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La dégénérescence de la nation française

On a constaté également en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Belgique et en Russie, le pliénomène de la substitution des races, la disparition graduelle du type dolichocéphale devant le type brachycéphale. Ce phénomène qui s'accentue de siècle en siècle a pour cause principale une prolification plus intense chez les brachycéphales, qui comble mécaniquement les vides ouverts dans les cadres de la race dominatrice des dolichocéphales, et entraîne le recul que celle-ci sul)it i)assivement. L'extinction de la race blonde de haute stature est une conséquence inéluctable de son rôle dominateur dans la société et de ses particularités psychologiques. C'est une race migratrice par excellence.

L'attj'uclion ([ue le lointain exerce sur elle, son ardeur belliqueuse, sa mission de pionnière de la civilisation entraînent ses éléments loin du jjays d'origine. Lapouge écrivait déjà il y a un quart de siècle : « C'est le type blond et dolichocéphale que nous retrouvons chez les descendants de nos j)remiers colons des Antilles, du Canada et du Transvaal. » Les Canadiens d'origine

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l'rançaise mesurent i"'73 de hauteur, ce qui dépasse de beaucoup la moyenne en France (i).

Il semble que l'activité sexuelle soit plus intense chez les bruns que chez les blonds et que de ce fait résulte la prépondérance des premiers. De plus, il ressort de maintes observations que, dans l'union de parents à caractères anthropologiques dissemblables, le type brachycéphale l'emporte. De ces croisements résultent aussi le laux type brachycépale et Le type dolichocéphale élargi, qui portent le nom de brachycéphales dans les statistiques, et amènent fatalement des erreurs. Ainsi il est certain que les nombreux brachycéphales mentionnés ])ar les statistiques françaises sont dans beaucoup de cas des pseudo-brachycéphales.

Mais ceci n'implique aucunement une dégénérescence, car on a souvent constaté que les métis étaient aussi doués que les blonds de race pure. Cependant, lorsque les éléments de cette dernière n'existent plus, les métis eux-mêmes tendent à disparaître. C'est ainsi que s'effacent les unes après les autres les caractéristiques de la race supérieux-e, jusqu'à ce que seul le teint clair rappelle l'aj^port septentrional et nous donne l'illusion d'une « race blanche » .

A cette décadence anthropologique de la nation française, résultant de l'extinction des éléments germaniques qui a été signalée d'abord par Lapouge, et récemment par Baudin avec une franchise remarquable — vient s'ajouter une décadence biologique qui se manifeste par une diminution de la pojDulation, un affaiblissement de la constitution et une mortalité plus élevée.

Il reste encore à montrer une dernière cause de dégénérescence : la réduction à deux du nombre des enfants. Ce système, qui date du siècle dernier, non seulement

(i) Lapouge, Les sélections sociales, 1896, p. 367.

u8li I.K FAN(.r.I{MANIS.MIC PIllLOSO IMI l(^»l K

liiminuela tV'Condité, mais encore nuit à la qualité lurnu! de la nation.

Outre que ce sont les classes anthropülogiquement supérfrures qui adoptent les premières et pratiquent le plus ce système, il arrive qu'étant donné le petit nombre des entants, les chances de variations physiologiques diminuent, restreignant par là la procréation d'houimes de génie. Il n'est pas rare en eilet que les enlants à ])artir du troisième soient ijarticulièrcment doués. L'application de ce système contrarie la sélection naturelle, car les enfants en nombre limité peuvent être, de la ])art des parents, l'objet île soins plus attentifs, et les 2>lus faibles peuvent ainsi grandir. Mais celte surveillance étroite des faibles, entraînant leur reproduction, amène, après quelques générations, un allaiblissement de la constitution.

Le même système conduit à un amoindrissement du courage et de l'initiative : l'enfant unique ou les deux enfants sont gâtés et amollis, et comme ils peuvent conii)ter sur le patrimoine préservé du morcellement, il leur manque les stimulants salutaires du mécontentement et du besoin. L'une des conséquences les plus fraj)pantes de l'atténuation de l'initiative, c'est la diminution des grandes entreprises économiques. Rien n'est i)lus caractéristique à cet égard que la baisse de l'exportation. La France qui, en 1809, oceujjait le second rang parmi les nations commerçantes, est descendue aujourd'liui au quatrième.

De tous ces faits on est sans doute autorisé à conclure que la nation française est, aux points de vue anthropologique et biologique, en voie de décadence. Cette nation, jusqu'ici si belliqueuse, devient pacifique et paisible. Elle veut la i>aix à tout prix. La masse du peuple prend de plus en plus les caractères psychiques du brachycé- ])hale.

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« Celui-ci, écrit Lapouge, est modéré, travailleur ou du moins économe. Il possède une sagacité remarquable et ne laisse rien dans le vague. Il ne manque assurément pas de courage, mais d'ardeur belliqueuse. Il tient à sa l)atrie et particulièrement à la terre natale. Il est rare qu'il soit tout à fait insignifiant, mais plus rare encore qu'il s'élève jusqu'au génie. Le cercle de ses idées est restreint, et il travaille patiemment à le remplir. »

Ce tableau psychique ne correspond naturellement pas à tous les individus, ni à toutes les contrées, ni à toutes les classes, mais il correspond bien à l'impression générale que fait le peuple français au cours des siècles derniers.

Die Germanen in Frankreich (Les Germains en France), j)- m, ii^-iio, 117-118.

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