralliement la devise : « Le germanisme ûeutschthum) est en danger. » Cette devise indique
elle seule suffisamment Tétat d'esprit dominant ans ce parti, dont le rôle sera considérable. Dès b moment, on peut dire qu'il existe réellement en utriche, dans le sein de cette opposition, un parti olitique important, à caractère national allemand. il ce parti se montre fort actif; il tient une sorte 'assemblée générale h Vienne d'abord, puis, se :xettant en campagne sans perdre de temps, il rganise immédiatement des tournées de confé-